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Incendie dans une raffinerie au Koweit, l'Iran perd une nouvelle figure
Les pompiers luttaient vendredi contre un incendie dans une raffinerie au Koweït provoqué par des frappes de l'Iran, où la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis a tué un nouveau responsable, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, sa toute-puissante armée idéologique.
Le conflit, qui dure désormais depuis trois semaines, ne montre aucun signe d'apaisement et pèse déjà concrètement sur l'activité mondiale, suscitant les craintes d'une crise économique majeure.
L'attaque sur la raffinerie koweïtienne Mina Al-Ahmadi, déjà touchée auparavant, n'a pas fait de victime, mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, selon l'agence officielle koweïtienne.
Les Emirats arabes unis ont déclaré eux aussi faire face à des attaques vendredi de missiles et de drones et Bahreïn a maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats de projectile, provenant d'une "agression iranienne".
Plus d'une douzaine de drones ont par ailleurs été "interceptés et détruits" en Arabie saoudite en l'espace de deux heures, d'après le ministre de la Défense.
La République islamique, dont une longue série de hauts responsables ont déjà été tués dans la guerre dont le guide suprême Ali Khamenei, a annoncé la mort du porte-parole des Gardiens.
Ali-Mohammad Naïni "est tombé en martyr lors de la lâche attaque terroriste criminelle perpétrée par le camp américano-sioniste à l'aube", ont déclaré ces derniers dans un communiqué publié sur leur site internet Sepah News.
- "Aucune inquiétude" -
L'annonce de sa mort est intervenue quelques minutes après la publication d'un communiqué signé de sa main.
"Notre industrie balistique mérite une note parfaite. (...) Il n'y a aucune inquiétude à ce sujet, car même en temps de guerre, nous continuons à fabriquer des missiles", déclarait le porte-parole.
Il répondait à des déclarations triomphalistes jeudi de Benjamin Netanyahu.
"Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé", avait affirmé le chef du gouvernement israélien. Il avait assuré que Téhéran n'avait plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques", deux des objectifs qu'il s'était fixé avant le début des frappes israélo-américaines fin février.
"Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", avait-il ajouté, sans toutefois se risquer à un calendrier.
Autant de frappes et de rhétoriques incendiaires qui ignorent les appels des Européens, réunis jeudi en sommet, à une "retenue maximale" des parties et un "moratoire" sur la destruction des raffineries et sites de production du Moyen-Orient.
Le prix du pétrole reculait vendredi après les propos de Benjamin Netanyahu, jugés rassurants, et les Bourses européennes ont ouvert dans le vert.
- "Choc économique profond" -
En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël depuis le 28 février, Téhéran vise quotidiennement les intérêts américains dans les pays du Golfe ainsi que les infrastructures énergétiques. Dominé dans son espace aérien, il répond en tentant de rendre exorbitant le coût de la guerre.
"Les dommages durables entraînent un choc économique profond", relève Robert Pape, expert militaire à l'Université de Chicago. "C'est ainsi qu'une guerre régionale peut devenir une crise économique mondiale historique".
Les frappes assombrissent l'atmosphère joyeuse dans laquelle la région aurait dû être plongée: le nouvel an persan, jour de Norouz, ainsi que la rupture du jeûne, l'Aïd el-Fitr, en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans, tombent vendredi.
Mais l'atmosphère n'est à la fête nulle part.
Le Qatar estime que sa capacité d'exportation de GNL est réduite de 17%, après les récentes attaques sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.
Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benjamin Netanyahu a dit s'y "conform(er)". Mais le président américain a aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" gazier si Téhéran continuait ses attaques.
- Les Européens "prêts à contribuer" -
L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu de son côté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Après un appel américain d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux, bloqué de facto par l'Iran.
Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'après un arrêt des combats. Le président français Emmanuel Macron a même évoqué la possibilité d'un "cadre onusien" pour une telle mission.
Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.
burx-dla/anb
G.Schulte--BTB