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Berlin et Londres écartent toute mission de l'Otan pour rouvrir le détroit d'Ormuz
Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont écarté lundi toute mission de l'Otan pour rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz, en réponse à l'appel de Donald Trump, qui a demandé l'aide de ses alliés et de la Chine pour débloquer cette voie stratégique.
Un peu plus tôt, le Japon et l'Australie, alliés historiques des Etats-Unis dans la région indo-pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans le détroit, axe majeur pour le transport notamment d'hydrocarbures, dont le blocage a fait flamber les prix du brut.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré lundi lors d'une conférence de presse que le Royaume-Uni travaillait avec ses alliés sur un "plan collectif viable permettant de rétablir la liberté de navigation dans la région le plus rapidement possible".
Ce plan "ne sera pas et n'a jamais été envisagé comme une mission de l'Otan", a-t-il insisté, alors que le président américain Donald Trump a affirmé que cela serait "très mauvais" pour l'Otan si les alliés de Washington refusaient de se mobiliser.
"Il devra s'agir d'une alliance de partenaires, et c'est pourquoi nous collaborons avec des partenaires, tant en Europe et dans le Golfe qu'avec les États-Unis", a ajouté le dirigeant britannique.
Peu auparavant, Berlin avait souligné que la guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran n'avait "rien à voir avec l'Otan".
"L'Otan est une alliance pour la défense du territoire" de ses membres et "il manque le mandat permettant de faire intervenir l'Otan" en dehors de ses frontières, a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius.
S'opposant à toute "nouvelle escalade militaire" dans la région, l'Allemagne n'offrira "aucune participation militaire" mais est prête "à garantir, par la voie diplomatique, la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz", a également affirmé le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius.
Les ministres des Affaires étrangères lituanien et polonais, historiquement atlantistes, ont eux estimé que les pays de l'Otan devraient "étudier" une demande américaine de contribution si elle était officiellement soumise à l'Alliance.
Mais "le président (Karol) Nawrocki a déjà écarté toute participation des forces armées polonaises", a rappelé le ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski.
Un responsable de l'Otan a indiqué à l'AFP "savoir que certains alliés discutent individuellement avec les Etats-Unis et d'autres pays" de mesures supplémentaires, ajoutant que l'Alliance atlantique avait déjà "renforcé" son engagement en Méditerranée, où ses forces ont intercepté trois missiles tirés d'Iran entrés dans l'espace aérien turc.
- Mission européenne Aspides? -
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE devaient discuter lundi d'un possible recours dans le détroit d'Ormuz à la mission Aspides de protection du trafic maritime, selon la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas, plusieurs ministres écartant toutefois une décision à court terme.
Cette mission, conçue à l'origine pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l'Iran, est actuellement déployée en mer Rouge.
La France avait évoqué le 9 mars une mission internationale "purement défensive" pour rouvrir le détroit, sans préciser si elle devait se faire dans le cadre de l'opération Aspides, qui comprend trois navires militaires en patrouille: un grec, un français et un italien.
Mais plusieurs ministres européens, notamment espagnol, allemand et néerlandais, se sont montrés prudents.
"Il ne faut rien faire qui ajoute encore plus de tension, encore plus d'escalade", a affirmé le ministre espagnol José Manuel Albares, en marge de cette réunion ministérielle.
Keir Starmer a aussi déclaré lundi que le Royaume-Uni "ne se laissera pas entraîner dans une guerre plus vaste" et qu'il souhaite que le conflit s'achève "le plus vite possible".
Depuis le début de la guerre le 28 février, Londres a autorisé les Etats-Unis à utiliser deux bases britanniques pour mener des "opérations défensives" contre l'Iran, et a envoyé des moyens aériens pour soutenir ses alliés dans la région face aux attaques de drones iraniens.
Un destroyer de la Royal Navy est également déployé en Méditerranée pour protéger notamment les bases militaires britanniques à Chypre.
"Nous disposons déjà de systèmes autonomes de détection de mines (sous-marines) dans la région. Nous étudions les options et les expertises disponibles", a précisé Keir Starmer.
K.Brown--BTB