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Trump évoque une guerre prolongée contre l'Iran, le Moyen-Orient s'embrase
Donald Trump a déclaré lundi envisager une guerre prolongée contre l'Iran, alors que le conflit s'élargit sur de multiples fronts avec de nouveaux raids américains et israéliens, et Téhéran qui riposte dans le Golfe.
Au troisième jour de la guerre, chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités et les pays du Golfe ont menacé de riposter si nécessaire à "l'agression" iranienne.
Les Gardiens de la révolution - armée idéologique de la République islamique - ont revendiqué l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans le détroit d'Ormuz, et de nouveau visé les riches pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases militaires américaines.
Un général iranien a menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial, fermé de facto en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières massives, en riposte à une attaque du mouvement chiite Hezbollah en soutien à Téhéran.
En Iran, l'armée israélienne a affirmé dans la nuit de lundi à mardi avoir "frappé et démantelé" le siège de la radio-télévision publique iranienne (IRIB) dans le nord de Téhéran.
De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs quartiers à Téhéran, selon des journalistes de l'AFP.
"Ils frappent très fort aujourd'hui. Toutes les deux-trois heures, et cela dure environ une demi-heure. Les fenêtres tremblent. Presque tout le monde cède à la peur", a déclaré à l'AFP Elnaz, une habitante de Téhéran de 39 ans.
- "Toutes les options sur la table" -
Il a proclamé "l'interdiction immédiate" de toutes les activités militaires de la milice chiite.
En réaction, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a dénoncé "les fanfaronnades du gouvernement", "alors que les Libanais attendaient une décision refusant l'agression" d'Israël.
L'armée israélienne a affirmé lundi soir que "toutes les options étaient sur la table", interrogée sur la possibilité d'une attaque au sol contre le Hezbollah.
Elle a aussi appelé les habitants d'une trentaine de villages du sud du Liban à évacuer.
- Les bureaux de Netanyahu visés -
La République islamique a continué de lancer des missiles et drones en direction d'Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l'interdiction des rassemblements jusqu'à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.
Selon les Gardiens de la Révolution, l'Iran a "attaqué 60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires" américaines et israéliennes depuis samedi, dont les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le Qatar a abattu deux bombardiers en provenance d'Iran - une première depuis le début de la guerre - après des attaques de drones sur des sites de sa compagnie QatarEnergy, qui a suspendu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL).
Le Koweit a été parmi les plus touchés.
Trois avions de combat américains qui se sont écrasés dans ce pays ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine.
A Abou Dhabi, un incendie s'est déclaré sur un site de stockage de carburant visé par un drone.
Des journalistes de l'AFP ont également constaté des explosions en Arabie Saoudite, à Bahreïn et aux Emirats arabes unis, où l'aéroport de Dubaï a suspendu tous ses vols.
"On attend de pouvoir partir et surtout, on attend d'avoir des informations", a témoigné auprès de l'AFP Raphaëlle, Française de 37 ans, confinée dans son hôtel.
Le conflit remonte jusqu'à Chypre, le pays de l'UE le plus proche du Moyen-Orient, où une base britannique a été visée par trois drones tirés du Liban, dont l'un a touché une piste, entraînant des évacuations dans le sud de l'île.
- "Quatre à cinq semaines" -
Face à l'extension d'un conflit protéiforme, l'inquiétude a gagné les marchés financiers, faisant grimper les cours des hydrocarbures et du dollar. Les Bourses internationales affichent des pertes conséquentes pour leur premier jour d'ouverture depuis le début des hostilités, sans toutefois céder à la panique.
Malgré la mort de nombreux responsables iraniens, dont celle du guide suprême Ali Khamenei, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a rejeté toute négociation avec Washington et affirmé que son pays se battrait "quel que soit le prix", pour "défendre farouchement" sa "civilisation vieille de 6.000 ans".
Ce sont de "nombreux jours" de guerre qui s'annoncent, a averti de son côté Israël. Donald Trump mise, lui, sur "quatre à cinq semaines", tout en assurant que les Etats-Unis peuvent "aller bien au-delà".
Le président américain a également affirmé qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes au sol "si nécessaire".
Six militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre avec l'Iran samedi, a annoncé lundi l'armée, alors qu'un précédent bilan avait fait état de quatre morts.
Après l'annonce de la mort d'Ali Khamenei, qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans, le gouvernement iranien a appelé la population à se rassembler lundi soir à travers Téhéran, pour lui rendre hommage.
Des rassemblements se sont tenus dans différentes villes du pays, selon des images de la télévision iranienne.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a lui déclaré que les Etats-Unis "aimeraient" voir le peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n'était pas "l'objectif" de la guerre.
burs-lb/vla
F.Müller--BTB