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Ali Larijani, le chef de la sécurité iranienne parvenu au sommet du pouvoir iranien avec la guerre
Ali Larijani, chef de l'appareil sécuritaire iranien, a passé des années dans l'ombre du pouvoir iranien avant d'être propulsé comme l'une des figures de proue du pays à l'occasion de la guerre contre Israël et les Etats-Unis.
Israël a affirmé mardi avoir éliminé celui qui avait défié vendredi les bombardements israélo-américains en participant à une manifestation en pleine rue de Téhéran.
Depuis l'élimination du guide suprême Ali Khamenei, il était "le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, mais même avant cela, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles", a commenté mardi un responsable militaire israélien, sous couvert d'anonymat.
C'est Larijani qui "a orienté les attaques vers la région" et a ordonné des frappes contre Israël et les pays du Golfe, a affirmé ce même responsable.
A la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, 67 ans, avait retrouvé une place au coeur de la politique nucléaire et de la diplomatie de l'Iran, après quelques années en marge.
Habitué à concilier loyauté idéologique et pragmatisme, il était réputé jouir de la confiance du guide suprême Ali Khamenei, récompensant une longue carrière au sein de l'armée, des médias et du Parlement.
Après la mort de ce dernier dans une frappe israélienne le 28 mars, qui a marqué le début de la guerre au Moyen-Orient, il avait multiplié les déclarations martiales envers les Etats-Unis et Israël.
Il avait par exemple averti que son pays se battrait "quel que soit le prix" pour se défendre et accusé Donald Trump d'avoir entraîné "le peuple américain dans une guerre injuste".
- "Homme du sérail" -
Il jouait "un rôle plus important que la plupart de ses prédécesseurs", avançait en février Ali Vaez, du centre de résolution des conflits International Crisis Group (ICG), décrivant un "véritable homme du sérail, fin tacticien, familier du fonctionnement du système et des inclinations du guide suprême".
Né en 1957 à Najaf, en Irak, Ali Larijani est le fils d'un éminent dignitaire chiite proche de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique.
Ancien combattant des Gardiens de la Révolution - l'armée idéologique de la République islamique - durant la guerre avec l'Irak (1980-1988), ce titulaire d'un doctorat en philosophie occidentale de l'université de Téhéran dirige à partir de 1994 et pendant une décennie l'audiovisuel d'Etat (Irib).
Il s'y illustre par son engagement contre les réformateurs, avec la diffusion de nombreux programmes attaquant les intellectuels et les proches du président Mohammad Khatami.
En 1996, il est nommé représentant d'Ali Khamenei au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, puis secrétaire.
Entre 2005 et 2007, il est le principal négociateur sur le nucléaire face à Londres, Paris, Berlin et Moscou, perçu dans ce rôle comme un pragmatique par ses interlocuteurs occidentaux.
Candidat à la présidentielle en 2005, il est évincé par son rival populiste Mahmoud Ahmadinejad. Il préside ensuite le Parlement, de 2008 à 2020 avant que sa candidature aux présidentielles de 2021 et 2024 ne soit écartée par le Conseil des gardiens de la Constitution.
- Rencontre avec Poutine -
En 2015, Larijani soutient l'accord nucléaire historique conclu avec les grandes puissances, qui s'est évanoui trois ans plus tard avec le retrait des Etats-Unis de Donald Trump.
En mars 2025, avant des pourparlers irano-américains stoppés net par la guerre provoquée par une attaque israélienne, il met en garde contre le risque de pousser Téhéran vers le nucléaire militaire.
Quelques semaines après la guerre Iran-Israël de juin 2025, il est nommé à la tête du principal organe de sécurité, qu'il avait déjà présidé 20 ans plus tôt, coordonnant les stratégies de défense et supervisant la politique nucléaire.
Un retour interprété comme un tournant pragmatique dans la gestion sécuritaire du pays. Depuis, l'homme à la barbe grisonnante, sous le coup de sanctions américaines, était de plus en plus présent sur la scène diplomatique.
Il avait été choisi fin janvier pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, avant de s'entretenir ce mois-ci avec des responsables du Golfe désireux de réduire les tensions avec Washington.
Il n'a eu de cesse de marteler que les négociations avec les Occidentaux devaient se cantonner au nucléaire, défendant comme un droit souverain de l'Iran l'enrichissement d'uranium.
O.Bulka--BTB