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L'Ukraine et la Russie échangent des prisonniers, pas d'autres avancées à Abou Dhabi
L'Ukraine et la Russie ont procédé jeudi à un échange de prisonniers convenu lors de négociations à Abou Dhabi, a annoncé Moscou, mais les autres dossiers en vue de mettre la fin à quatre ans de guerre semblant bloqués.
Ces pourparlers entre Kiev, Moscou et Washington se sont achevés jeudi aux Emirats après deux jours de discussion, a indiqué Diana Davitian, porte-parole du chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov.
Pour l'heure, cet échange de prisonniers apparait comme le seul résultat tangible des ces échanges diplomatiques, qui butent depuis des mois sur la question du partage des territoires entre Moscou et Kiev.
Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a annoncé que 157 militaires avaient été échangés jeudi contre le même nombre de prisonniers de guerre ukrainiens.
Quelques minutes plus tôt, l'émissaire américain Steve Witkoff, présent à Abou Dhabi, avait annoncé cet échange de 314 prisonniers, le premier de ce type entre Kiev et Moscou depuis le mois d'octobre.
Sur son compte X, M. Witkoff a salué "des pourparlers de paix approfondis et productifs" mais a reconnu qu'il restait encore "un travail significatif à faire", sans donner de détails.
L'invasion de l'Ukraine déclenchée par Moscou en 2022, pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.
Washington multiplie depuis des mois des efforts diplomatiques pour trouver une solution mais pour l'instant les seuls résultats concrets ont été plusieurs échanges de prisonniers de guerre et de corps de soldats tombés au combat.
- 55.000 soldats ukrainiens tués -
Mercredi, le Kremlin a de nouveau réclamé que l'Ukraine se plie à ses exigences et prenne "la décision appropriée", renforçant les doutes sur les chances de succès des pourparlers menés sous l'impulsion du président américain, Donald Trump.
Moscou exige notamment que Kiev abandonne l'intégralité de la région de Donetsk (est), y compris les zones contrôlés par l'armée ukrainienne, en échange d'un éventuel gel de la ligne de front.
Kiev se refuse à abandonner la région, où sont situées ses principales défenses face aux assauts russes, mais craint que Washington n'appuie la position de Moscou.
D'autant que le président Trump a coupé quasiment toute l'aide militaire à Kiev depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a un ans et, contrairement à son prédécesseur Joe Biden, se présente comme un médiateur dans ce conflit plutôt qu'un soutien de l'Ukraine.
Dans une interview diffusée par la chaîne de télévision France 2 mercredi soir, le président Zelensky a estimé que Moscou devrait sacrifier 800.000 hommes supplémentaires pour achever de conquérir militairement la région de Donetsk.
"Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression très lente", a-t-il souligné, selon des propos traduits par la chaîne française.
M. Zelensky a toutefois reconnu que le conflit pesait également lourdement sur son pays, avec "55.000" militaires ukrainiens tués et "un grand nombre de disparus".
Selon certaines estimations, il s'agit de dizaines de milliers de soldats portés disparus et de toute vraisemblance tués.
- Attaques nocturnes russes -
Durant ces pourparlers, la Russie a maintenu la pression sur la population ukrainienne avec ces frappes quotidiennes.
Après une brève pause obtenue sur requête du président américain, Moscou a repris mardi ses frappes sur les infrastructures énergétiques du pays, entraînant des coupures de chauffage et d'électricité pour des centaines de milliers de foyers, par des températures frôlant les -20°C.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Kiev a été à nouveau attaqué par des drones russes qui ont causé des dégâts dans plusieurs quartiers. Une femme a dû être hospitalisée, selon le maire.
A Kharkiv, deuxième ville du pays, des frappes russes ont provoqué de "dommages sérieux" à des infrastructures énergétiques jeudi entraînant l'arrêt de transports électrifiés dans certains quartiers, ont indiqué les autorités municipales.
Dans ce contexte, les Ukrainiens interrogés par l'AFP doutent qu'un accord puisse être conclu, certains allant jusqu'à déplorer une forme de mise en scène autour des négociations et estimant devoir se "préparer au pire et espérer le meilleur."
A Moscou en revanche, les Russes interrogés ont fait part de leur espoir de voir la guerre se terminer.
"Cela doit finir un jour, tout le monde en a assez", a souligné Anton, un ingénieur de 43 ans, tandis que Dmitri, 44 ans, dit souhaiter que "les drones cessent de survoler nos têtes et que les gens cessent de mourir".
J.Fankhauser--BTB