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Pas de répit au Moyen-Orient, Israël se prépare à encore "plusieurs semaines de combats"
Israël a dit dimanche se préparer à "encore plusieurs semaines de combats" contre ses ennemis de l'Iran et du Hezbollah libanais, avec au cœur des hostilités des infrastructures vitales de la région, aspirée par la guerre.
En attaquant Téhéran le 28 février, Israël et les Etats-Unis ont déclenché une guerre qui a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures, après des frappes contre des installations gazières, pétrolières, mais aussi nucléaires.
"Chaque jour qui passe, nous affaiblissons davantage le régime terroriste" (iranien, NDLR), a assuré le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne, au 23e jour de guerre.
"Citoyens d'Israël, nous faisons face à encore plusieurs semaines de combats contre l'Iran et le Hezbollah", mouvement islamiste allié de Téhéran, a-t-il prévenu.
Washington entretient de son côté le flou sur la fin de ses opérations militaires.
Si Israël et les Etats-Unis affirment avoir fortement affaibli le pouvoir iranien, l'Iran enchaîne les attaques et les menaces.
Samedi soir, deux frappes iraniennes particulièrement destructrices ont fait plus d'une centaine de blessés dans le sud d'Israël, dont une à Dimona, ville abritant un centre stratégique de recherche nucléaire.
- "Cibles légitimes" -
Téhéran a menacé de cibler des infrastructures vitales au Moyen-Orient après un ultimatum de Donald Trump, qui veut d'ici lundi soir la réouverture du détroit d'Ormuz, paralysé par l'Iran.
Si les menaces de Washington - bombarder les centrales électriques si Téhéran ne débloque pas le détroit - sont mises à exécution, l'Iran fermera complètement ce point de passage maritime crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, a averti l'armée.
Dans les faits, le détroit est quasiment fermé depuis le début de la guerre, le transit de marchandises ayant baissé de 95%, selon la société d'analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à le franchir.
Si le conflit dure "plus de six mois", "toutes les économies du monde en souffriront", a averti le PDG du géant pétrolier français TotalEnergies, Patrick Pouyanné, estimant qu'à l'heure actuelle, "ce sont 10 millions de barils de pétrole par jour qui ne peuvent pas sortir du Golfe arabo-persique".
Une vingtaine de pays - Emirats, Royaume-Uni, France ou encore Japon - se sont dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit.
Téhéran a également menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques et usines de dessalement d'eau dans la région, qualifiées de "cibles légitimes".
Dans la capitale iranienne, le nombre de frappes israélo-américaines s'est réduit ces derniers jours et les marchés ont retrouvé une certaine effervescence. Mais l'angoisse domine: "la seule chose commune que nous ressentons dans cette période est l'incertitude sur l'issue" de cette guerre, a décrit Shiva, Téhéranaise de 31 ans, à l'AFP.
- Inquiétudes sur le nucléaire -
L'autre préoccupation grandissante concerne les attaques ciblant des sites nucléaires.
Samedi, un missile lancé par l'Iran a touché une zone résidentielle à quelque cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire à Dimona, site ultra-secret.
Israël est considéré comme le seul pays doté de l'arme nucléaire au Moyen-Orient mais maintient une politique "d'ambiguïté stratégique", ne confirmant ni n'infirmant la possession de la bombe atomique.
Einav Alon, 37 ans, propriétaire d'un supermarché endommagé par la frappe à Dimona, décrit la scène: "Quand nous sommes sortis de l'abri (dans sa maison, NDLR), tout était détruit".
En visant Dimona, l'Iran a dit riposter à une frappe "ennemie" contre un de ses complexes nucléaires à Natanz, au sud de Téhéran.
L'armée israélienne a assuré ne "pas être au courant" de cette frappe, la télévision publique Kan rapportant qu'il s'agissait d'une action américaine.
D'après l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, "aucune fuite de matières radioactives n'a été signalée" sur ce site déjà bombardé début mars.
Après chacune de ces frappes, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a exhorté "à la retenue militaire maximale".
En lançant, avec son allié israélien, l'offensive militaire contre l'Iran, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà visée par la guerre de juin 2025.
- Invasion terrestre du Liban ? -
Dans sa quatrième semaine, la guerre continue d'embraser le Moyen-Orient, du Golfe au Liban en passant par l'Irak.
L'armée israélienne va "intensifier ses opérations terrestres ciblées" au Liban pour repousser la menace du Hezbollah "loin de la frontière", a prévenu son chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Cette annonce survient après une attaque ayant fait une première victime civile sur la frontière nord d'Israël. Si le Hezbollah a dit avoir visé des soldats, l'armée israélienne a précisé avoir ouvert une enquête sur un possible tir ami.
L'armée israélienne a de nouveau frappé un pont important sur le fleuve Litani dans le sud, utilisé selon elle par le Hezbollah.
Le président libanais Joseph Aoun a estimé qu'il s'agissait d'un "prélude à une invasion terrestre" et a dénoncé "une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban".
burx-cf/cgo
R.Adler--BTB