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A trois jours du second tour, la campagne se tend dans les villes-clés
La fièvre monte à trois jours du second tour des élections municipales, en particulier dans les grandes villes où les scrutins sont très serrés comme à Paris et Marseille.
Signe que la campagne s'accélère et se tend, dans la capitale, le débat télévisé mercredi soir entre les trois candidats au second tour a été électrique et a duré plus de trois heures.
Étrillé toute la soirée par ses concurrentes, à droite Rachida Dati (LR et Modem) qui a fusionné avec la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons et Renaissance) d'une part, à gauche Sophia Chikirou (LFI) d'autre part, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a contre-attaqué dès jeudi matin.
Après avoir accusé Rachida Dati de "faute morale" car elle ne pourra être élue selon lui "sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale", il a mis directement jeudi en cause le président de la République, Emmanuel Macron, dans le désistement de Sarah Knafo, la candidate Reconquête! qualifiée au second tour.
L'entourage du chef de l'État a immédiatement démenti toute intervention, dénonçant des "accusations graves" et un "mensonge indigne et calomnieux". "Je n'interviens pas du tout dans ces municipales", a lui-même contre-attaqué M. Macron, interrogé en marge d'un sommet européen à Bruxelles.
Quant à Marine Le Pen, elle a appelé jeudi à "faire barrage" à Emmanuel Grégoire, qui aurait dû selon elle se retirer au vu de la "responsabilité de la gauche dans le système qui a permis des agressions de tant d'enfants", en référence au scandale du périscolaire à Paris.
A Marseille, après une grande confusion autour de la tenue du débat sur le plateau de France Télévision jeudi soir, la candidate du centre et de la droite Martine Vassal, qui s'est maintenue au deuxième tour, a annoncé qu'elle n'y participerait pas.
Les deux favoris, le maire sortant de gauche Benoît Payan et son adversaire du Rassemblement national Franck Allisio, s'affronteront donc en direct, le premier partant sur le papier en meilleure position grâce au désistement du candidat insoumis Sébastien Delogu.
- Second tour dans 1.580 communes -
Mais un second tour se tiendra dans 1.580 communes dimanche. A Toulouse, Nantes et Bordeaux, entre autres, le scrutin s'annonce incertain.
Dans la ville rose, le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc se retrouve seul face à une union de la gauche, menée par le député Insoumis François Piquemal qui sur le papier est en mesure de l'emporter. A moins que les électeurs du socialiste François Briançon (numéro 3 sur la liste fusionnée) ne rejettent massivement l'alliance avec le parti mélenchoniste.
Idem à Nantes, où Johanna Rolland, numéro 2 du PS, s'est alliée à LFI. Le candidat LR de l'alliance droite-centre Foulques Chombart de Lauwe dénonce une alliance "de la honte". Avec 33,77% au premier tour, il a réussi à talonner la maire sortante (35,24%).
Configuration complètement différente à Bordeaux où les résultats pourraient également être serrés dimanche entre le candidat macroniste Thomas Cazenave, qui devrait bénéficier d'un bon report des voix obtenues par l'économiste Philippe Dessertine (20,2%) au premier tour, et le maire écologiste sortant Pierre Hurmic qui a refusé toute fusion avec la liste insoumise.
En attendant, les différents partis commencent déjà à se projeter dans la suite, convaincus comme le député Pierre Juvin (LR) qu'"à partir de lundi prochain, la campagne présidentielle commence".
Ce dernier a regretté les "coups de canifs" au sein du socle commun, une fragile alliance du centre et de la droite aujourd'hui présente au gouvernement. "Si la droite et le centre ne s'allient pas, il n'y aura pas de candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle", a-t-il prévenu.
La veille, sans tenir compte de l'accord national entre LR et Horizons, le patron de la droite Bruno Retailleau avait retiré son soutien à Christian Estrosi (Horizons), menacé dans son fief de Nice face à son rival Éric Ciotti, allié au RN.
En meeting commun à Châlons-en Champagne, les deux têtes du Rassemblement national ont également poursuivi leur stratégie de nationalisation de la campagne.
"Si être populiste, c'est être au service des Français (et) se sentir lié à nos électeurs par un contrat moral (...) alors je suis fière, nous sommes tous très fiers d'être populistes", a notamment déclaré Marine Le Pen.
Quant à son dauphin, Jordan Bardella, il a regretté que sa main tendue à LR n'ait pas été saisie, espérant que l'union l'emporte finalement pour "poser les fondations d'une victoire plus grande".
D.Schneider--BTB