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Les pourparlers américano-ukrainiens reprennent, l'épineuse question territoriale pas résolue
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et les négociateurs américains négocient lundi à Berlin, pour un deuxième jour consécutif, Kiev espérant convaincre Washington qu'un cessez-le-feu doit intervenir en Ukraine sans concessions territoriales préalables à la Russie.
Ce cycle de pourparlers a commencé en toute fin de matinée, selon un haut responsable ukrainien interrogé par l'AFP.
Un peu plus tôt, une source informée du déroulement des négociations berlinoises a confié que Washington réclamait toujours un abandon par l'Ukraine de sa région orientale du Donbass, une ligne rouge pour Kiev.
"C'est assez frappant que les Américains adoptent la position russe sur cette question", a indiqué à l'AFP cette source, sous couvert d'anonymat.
Le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a jugé qu'il faudrait attendre "la fin de la semaine" pour connaître le résultat des échanges. Il a pointé une fois encore la responsabilité du président russe, Vladimir Poutine, pour arrêter la guerre qu'il a déclenché en février 2022.
Dimanche soir, après le premier cycle de pourparlers, l'émissaire américain, Steve Witkoff, avait assuré sur son compte X que "beaucoup de progrès" avaient été faits.
Une réunion autour de l'Ukraine doit en outre réunir lundi soir le chancelier allemand, Friedrich Merz, et de nombreux dirigeants européens.
Comme Kiev, ceux-ci s'opposent au fait de céder aux revendications maximalistes du Kremlin. Mais ils craignent que Donald Trump n'abandonne l'Ukraine ou n'impose des concessions trop favorables à Moscou, tout en excluant l'Europe des débats sur la sécurité continentale, alors que le Kremlin est perçu comme une menace majeure.
Dimanche soir, le président finlandais, Alexander Stubb, réputé pour ses bonnes relations avec la Maison Blanche, a rencontré, selon ses services, Jared Kushner, gendre de Donald Trump et autre émissaire américain présent à Berlin. Le dirigeant finlandais a rencontré lundi matin M. Zelensky.
- Tireurs d'élite -
Dans l'après-midi, le président ukrainien verra plusieurs responsables allemands, ira à un forum économique et enfin parlera à la presse en compagnie de M. Merz.
Sa venue est accompagnée de mesures de sécurité très importantes, la police allemande bloquant les abords des différents lieux où il est attendu. Des tireurs d'élite sont notamment déployés sur les toits du quartier gouvernemental.
Avant la rencontre, il a dit vouloir convaincre les Etats-Unis de soutenir un cessez-le-feu et un gel de la ligne de front, et non la cession de tout le Donbass. Kiev et l'Europe refusent cette concession, qui récompenserait l'agresseur.
Ukrainiens et Européens ont donc proposé une version amendée du plan américain. Mais le détail n'a pas été rendu public.
- Fortes objections russes -
Le conseiller de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a balayé dimanche ces amendements, prédisant de "fortes objections", tout en admettant ne pas en avoir pris connaissance.
M. Zelensky a aussi réaffirmé vouloir des garanties de sécurité européennes et américaines pour dissuader toute nouvelle attaque.
Il s'agirait d'un mécanisme inspiré de l'article 5 de l'Otan prévoyant une protection mutuelle des pays membres, sans adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique, comme le demandait Kiev auparavant. "C'est déjà un compromis de notre part", a jugé M. Zelensky.
La non-adhésion de l'Ukraine à l'Otan est d'ailleurs une "pierre angulaire" des pourparlers, a dit le Kremlin lundi.
Alors que les hostilités se poursuivent, Donald Trump a affiché son impatience cette semaine face à la lenteur des discussions.
L'Ukraine est pressée par Washington et Moscou de céder la partie du Donbass qu'elle contrôle. Il s'agirait d'y créer une "zone économique libre" ou une "zone démilitarisée".
En échange, l'armée russe se retirerait de la partie occupée des régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk (nord, nord-est et centre-est), mais se maintiendrait dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud) dont Moscou revendique l'annexion.
L'Ukraine est aussi sous pression, car la présidence est affaiblie par un scandale de corruption, l'armée recule et les bombardements russes ravagent l'infrastructure énergétique civile, plongeant la population régulièrement dans le froid et le noir.
Parallèlement, l'UE doit trancher cette semaine la question du financement de l'Ukraine, des Etats membres s'opposant sur l'utilisation éventuelle des avoirs russes gelés pour financer un "prêt de réparation". Selon la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, la négociation se poursuit mais est "de plus en plus difficile".
A.Gasser--BTB