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Nouvelle nuit de frappes au Moyen-Orient, les groupes kurdes visés
Les explosions ont rythmé la nuit de mercredi à jeudi, de Jérusalem à Téhéran en passant par Beyrouth et le Kurdistan irakien, dans une guerre qui n'en finit pas de s'étendre à travers le Moyen-Orient, suscitant de vives inquiétudes pour l'économie mondiale.
Au sixième jour de cette confrontation régionale, des journalistes de l’AFP à Téhéran ont entendu des avions militaires au-dessus de l’ouest de ville, et des explosions lointaines mais très fortes.
Peu après, une nouvelle salve de missiles iraniens a été tirée sur Israël.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël, des images de l'AFPTV ont montré dès les premières lueurs de l'aube des immeubles éventrés et des rues recouvertes de poussière.
L'offensive américano-israélienne sur l'Iran, officiellement destinée à empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire, a en quelques jours entamé une incertaine recomposition des rapports de force dans la région.
Les riches et habituellement sûres monarchies pétrolières du Golfe, qui abritent des bases militaires américaines, sont aspirées dans le conflit. Et la République islamique, sous la menace constante des frappes ennemies, est forcée de retarder les funérailles de son guide suprême Ali Khamenei, tué dès le premier jour.
Elle réplique par des salves de drones et missiles contre Israël et sur des cibles américaines et alliées dans le Golfe.
La Chine, craignant des pénuries; a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.
- Avertissements -
L'Iran a affirmé jeudi avoir frappé "avec trois missiles" les quartiers généraux de forces kurdes dans la région autonome du Kurdistan en Irak, qui accueille des troupes américaines.
Les autorités iraniennes craignent que les groupes armés kurdes ne profitent du chaos de la guerre pour défier son pouvoir.
"Les groupes séparatistes ne doivent pas s'imaginer qu’un vent nouveau s'est levé et tenter d'agir", a prévenu Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, une des grands figures du pouvoir épargnées jusque là par les frappes.
La Maison Blanche avait démenti mercredi que les Etats-Unis, comme l'écrivaient des médias américains, comptaient armer des milices kurdes pour susciter un soulèvement en Iran.
Mais elle a confirmé des discussions entre Donald Trump et "des dirigeants kurdes" sur une base américaine du nord de l'Irak.
- Victoire au Sénat -
Après la victoire politique de Donald Trump mercredi, avec le rejet par le Sénat d'une résolution visant à limiter ses pouvoirs dans la guerre, son administration compte bien poursuivre la décapitation de la hiérarchie iranienne.
Selon le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, son homologue américain Pete Hegseth l'a assuré de son soutien inconditionnel. "Continuez jusqu'au bout, nous sommes à vos côtés" a-t-il dit, selon M. Katz, lors d'un entretien téléphonique.
Mercredi, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, un sous-marin américain a coulé un bateau de guerre iranien dans l'océan Indien.
Les autorités srilankaises, qui mènent les opérations de recherche, ont fait état d'au moins 87 marins tués et de dizaines de disparus. Les Etats-Unis "regretteront amèrement" le précédent ainsi créé, a averti le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Washington et Israël affirment de leurs côtés que les capacités de riposte iranienne s'essoufflent. "Nous sommes en position de force maintenant, et leurs responsables disparaissent rapidement. Tous ceux qui veulent devenir chef, ils finissent morts", a affirmé le président américain.
"Nous continuons à approfondir les coups portés au régime", s'est-elle prévalue l'armée israélienne jeudi.
L'Iran a néanmoins lancé de nouvelles salves de missiles contre Israël, sans faire de victime selon un premier bilan.
Téhéran a affirmé avoir touché un pétrolier américain dans le Golfe. Le bateau est "actuellement en feu", selon les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime iranien. Un deuxième navire de guerre a aussi été envoyé dans le Golfe, après la perte du premier la veille.
Tôt jeudi, Israël a aussi lancé de nouvelles attaques contre le Liban, menant des frappes pour le quatrième jour consécutif après avoir progressé dans plusieurs localités frontalières du sud du pays.
Le Liban a été entraîné dans la guerre après une première attaque contre Israël du Hezbollah, qui affirmait vouloir "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei.
"Nous ne nous rendrons pas", a martelé mercredi soir le chef de la formation chiite, Naïm Qassem, que le pouvoir libanais somme de rendre les armes.
- Le détroit d'Ormuz bloqué -
D'habitude préservées, des villes comme Dubaï et Ryad se retrouvent plongées dans le chaos, entre ambassades américaines fermées, touristes bloqués, milliers de vols annulés, raffineries et pétroliers visés.
Dans le stratégique détroit d'Ormuz, le trafic maritime est toujours paralysé.
Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué mercredi le contrôle "total" du passage, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Dans ce contexte, un pétrolier ancré au large du Koweït a subi une "forte explosion", a indiqué jeudi l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO. Du pétrole s'est échappé du bateau, mais l'équipage est sain et sauf.
Pilonnée sans relâche, Téhéran pour sa part a des allures de ville morte. Les habitants qui n'ont pas fui évitent de sortir, selon des témoignages recueillis par l'AFP.
"Téhéran est aussi désert qu'hier. Les rues qui ont été touchées (par des frappes) sont bouclées et des employés enlèvent les décombres. Il y a des contrôles de patrouilles de police partout", a témoigné sur Telegram Abid, un habitant de la capitale.
Les autorités ont reporté, sans donner encore de nouvelle date, les obsèques nationales pour Ali Khamenei. Elles ont invoqué la nécessité de se préparer face à l'affluence attendue.
Mercredi soir, des milliers de personnes se sont rassemblées en divers endroits du pays en hommage au défunt, a rapporté la télévision publique iranienne.
Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël".
Les autorités continuent de verrouiller les communications dans les pays. L'internet fonctionne "autour de 1% de son niveau habituel", selon (ONG)
burs-dla/cab
O.Lorenz--BTB