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Jour J pour le rapport du Sénat sur les incidents au Stade de France
Déterminer les responsabilités du fiasco sécuritaire de la finale de la Ligue des champions au Stade de France et proposer des remèdes pour éviter pareil chaos lors des JO 2024: le Sénat rend mercredi son jugement sur cette soirée qui a écorché l'image de la France dans le monde entier.
Ce devait être une vitrine à un peu plus d'un an de la Coupe du monde de rugby et avant les Jeux olympiques d'été dans deux ans, mais le match du 28 mai entre le Real Madrid et Liverpool a viré au cauchemar pour les forces de l'ordre et le gouvernement.
Spectateurs sans billets escaladant les grilles du stade, d'autres munis de tickets mais ne pouvant y entrer, familles aspergées de gaz lacrymogènes par la police ou vols et agressions commis par des délinquants opportunistes: l'organisation de la rencontre fut un "fiasco", ont d'ores et déjà dénoncé les sénateurs, qui présenteront leur rapport d'information sur la gestion de ces incidents à midi.
"Tous les enseignements doivent être tirés pour l'organisation des prochaines échéances sportives internationales", ont averti les élus, emmenés par les présidents de la commission des Lois, François-Noël Buffet (LR), et de la commission de la Culture, Laurent Lafon (centriste).
"Les différentes auditions ont mis en avant des contradictions entre les différentes personnes entendues", a déclaré à l'AFP le sénateur LR Michel Savin, président du groupe d'études consacré aux grands événements sportifs, qui avait demandé une commission d'enquête.
"On a vu aussi des dysfonctionnement dans la communication, dans l'information", a-t-il ajouté, assurant que le travail du Sénat avait "permis de mesurer tous les points qui ont dysfonctionné et qu'il faut corriger pour être en capacité de renvoyer une bien meilleure image".
Parmi les personnes auditionnés par les sénateurs depuis le 1er juin: des responsables d'instances sportives, des représentants des supporters de Liverpool et les autorités françaises, dont le controversé préfet de police de Paris Didier Lallement, annoncé sur le départ, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
- "Excuses" de Darmanin -
Ce dernier a été au cœur des critiques en faisant porter l'essentiel de la responsabilité des incidents sur "30.000 à 40.000 supporters anglais" qui, a-t-il affirmé contre la plupart des observateurs sur place, s'étaient présentés au stade "sans billet ou avec des billets falsifiés".
Les explications de Gérald Darmanin ont aussi été battues en brèche par l'UEFA, qui n'a comptabilisé que 2.600 faux billets aux tourniquets.
Et si l'instance européenne du football a indiqué aux sénateurs qu'elle ne savait pas combien exactement de supporters dépourvus de billets s'étaient rendus aux abords du Stade de France, elle "ne croit pas que c'était le chiffre mentionné en France".
"Si Darmanin n'avait pas menti, il n'y aurait pas eu d'affaire", a estimé François-Noël Buffet (LR) dans un entretien accordé au quotidien Le Progrès au début du mois.
Pressé par les critiques, le ministre de l'Intérieur a fini par reconnaître fin juin "une part de responsabilité" dans les ratés de la soirée et réitéré ses "excuses" aux supporters "qui ont subi cette mauvaise gestion".
Au-delà de la gestion policière des incidents, la polémique s'est aussi nourrie de la non-conservation d'une partie des images de vidéosurveillance du Stade de France, qualifiée de "faute grave" par le sénateur Buffet.
En parallèle des travaux du Sénat, le délégué interministériel aux JO et aux grands événements, Michel Cadot, a épinglé dès le 10 juin, dans un premier rapport remis à la Première ministre Elisabeth Borne, les "défaillances" de l'organisation et de la réponse policière aux incidents qui ont, selon lui, porté "un grave préjudice à l'image de la France".
Sans attendre le verdict des sénateurs, Mme Borne a déjà chargé les ministres de l'Intérieur et des Sports de "mettre en œuvre sans délai" les recommandations du rapport Cadot.
O.Krause--BTB