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Pouvoir d'achat: au tour du Sénat, après les prolongations jouées par les députés
Prolongement de la "prime Macron", augmentation des retraites et allocations... le Sénat à majorité de droite entame jeudi, et possiblement jusqu'à samedi, l'examen du premier volet du paquet de mesures en faveur du pouvoir d'achat qui a traîné en longueur à l'Assemblée nationale.
Quelques 440 amendements ont été déposés sur ce projet de loi "portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat" à 20 milliards d'euros.
Il prévoit une série de mesures dont le triplement jusqu'à 6.000 euros des primes défiscalisées que les entreprises peuvent verser à leurs employés (prolongement jusqu'au 31 décembre 2023 de la "prime Macron"); une augmentation de 4% des pensions de retraite et plusieurs allocations (familiales, minima sociaux) avec effet rétroactif au 1er juillet 2022; la déconjugalisation de l'allocation adultes handicapés (AAH); ainsi que différentes mesures pour faire face aux risques de pénurie énergétique.
A peine voté dans la nuit de mardi à mercredi par les députés, le volet budgétaire (PLFR) est attendu en commission également jeudi, avant son arrivée lundi dans l'hémicycle. "L'encre aura eu à peine le temps de sécher", déplore le rapporteur général du Budget Jean-François Husson (LR).
Si le gouvernement s'est fixé comme objectif l'adoption définitive des deux textes au plus tard au 7 août, les débats chaotiques à l'Assemblée tendent le calendrier.
Ils ont été votés par les députés Les Républicains, mais Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, qui ont la majorité à la Haute assemblée avec les centristes, a posé ses conditions, insistant pour "que le travail paie" et demandant à l'Etat de "se serrer un peu la ceinture".
"Ce ne sont pas les lois qui créent du pouvoir d'achat, ce n'est pas l'endettement de l'Etat. Ce qui crée du pouvoir d'achat, c'est le travail", martèle-t-il.
- Pouvoir d'achat des travailleurs -
Pour la rapporteure Frédérique Puissat (LR), quasiment aucune mesure du texte, hormis la baisse des cotisations sociales des travailleurs indépendants, "ne répond à l'urgence".
Trois nouvelles dispositions "pour répondre à l'urgence des Français, notamment des Français qui travaillent", ont ainsi été adoptées à son initiative en commission.
Les sénateurs ont créé une réduction de cotisations patronales, dont le montant serait fixé par décret, pour les heures supplémentaires. Pour la rapporteure, c'est "le complément nécessaire" des mesures fiscales en faveur des salariés effectuant des heures supplémentaires adoptées à l'Assemblée nationale dans le cadre du PLFR.
Ils ont aussi prévu la possibilité d'un déblocage anticipé de l'épargne salariale.
Les sénateurs ont enfin assoupli les règles d'utilisation des titres-restaurants. Un amendement prévoit qu'ils soient autorisés, jusqu'au 31 décembre 2023, pour l'achat de tout produit alimentaire, qu'il soit ou non directement consommable.
Le gouvernement avait de son côté annoncé que le plafond journalier de ces titres-restaurant allait être augmenté par décret de 19 à 25 euros.
Les sénateurs ont encore donné un tour de vis à la "prime de partage de la valeur", censée prendre la suite de la "prime Macron". Ils ont limité le fractionnement possible de la prime en cours d'année à quatre versements, pour éviter qu'elle ne remplace les augmentations de salaire.
Surtout, ils ont limité sa pérennisation à partir de 2024 aux seules entreprises de moins de 50 salariés.
M. Retailleau refuse par ailleurs que la revalorisation du RSA soit supérieure à celle du point d’indice pour les fonctionnaires, proposant 3,5% contre 4% comme prévu dans le texte voté par les députés.
Le débat aura lieu dans l'hémicycle, mais le président du groupe centriste Hervé Marseille a indiqué qu'il ne voterait pas une baisse de la revalorisation. "On a une vision plus sociale que budgétaire", a-t-il déclaré à l'AFP.
A gauche, le chef de file des socialistes, Patrick Kanner a déjà acté que son groupe "n'aura pas gain de cause" sur sa proposition d'augmentation du SMIC à 1.500 euros nets -portée aussi par les groupes écologiste et CRCE à majorité communiste. Pas plus que sur la tenue d'une conférence salariale ou le RSA jeunes pour tous les 18-25 ans.
L.Janezki--BTB