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Trump change de ton, évoque des "négociations" et suspend des frappes envisagées
Donald Trump a changé de ton lundi au 24e jour de la guerre avec l'Iran en évoquant des "négociations" avec un responsable iranien non-identifié pour mettre fin aux hostilités, allant jusqu'à suspendre des frappes envisagées sur des infrastructures critiques iraniennes.
Mais le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf - qui selon le site d'informations Axios se serait entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner - a annoncé lui-même qu'il n'y avait "pas de négociations" avec les Etats-Unis. "De fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers", a-t-il assuré.
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit avoir parlé lundi avec Donald Trump, qui "estime qu'il y a une chance de tirer parti des formidables succès (militaires israéliens et américains) afin de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux".
M. Netanyahu s'est montré déterminé lundi soir à continuer les frappes en Iran et au Liban. Peu après, l'armée israélienne a annoncé avoir lancé de nouvelles frappes contre des cibles du mouvement islamiste Hezbollah à Beyrouth.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a également nié lundi "toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée". Il a toutefois reconnu avoir reçu ces derniers jours, "par l'intermédiaire de certains pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre".
Selon Donald Trump, les Etats-Unis négocient "avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides". "Ils sont très respectés et peut-être que l'un d'entre eux sera celui que nous cherchons", a-t-il dit sans nommer cette personne.
-Report des frappes-
Utilisant, comme à son habitude, son réseau Truth social, le président américain a fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.
Plus tard, lors d'un échange avec la presse, il a ajouté que les Etats-Unis et l'Iran ont trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées, selon lui, avec un "haut dirigeant" qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Donald Trump a toutefois menacé de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.
La volte-face de M. Trump lundi avait débuté avec un premier message sur Truth social, où le président s'était félicité de "TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLÈTE DE NOS HOSTILITÉS AU MOYEN-ORIENT".
Et lundi après-midi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a "salué" les informations concernant les discussions.
Les marchés ont immédiatement montré leur soulagement, les Bourses européennes repartant dans le vert, avant de clôturer en ordre dispersé (Paris +0,79%, Francfort +1,22%, Milan +0,81%, Londres -0,24%).
Des explosions ont retenti lundi en début d'après-midi à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP, sans pouvoir dire ce qui en était la ou les cibles.
Au Liban, une personne a été tuée lundi dans une frappe israélienne à Beyrouth qui visait un membre des Gardiens de la révolution iraniens, selon Israël. Un porte-parole de l'armée israélienne a de son côté affirmé que la frappe avait visé "un terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens.
-Menaces sur les infrastructures-
En plus de trois semaines de guerre au Moyen-Orient, ni les Etats-Unis, ni l'Iran n'avaient évoqué publiquement des négociations.
Les frappes envisagées sur les infrastructures faisaient planer une menace dangereuse d'escalade, alors que Donald Trump avait fixé à 23H44 GMT lundi un ultimatum exigeant de l'Iran qu'il rouvre le détroit d'Ormuz.
A défaut, il menaçait "d'anéantir" le réseau électrique iranien, composé de plus de 90 centrales, dont certaines situées sur le Golfe.
Le bras de fer stratégique de la guerre se concentre toujours autour du détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures que l'Iran bloque en représailles aux attaques israélo-américaines.
En réponse à l'ultimatum, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux États-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.
- Crise énergétique? -
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a estimé lundi matin que le monde avait "perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies" des années 1970. Il a prévenu que la guerre, déclenchée le 28 février, pourrait provoquer la plus grave crise énergétique mondiale de ces dernières décennies.
Dans les faits, le transit de marchandises dans le détroit d'Ormuz s'est effondré de 95% depuis le début de la guerre, selon la société d'analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à le franchir. Or, d'ordinaire, 20% de la production mondiale d'hydrocarbures y transite.
"Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie", a ajouté le chef de l'AIE.
burx-dla-emp/cm
M.Ouellet--BTB