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Trump reproche à ses alliés de refuser de "s'impliquer" pour débloquer le détroit d'Ormuz
Donald Trump a reproché lundi à certains de ses alliés de ne pas "vouloir s'impliquer" dans la sécurisation du détroit d'Ormuz, plusieurs puissances européennes ayant écarté toute mission de l'Otan pour faire rouvrir le passage stratégique bloqué par l'Iran.
Plus de deux semaines après l'attaque israélo-américaine sur Téhéran, la guerre embrase le Moyen-Orient et inquiète la planète, tant pour ses conséquences sur l'économie mondiale et l'approvisionnement en pétrole, que pour l'instabilité géopolitique générée.
Pour débloquer le détroit par lequel transite habituellement un cinquième du trafic mondial de pétrole, le président américain Donald Trump a réclamé que l'Otan, mais aussi Pékin, envoient des navires de guerre.
"Depuis quarante ans, nous vous protégeons et vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose de très mineur", a-t-il lancé depuis la Maison Blanche.
Il avait auparavant promis que la marine américaine commencerait "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit.
"Nous ne participons pas à cette guerre", a rétorqué lundi le chancelier allemand Friedrich Merz. Ce "n'est pas une affaire de l'Otan".
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a aussi écarté une mission de l'Otan, mais dit travailler avec ses partenaires à un plan "viable" pour rouvrir le détroit - sans vouloir laisser Londres se faire "entraîner dans une guerre plus vaste".
"Je pense qu'ils vont s'impliquer, ils devraient s'impliquer", a estimé Donald Trump au sujet du Royaume-Uni. Même opinion concernant le président français Emmanuel Macron- "je pense qu'il va aider" -, même si sa réponse n'était "pas parfaite", a avancé M. Trump.
Il a assuré que plusieurs autres pays avaient répondu favorablement, sans dire lesquels.
- "Tigre de papier" -
Concernant la Chine, il avait plus tôt menacé de reporter un voyage prévu fin mars si elle refusait de s'impliquer, soulignant qu'elle "importait 90% de son pétrole via le détroit".
Il n'a obtenu qu'une réponse laconique de Pékin, qui a assuré rester "en communication" avec Washington sur cette visite.
Réunis à Bruxelles, les chefs de la diplomatie de l'Union européenne ont eux écarté l'idée d'envoyer dans le détroit d'Ormuz la mission européenne de protection du trafic maritime, Aspides.
Dans une rare entorse au bouclage du détroit, un pétrolier pakistanais l'a franchi dimanche, système de traçage allumé, selon le site MarineTraffic, pour qui cela "suggère que certains transports bénéficient peut-être d'un passage sécurisé négocié" avec l'Iran.
L'annonce a offert un répit aux marchés, sur lesquels les cours de pétrole reculaient lundi.
- "Aussi loin que nécessaire" -
Durant sa conférence de presse, Donald Trump a de nouveau dit ne pas savoir si le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei était en vie, lui qui n'est pas apparu en public depuis sa nomination.
Le président américain a de nouveau insisté sur les dégâts causés au pouvoir à Téhéran, qui n'est plus qu'un "tigre de papier".
Les forces armées iraniennes ont elles soutenu avoir "détruit plus de 80%" des radars stratégiques et points clefs et vitaux" des bases américaines depuis le début du conflit.
L'Iran cible toujours ses voisins du Golfe qui abritent bases et intérêts américains et où les drones continuent de tomber régulièrement, notamment sur l'aéroport de Dubaï, un des principaux noeuds du trafic aérien mondial.
Déjà fortement ralenti par le conflit, il s'est mis à l'arrêt quelques heures lundi après une frappe de drone et l'incendie d'un réservoir de carburant.
Autre cibles "bientôt" dans le viseur, selon les Gardiens de la Révolution iraniens: les entreprises américaines dans la région, dont ils ont appelé les employés à évacuer, sans préciser qui était concerné.
La semaine dernière, l'agence de presse iranienne Tasnim avait publié une liste de cibles potentielles parmi lesquelles figuraient les bureaux qu'Amazon, Google, Microsoft et Nvidia.
Les Etats-Unis et Israël "ont compris à quel genre de nation ils avaient affaire: une nation qui (...) est prête à poursuivre la guerre jusqu'au bout, où qu'elle mène, et à aller aussi loin que nécessaire", a aussi lancé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.
- "Erreur" -
Israël continue de son côté à bombarder Téhéran, où de nouvelles explosions ont retenti à la mi-journée, selon des journalistes de l'AFP.
L'armée israélienne a aussi dit avoir frappé des "infrastructures du régime" à Chiraz (sud) et Tabriz (nord-ouest).
L'Iran a riposté avec des tirs de missiles dans le centre d'Israël, où huit personnes ont été blessées.
Des débris sont tombés sur des lieux saints dans la Vieille ville de Jérusalem, selon la police israélienne.
Sur l'autre principal front de la guerre, l'armée israélienne a annoncé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, après déjà plusieurs incursions au sol dans le sud depuis le début du mois.
Une "erreur", selon le chancelier allemand, qui a demandé à Israël de ne pas mener une "offensive" qui "aggraverait encore la situation humanitaire déjà extrêmement tendue" au Liban.
Israël dit vouloir créer à la frontière une large "zone tampon" pour se protéger des tirs de roquettes, sur le sol libanais. Son ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les Libanais déplacés ne rentreraient pas chez eux tant que le nord d'Israël ne serait pas sécurisé.
burs-mdh/cgo
K.Thomson--BTB