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Des Républicains aux socialistes chaude ambiance post-municipales, 2027 dans toutes les têtes
Avis de tempête post-municipales: des débats houleux sont attendus mardi chez Les Républicains, qui se penchent sur les modalités de désignation de leur candidat à la présidentielle, et au Parti socialiste après les résultats décevants des alliances avec LFI.
Si les deux formations ont chacune conforté leur forte implantation locale - LR plutôt dans les villes moyennes, le PS dans les métropoles - , leurs dirigeants Bruno Retailleau et Olivier Faure risquent néanmoins de passer une soirée difficile lors des réunions des instances de leurs partis.
Chez LR, le bureau politique doit retenir les options proposées aux adhérents pour choisir leur candidat à la présidentielle.
Selon Le Figaro, quatre options seront présentées: une primaire fermée où seuls les adhérents voteront, une primaire semi-ouverte avec un corps électoral élargi, une primaire ouverte incluant des candidats extérieurs ou la désignation du président du parti Bruno Retailleau... déjà candidat.
"Ce sont des options de boutiquiers, aucune n'a de sens", a balayé mardi sur RTL le patron des députés Laurent Wauquiez qui milite pour une primaire allant du centre à Sarah Knafo qui "n'est pas une néo-nazie". Un élargissement à Reconquête catégoriquement refusé par d'autres candidats potentiels comme Xavier Bertrand ou Michel Barnier.
Plusieurs responsables, comme Valérie Pécresse, comptent aussi demander "une clarification" à Bruno Retailleau après son lâchage de l'allié Christian Estrosi (Horizons) à Nice face à Eric Ciotti, chantre de "l'union des droites", refusée par LR mais qui séduit une part croissante de leurs électeurs.
- "Le boulet, c'est eux" -
Une clarification réclamée également aux Républicains par Gabriel Attal, pas très chaud pour une alliance avec la droite.
"Si la ligne de LR, c'est de dire on glisse vers l'extrême droite et vers une +union des droites+ comme c'est le cas au Parlement européen, comme on l'a vu dans certains choix aux municipales, on ne pourra pas avancer avec eux", a-t-il prévenu.
En concurrence au centre-droit avec Edouard Philippe, qui a repris des couleurs après sa réélection au Havre, le secrétaire général de Renaissance a appelé Horizons et le MoDem à organiser un "rassemblement" qui peut se faire sur la base d'une primaire, de sondages ou d'"une autre méthode".
Dans sa formation, certaines figures comme Elisabeth Borne et Yaël Braun-Pivet plaident pour un élargissement "à la gauche modérée" ou "la social-démocratie", une ouverture catégoriquement rejetée au PS.
Chez les socialistes justement, "la température va monter" encore d'un cran au bureau national, selon un sénateur.
Olivier Faure va être confronté aux critiques virulentes de ceux qui, comme le chef des députés Boris Vallaud, jugent que la direction a "manqué de clarté" en laissant faire, pour le second tour des municipales, des alliances locales avec LFI "qui n'ont pas fonctionné", comme à Toulouse ou Brest.
Le médiatique maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Karim Bouamrane, a même appelé mardi su BFMTV à "la démission" d'Olivier Faure, dénonçant "un échec total".
"A un moment où Jordan Bardella est à 36% dans les sondages, les socialistes vont s'enfermer dans une pièce et s'écharper sur un congrès ?", a répliqué sur Public Sénat Pierre Jouvet, le secrétaire général du parti, proche du Premier secrétaire.
Ce dernier tente, lui, de dévier les tirs en faisant porter la responsabilité de l'échec sur Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui "le boulet de la gauche".
"Le boulet, c'est eux", a répondu le leader insoumis sur son blog en englobant les Ecologistes. "Avant la fusion à Besançon la liste de la vieille gauche avait déjà perdu 28 points, 8 à Clermont, 7 à Brest", a-t-il fait remarquer.
Et le tribun, fort des victoires de son mouvement à Saint-Denis ou à Roubaix, ne semble pas prêt de donner des gages de modération.
Olivier Faure et Marine Tondelier sont "des impostures nocives" qui "ont ruiné avec ardeur ce qu'ils avaient reçu en héritage", a-t-il écrit.
B.Shevchenko--BTB