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Municipales: suspense au second tour, la participation stable
Les électeurs se mobilisaient dimanche pour le second tour des municipales, dans des proportions similaires au premier tour à 17H00, et alors que le suspense reste de mise dans la quasi-totalité des grandes villes françaises, à un an de la présidentielle.
Dans la plupart des cas, les électeurs ont eu jusqu'à 18H00 pour se mobiliser, les bureaux de vote fermant à 19H00 ou 20H00 dans certaines grandes villes.
La participation, historiquement faible au premier tour (57%), hormis la période du Covid, pourrait être similaire au second selon les estimations d'instituts de sondage. Elabe, Ipsos-BVA et l'Ifop anticipent une participation de 57%, et Opinionway de 57,5%.
A 17H00 la participation était de 48,10% selon l'Intérieur, sensiblement identique à dimanche dernier à la même heure (48,90%).
A Lyon, Benjamin, ingénieur de 35 ans a voté de bon matin, estimant que "dans le contexte actuel on ne (pouvait) pas aller prendre le risque de ne pas aller voter".
A Marseille, un assesseur dans un bureau du Vieux-Port a noté qu'il y avait "plus de monde sur la première heure que la semaine dernière".
Les résultats sont attendus à partir de la fermeture des derniers bureaux, mais le suspense pourrait durer jusque tard dans la soirée dans certaines villes.
Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse... Rarement des élections municipales se seront révélées aussi incertaines, après une période d'entre-deux tours marquée par la conclusion de nombreuses alliances, parfois inattendues, et par plusieurs désistements notables.
- Alliances sous tensions à gauche -
La capitale parisienne en est le symbole le plus fort, avec un duel très serré entre la candidate de droite, Rachida Dati (soutenue par le centre, les macronistes et qui bénéficie du retrait de la liste d'extrême droite de Sarah Knafo) et Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche hors LFI, au pouvoir depuis 25 ans à Paris.
Ancien adjoint de la sortante Anne Hidalgo, ce dernier est favori mais le maintien de l'Insoumise Sophia Chikirou peut lui jouer des tours. La participation était en recul à 17H00 (40,98%) de trois points par rapport au premier tour.
A Marseille, face aux scores du RN Franck Allisio, LFI s'est désistée et le sortant de gauche Benoît Payan part avec une longueur d'avance.
Au terme d'une campagne émaillée d'invectives entre Insoumis et socialistes, les deux plus grandes villes de France font pourtant office d'exceptions dans le jeu des alliances.
Car si le PS s'est refusé à tout accord national avec LFI, ses représentants locaux n'ont pas hésité à franchir le pas après un premier tour marqué par les bons scores de LFI dans les métropoles.
Le comportement des électeurs devant ces alliances fustigées par les autres partis, et par de nombreuses figures de la gauche socio-démocrate, sera un indicateur de la force d'attraction ou du caractère repoussoir des Insoumis à un an de la présidentielle.
- Suspense à Lyon, divisions à Nice -
Les socialistes, qui gardent le leadership à gauche au niveau local, ont souvent accepté le ralliement des Insoumis, que ce soit à Nantes, Brest, Clermont-Ferrand ou Avignon. A Toulouse et Limoges, c'est même derrière LFI que la gauche s'est rangée pour tenter de battre la droite.
Les Insoumis visent aussi Roubaix (Nord), après avoir gagné Saint-Denis dès le premier tour.
Le PS espère conserver Lille, après avoir fusionné avec Les Ecologistes, mais aussi prendre à ces derniers Strasbourg.
L'un des scrutins les plus serrés a lieu à Lyon: le sortant écologiste Grégory Doucet est au coude à coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre.
Autre bastion emporté par la vague verte de 2020, Bordeaux pourrait devenir une rare conquête macroniste, si l'ex-ministre Thomas Cazenave parvient à déloger le sortant Pierre Hurmic.
Le Rassemblement national, dont la progression se confirme désormais localement sans atteindre les scores de ses responsables nationaux, garde notamment les yeux sur Toulon, Nîmes ou Carcassonne.
Surtout, il compte bien sur son allié Eric Ciotti (UDR), ex-patron de LR favori à Nice, pour incarner le succès de la stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, que le président du RN, Jordan Bardella, tente d'imposer dans la course à l'Elysée.
Signe des fractures du bloc central, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a refusé de soutenir Christian Estrosi (Horizons) en dépit des accords.
Ce second tour pourrait marquer pour certains le coup d'envoi de la présidentielle: ainsi d'Edouard Philippe, qui devrait l'emporter confortablement au Havre dimanche soir.
K.Brown--BTB