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Au lendemain des municipales, zizanie à gauche, appel à l'union à droite
Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique tentait lundi de tirer les leçons du scrutin sur les alliances et les stratégies pour la présidentielle, entre zizanie à gauche et appel à l'union à droite.
Favori des sondages pour 2027, le président du Rassemblement national Jordan Bardella n'a pas manqué de revendiquer "la plus grande percée" de l'histoire du parti, qui a remporté des dizaines de petites et moyennes villes, notamment dans ses zones de force de l'arc méditerranéen, de Carcassonne à Menton, et du bassin minier du Pas-de-Calais.
Si le parti d'extrême droite continue d'améliorer son implantation, siphonnant une partie des électeurs LR dans le sud, comme à Marseille ou Nîmes, il reste faible dans les grandes villes, comme le prouve son échec à Toulon, et n'a pas réussi à conclure des alliances locales avec la droite.
Le député Jean-Philippe Tanguy a dénoncé lundi "la lâcheté de LR qui a refusé les fusions". "S'il n'y a pas de fusion, il n'y a pas de dynamique".
Diagnostic évidemment aux antipodes au sein des Républicains qui, malgré des échecs à Paris et Lyon, ont remporté plusieursvilles importantes: Clermont-Ferrand, Brest, Limoges...
"Dans beaucoup de villes, il y a la preuve que l’alliance de la droite républicaine et du centre fonctionne", s'est réjoui Michel Barnier sur TF1.
Valérie Pécresse compte d'ailleurs "demander des clarifications" au prochain bureau politique de LR à Bruno Retailleau qui avait lâché dans l'entre-deux tours le candidat Christian Estrosi face à Eric Ciotti, allié du RN et largement victorieux à Nice.
Selon elle, les poussées du RN et de LFI aux municipales plaident "pour une candidature unique de la droite et du centre face au chaos des extrêmes", une idée à laquelle est hostile Bruno Retailleau qui s'est déjà déclaré candidat.
A un peu plus d'un an de la présidentielle, cette question promet d'agiter encore de nombreux mois l'espace allant de Renaissance aux Républicains en passant par Horizons.
Le parti d'Edouard Philippe peut souffler après la réélection de son champion au Havre qui, selon les derniers sondages, reste en position de se qualifier au second tour dans la course à l'Elysée.
De son côté, le parti macroniste Renaissance, s'il remporte moins de villes que la droite, a conquis Annecy et surtout Bordeaux, reprise aux écologistes.
Revigoré, son chef Gabriel Attal a souhaité tendre la main à droite et à gauche, mais avec une "pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été absolument écœurés" par les accords entre le PS et LFI.
- "la tambouille ne fonctionne pas" -
Les débats les plus vifs sont au sein du PS après les défaites dans plusieurs villes où Insoumis et socialistes avaient fait alliance par contraste avec les victoires à Paris ou Marseille où ils étaient restés seuls.
"La France insoumise nous a fait perdre", a ainsi critiqué le chef des députés socialistes Boris Vallaud. "Beaucoup de Français n'ont pas compris quelle était la ligne" du PS, a-t-il ajouté, dans le sillage d'un Raphaël Glucksmann qui y voit la preuve que "la tambouille ne fonctionne pas".
Mis en cause, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a esquivé ces critiques en mettant en cause "le boulet qu'est devenu Jean-Luc Mélenchon" pour expliquer, malgré un bon premier tour, les défaites des listes de gauche conduites par LFI à Toulouse ou Limoges.
De son côté, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a rejeté sur les socialistes l'échec des alliances dans des villes tenues par le PS comme Clermont-Ferrand et Brest.
"Les maires sortants ont subi un désaveu populaire d'une telle ampleur que les Insoumis, au second tour, malgré leur mobilisation, n'ont pas réussi à compenser", a-t-il argumenté, soulignant les victoires insoumises à Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve, ou encore Vénissieux, comme un "formidable désaveu" des "calomnies" contre son mouvement.
Principal perdant de l'élection, même si Lyon a été sauvé, la patronne des écologistes Marine Tondelier a dénoncé sur France 2 "l'ambiance globale à gauche qui n'a pas aidé".
"C'est une victoire de Jean-Luc Mélenchon et de François Hollande qui avaient prédit qu'on ne pourrait plus travailler ensemble. Mais quand la gauche irréconciliable gagne bien, c'est la gauche qui perd. Donc ça doit nous servir d'alerte pour 2027", a-t-elle déploré.
M.Furrer--BTB