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L'Iran frappe Israël, le flou persiste sur de possibles pourparlers
L'Iran a tiré mardi une nouvelle salve de missiles sur Israël, provoquant dégâts et blessés à Tel-Aviv, alors que le flou demeure sur d'éventuelles négociations entre Iran et Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Proche-Orient.
Il faut être deux pour discuter et nul ne sait qui représente la partie iranienne. Donald Trump affirme que son administration s'entretient avec un "haut dirigeant" non identifié, et s'est donné cinq jours pour progresser avant de reprendre les bombardements.
Mais Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur, a démenti avec force alors que le conflit est entré dans sa quatrième semaine et paralyse une partie du transport mondial des hydrocarbures.
"Aucune négociation" n'a débuté, a-t-il déclaré sur X, dénonçant "de fausses informations (...) pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés".
En attendant que se dissipe ce brouillard, les combats se poursuivent. Des images de l'AFP montraient des rues jonchées de débris mardi matin à Tel-Aviv, tandis que les secours venaient en aide à au moins quatre blessés.
La frappe dans un quartier cossu du nord de la capitale économique israélienne a éventré la façade d'un immeuble ancien de trois étages, selon un journaliste de l'AFP présent sur les lieux.
Selon plusieurs médias israéliens, la police évoque un missile à sous-munitions, doté de trois à quatre têtes chargées chacune d'une centaine de kilos d'explosif. L'armée israélienne a aussi dépêché des soldats dans le sud du pays après un signalement d'impacts.
La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bshamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.
- Le Pakistan dans le jeu ? -
Les informations non confirmées de discussions continuent d'émerger ici et là, poussant timidement à la hausse les Bourses européennes et à la baisse le prix du pétrole.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que Donald Trump estimait possible "un accord qui (préserverait les) intérêts vitaux" de son pays. "Parallèlement, nous continuons à frapper à la fois en Iran et au Liban".
Certains médias ont évoqué la possibilité que le Pakistan joue un rôle. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, n'a pas démenti mais a répondu que de telles "spéculations" ne devaient pas "être considérées comme avérées" avant d'être officiellement annoncées Washington.
De son côté, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a promis d'aider Téhéran pour ramener la paix dans la région.
S'il reste à confirmer, l'implication d'Islamabad aurait du sens, estime Michael Kugelman, expert de l'Asie du sud à l'Atlantic Council. "Le Pakistan est l'un des rares pays à entretenir des relations chaleureuses à la fois avec Téhéran et Washington" et "il représente les intérêts diplomatiques de Téhéran à Washington", où l'Iran ne dispose pas d'ambassade.
- Illisible volte-face de Trump -
Toutes ces spéculations interviennent après un enchaînement de déclarations contradictoires du président américain.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a d'abord retardé "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur le réseau électrique de l'Iran si ce dernier refusait de débloquer le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Il a ensuite affirmé que Washington et Téhéran avaient trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées avec un "haut dirigeant", qu'il n'a pas nommé mais dont il a précisé qu'il n'était pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Puis il a menacé de "continuer à bombarder allègrement" la République islamique si les négociations échouaient.
Tôt mardi, l'agence de presse iranienne Fars a signalé des frappes israélo-américaines sur des infrastructures énergétiques à Ispahan (centre) et Khorramshahr (sud-ouest).
De leur côté, les médias d'Etat iraniens ont publié une liste de cibles potentielles dans les pays voisins, dont les deux principales centrales électriques d'Israël, Téhéran affirmant en parallèle être moins vulnérable à de telles attaques contre ses installations électriques que le reste de la région.
"Nous produisons de l'électricité (...) à divers endroits, contrairement aux pays du Golfe persique et au régime sioniste (Israël, NDLR) où la production est centralisée et très vulnérable", a déclaré le ministre iranien de l'Energie Abbas Aliabadi à la télévision d'Etat.
Au Liban, grande victime collatérale de la guerre qui déplore déjà plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue de Beyrouth.
Sept raids aériens israéliens y ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, selon l'agence Ani. Deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans un raid israélien contre le village de Bshamoun, au sud-est de la capitale.
burx-dla/apz/
F.Pavlenko--BTB