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La France prévoit un G7 Finances rapidement pour "se coordonner" sur le Moyen-Orient
La France, qui préside actuellement le G7, a annoncé une réunion des ministres des Finances de ces sept économies avancées "sans doute en début de semaine prochaine" pour évaluer "les réponses nécessaires" à la guerre au Moyen-Orient.
"J'ai parlé avec les uns et les autres, notamment avec Scott Bessent", le secrétaire américain au Trésor. "Et on s'est mis d'accord pour monter une réunion qui sera sans doute en début de semaine prochaine", avec les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales, a déclaré mercredi le ministre de l'Economie et des Finances français Roland Lescure sur la radio Franceinfo.
"On veut laisser passer une semaine, voir comment évolue le conflit, voir comment évoluent les marchés", a-t-il ajouté, précisant être "en contact rapproché" avec ses homologues depuis trois jours "de manière bilatérale".
La France préside cette année le G7 (États-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie). Une première réunion du G7 Finances s'était tenue en visioconférence le 27 janvier et une autre est prévue les 18 et 19 mai à Paris. Mais, percutés par l'actualité de la guerre au Moyen-Orient, dans son cinquième jour, les pays membres doivent s'adapter.
"On va échanger, on va écouter ce qui remonte du terrain, des entreprises, des économistes dans ces différentes zones du monde, puisqu'on a une Japonaise, un Américain, des Européens", a expliqué M. Lescure. L'idée est aussi de pouvoir "évaluer éventuellement les réponses nécessaires", a-t-il ajouté. "Il faut évidemment qu'on se coordonne".
Pour Frederik Ducrozet, chef économiste chez Pictet, le ministres des Finances du G7 sont "dans leur rôle" en organisant cette réunion. "On peut imaginer que les banques centrales et le G7 publient un communiqué assez général, comme on le fait dans toute forme de crise géopolitique ou financière, où ces autorités se tiennent prêtes à intervenir pour stabiliser les marchés en cas de choc plus durable ou plus sévère".
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé mercredi à ne pas réagir trop vite, jugeant que la guerre a provoqué une hausse des prix des hydrocarbures qui "pourrait être temporaire".
- "Pas de krach boursier" -
L'embrasement au Moyen-Orient a provoqué ces derniers jours un choc mondial sur l'énergie et un net recul des marchés boursiers, particulièrement en Europe et en Asie.
"On n'est pas dans un krach boursier", a cependant estimé Roland Lescure, appelant à "garder son sang froid".
Mais les investisseurs s'inquiètent des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.
Ils craignent aussi un regain d'inflation, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.
"2026 n'est pas 2022" où l'inflation avait fortement accéléré dans le monde, a cependant insisté M. Villeroy de Galhau.
Pour les pays du G7, la question sera aussi de s'accorder face à des intérêts divergents. "Pour les États-Unis, une lecture possible de ce qui se passe actuellement, c'est qu'ils veulent accroître leur domination sur les marchés mondiaux des énergies fossiles", estime Guntram Wolff, économiste à l'institut Bruegel. "Cela crée une certaine division entre l'Europe et les États-Unis".
"On a quand même, de manière assez évidente, les États-Unis dans une position plus favorable pour le moment", tandis que "les Européens non seulement importent, mais en plus sont exposés au gaz" et que l'Asie est "très dépendante" du détroit d'Ormuz, renchérit Frédérik Ducrozet.
Lors d'une allocution mardi, le président français Emmanuel Macron a annoncé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, d'avions Rafale, d'une frégate et de moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient pour défendre les intérêts français et les pays alliés.
Le président américain Donald Trump a, lui, assuré mardi que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz.
Le chancelier allemand Friedrich Merz, reçu mardi à la Maison Blanche, a espéré que la guerre s'achève le plus rapidement possible, car "il est évident que cela nuit à nos économies".
H.Seidel--BTB