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Législatives au Sénégal: le camp présidentiel et l'opposition se disputent la victoire
Le camp présidentiel et l'opposition ont chacun campé sur leur position lundi en affirmant avoir remporté les élections législatives de dimanche au Sénégal, pendant que le décompte des voix se poursuivait.
"Ce qui est indéniable, c’est que c’est nous qui remportons cette élection", a affirmé Khalifa Sall, l'un des leaders de l'opposition, au cours d'une conférence de presse de sa coalition. "Nous avons gagné et nous n’accepterons pas qu’on nous vole notre victoire", a-t-il poursuivi.
"Les Sénégalais ont décidé d’une cohabitation au niveau de l’Assemblée nationale", a également déclaré Déthié Fall, autre responsable du mouvement, après avoir listé une série de circonscriptions acquises.
"Nous récusons toute possibilité de cohabitation et (...) rassurons nos militants que nous restons majoritaires à l’issue de ce scrutin, malgré une avancée de l’opposition", a rétorqué lundi soir Aminata Touré, tête de liste de la coalition présidentielle.
Ces législatives, dernier scrutin avant la présidentielle de 2024, font figure de test après les élections locales de janvier, remportées par l'opposition dans de grandes villes de ce pays d'Afrique de l'Ouest réputé pour sa stabilité, comme Dakar, Ziguinchor (sud) et Thiès (ouest).
Dimanche dans la nuit, Aminata Touré, avait assuré avoir gagné 30 départements, sur les 46 que compte le Sénégal et des circonscriptions à l'étranger, tout en reconnaissant la défaite à Dakar, la capitale. "Ceci nous donne incontestablement une majorité à l'Assemblée nationale", avait-elle déclaré.
Cette déclaration avait été suivie d'un communiqué de la principale coalition d'opposition qui avait revendiqué aussi la victoire, parlant d'une "majorité confortable" pour l'intercoalition Yewwi/Wallu.
"Nous tenons à témoin l'opinion nationale et internationale contre toute tentative de manipulation des résultats (...) et nous appelons également tous les Sénégalais à rester debout pour la sécurisation de la victoire du peuple", ajoutait le communiqué.
- Alliance -
"Yewwi Askan Wi" (Libérer le Peuple en wolof), la principale coalition de l'opposition, formée autour d'Ousmane Sonko, arrivé troisième de la présidentielle de 2019, s'est alliée à la coalition "Wallu Sénégal" (Sauver le Sénégal en wolof), dirigée par l'ex-président Abdoulaye Wade.
"Les résultats provisoires des élections législatives démontrent que le président de la République Macky Sall a perdu les élections (...) et qu'il n'aura pas de majorité à l'Assemblée nationale", a déclaré lundi Wallu.
Ces élections, à un seul tour, visent à renouveler pour cinq ans les 165 sièges du Parlement monocaméral largement contrôlé par le camp présidentiel.
Macky Sall a promis de nommer un Premier ministre - poste qu'il avait supprimé puis rétabli en décembre 2021 - au sein de la formation victorieuse des élections.
Les résultats globaux provisoires seront donnés au plus tard vendredi par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), mais les médias locaux et les principaux mouvements politiques égrènent des résultats partiels depuis dimanche soir.
Les premières tendances rapportées par les médias font état d'un scrutin serré et de victoires de l'intercoalition Yewwi/Wallu dans plusieurs centres urbains.
- Vote dans le calme -
Le vote s'est déroulé dimanche dans le calme et sans incident majeur, avec un taux de participation de 47%, selon le ministère de l'Intérieur.
La Commission nationale électorale autonome (Cena), qui supervise le vote, avait déployé quelque 22.000 observateurs. Des experts de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de la Francophonie étaient également présents.
Les députés sont élus selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora dispose de 15 députés.
Le scrutin se déroule dans un contexte de hausse des prix, conséquence notamment de la guerre en Ukraine, argument utilisé par l'opposition contre le pouvoir qui met en avant les subventions des produits pétroliers et des denrées alimentaires ainsi que son programme de construction d'infrastructures.
L'opposition veut aussi contraindre M. Sall à renoncer à toute velléité de candidature en 2024. Le président Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, maintient le flou sur ses intentions à 19 mois de la présidentielle.
La pré-campagne avait été marquée par de violentes manifestations qui avaient fait au moins trois morts en raison de l'invalidation par le Conseil constitutionnel des titulaires de la liste nationale de la coalition dirigée par M. Sonko, contraints de renoncer à participer aux élections.
C.Meier--BTB