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Des pays du G7 débloquent des stocks stratégiques de pétrole avant une réunion des dirigeants
Le Japon et l'Allemagne ont annoncé mercredi leur décision de débloquer des réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des prix, sans attendre une réunion des dirigeants du G7 prévue dans l'après-midi pour "atténuer" les "conséquences économiques" de la guerre au Moyen-Orient.
Ces annonces "individuelles" de deux membres de ce forum de pays riches "s'inscrivent sans aucun doute dans une réflexion extrêmement coordonnée", a réagi le ministre français de l'Economie Roland Lescure, laissant entendre qu'une décision plus globale pourrait émaner de la visioconférence des chefs d'Etat et de gouvernement convoquée par Emmanuel Macron à 15H00 (14H00 GMT).
Il s'agit du premier G7, qui réunit Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada, au niveau des dirigeants sur ce conflit. Il vise à évoquer "les conséquences économiques" du conflit, et "les mesures pour les atténuer", notamment sur le front énergétique, selon l'Elysée.
La guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui mène depuis des représailles contre des cibles dans plusieurs pays de la région, a provoqué la fermeture de facto du détroit d'Ormuz dans le Golfe - par lequel transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cela a entraîné une forte hausse du cours du baril et donc des prix du carburant à la pompe.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a dégaîné la première en annonçant que Tokyo avait "décidé de prendre l'initiative d'alléger l'offre et la demande sur le marché international de l'énergie en libérant ses réserves stratégiques dès le 16 de ce mois", c'est-à-dire lundi. Et ce "sans attendre de décision officielle" de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Presque simultanément, la ministre allemande de l'Economie Katherina Reichedes a déclaré que Berlin avait aussi décidé de libérer une partie de ses stocks.
Selon elle, il s'agit d'une "contribution" en réponse à la "demande" de l'AIE à ses Etats membres "de libérer des réserves de pétrole à hauteur de 400 millions de barils – soit un peu plus de 54 millions de tonnes".
"Si on fait un G7, l'idée est de se coordonner", avait fait valoir peu avant un responsable français. "Il n'y a pas de pénurie de pétrole aujourd'hui, mais un problème de prix, donc l'idée c'est davantage d'envoyer un signal aux marchés, et pour que ce signal soit fort, il vaut mieux qu'il soit coordonné", avait-il souligné.
Le président français envisage depuis dimanche de puiser de manière coordonnée dans les stocks stratégiques.
- "Sans précédent" -
A son initiative, il y a donc eu deux premières réunions préparatoires du G7 qui regroupe les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, le Japon et le Canada. Celles des ministres des Finances, lundi, puis de l'Energie, mardi, n'ont pas abouti à une décision définitive.
Les ministres du G7 Energie ont assuré être "prêts" à prendre "toutes les mesures nécessaires", en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans un communiqué publié mercredi, au lendemain de leur entretien. "Nous soutenons en principe la mise en œuvre de mesures proactives pour remédier à la situation, y compris le recours aux réserves stratégiques" de pétrole, ont-ils affirmé.
Selon des informations rapportées mardi soir par le Wall Street Journal, l'AIE propose un recours "sans précédent" aux réserves stratégiques afin d'enrayer la flambée des prix.
Ce déblocage discuté dépasserait les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l'AIE en deux phases en 2022, au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, précise le journal américain des affaires qui cite des responsables proches du dossier. Contactée par l'AFP, l'AIE n'a pas répondu dans l'immédiat.
"Il faut donner un message très clair: si on ne peut pas rouvrir le détroit d'Ormuz, on va le remplacer par d'autre pétrole qui viendra d'ailleurs et qui va circuler dans le monde", a prévenu mercredi Roland Lescure.
Emmanuel Macron et d'autres dirigeants ont dit travailler à des solutions pour sécuriser une future réouverture d'Ormuz, tout en reconnaissant que cela ne serait pas possible tant que la guerre est dans sa phase actuelle de frappes incessantes.
Après plusieurs jours de flambée -jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi-, les cours du brut ont chuté mardi à la suite des déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment" terminée. Mercredi, ils remontaient à nouveau.
W.Lapointe--BTB