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LR et PS autopsient leurs municipales avec 2027 en vue
Les Républicains et les socialistes ont fait mardi l'examen post-mortem des élections municipales dans une ambiance parfois houleuse et déjà tournée vers la présidentielle de 2027, entre tiraillements sur les alliances avec LFI côté PS, et débats sur la désignation de leur candidat côté LR.
Si les deux formations ont chacune conforté leur forte implantation locale - LR plutôt dans les villes moyennes, le PS dans les métropoles -, les dirigeants Bruno Retailleau et Olivier Faure ont tout de même dû rendre des comptes mardi soir.
Chez LR, le débat s'est principalement focalisé sur le mode de désignation du candidat pour 2027, alors que le patron Bruno Retailleau a pris les devants en se lançant dès le mois de février dans la campagne.
Ce sera donc aux adhérents de trancher en avril entre trois options: désigner Bruno Retailleau; opter pour une primaire "fermée" aux seuls adhérents, qui étaient 120.000 il y a un an; ou une primaire "ouverte" aux adhérents mais aussi aux sympathisants de droite.
Reflet des tensions internes, ce bureau politique s'est réuni en l'absence de deux présidentiables potentiels de LR: le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, qui refuse toute primaire, et le patron des députés Laurent Wauquiez qui en défend une dont le périmètre irait du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo, du parti d'extrême droite Reconquête. M. Wauquiez avait d'ailleurs dénoncé dès mardi matin sur RTL des options de "boutiquiers".
Présent à la réunion, le maire de Cannes David Lisnard, qui défend lui aussi une primaire ouverte, a exprimé son mécontentement à la sortie.
"Je ne suis pas d'accord avec ce qui est proposé", a affirmé le maire de Cannes qui craint que LR, dont il est l'un des vice-présidents, "ne disparaisse face aux nouvelles réalités du XXIe siècle (...) en croyant qu'il est encore en première division et peut imposer un candidat qui sera présent au second tour".
Revenant sur les municipales, la députée Michèle Tabarot et la sénatrice Dominique Estrosi-Sassonne, toutes deux des Alpes-Maritimes, ont déploré que Bruno Retailleau ait refusé de soutenir le sortant Christian Estrosi à Nice face à Eric Ciotti, l'ex-président des Républicains qui s'est allié au RN.
"Ca a gueulé, mais de manière très classique", a expliqué un participant, précisant que les LR de Marseille ont saisi l'occasion pour rappeler qu'ils s'étaient, eux, maintenus au second tour face au RN.
- "Procès en insincérité" au PS-
Une clarification réclamée également aux Républicains par Gabriel Attal, peu allant pour une alliance avec la droite. Le N.1 de Renaissance a plaidé mardi pour un "rassemblement" du bloc central, sur la base d'une primaire, de sondages ou d'une "autre méthode" en vue de 2027.
Cette question de la régulation dans un champ politique saturé d'ambitions est dans toutes les têtes, à commencer par Edouard Philippe, candidat, lui, déjà officialisé.
"Je ne jouerai jamais avec l'avenir de mon pays", a-t-il assuré mardi sur France 2, se disant "favorable" à "toutes les logiques de rassemblement et d'union" de la droite et du centre pour l'élection présidentielle, mais toujours opposé à une primaire.
Une concorde que les socialistes aimeraient déjà imposer à l'intérieur même de leur parti, qui n'en finit plus de se déchirer sur les alliances avec LFI.
Avant même la réunion du bureau national mardi soir, le chef des députés Boris Vallaud avait planté le décor en dénonçant le "manque de clarté" de sa direction qui a laissé faire, pour le second tour des municipales, des alliances locales avec LFI "qui n'ont pas fonctionné", comme à Toulouse ou Brest.
"Les accords d’entre-deux-tours ont nourri le procès en insincérité envers nous", a-t-il insisté mardi soir, selon un participant.
"Hypocrisie" et "cynisme", a répondu le premier secrétaire Olivier Faure à ses détracteurs, selon un autre participant à ce bureau national.
Invité plus tôt mardi à la "démission" par le médiatique maire de Saint-Ouen Karim Bouamarane, M. Faure a souligné qu'il n'y avait pas eu d'accord national avec LFI et que "pour l'essentiel, les fusions qui ont été réalisées entre le premier et le second tour avec La France insoumise ne sont pas le fait de la direction".
"C'est tellement facile de son salon de venir dire ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas faire", a-t-il encore regretté, fustigeant ceux qui "tirent dans le dos" de leurs camarades.
Face aux déchirements socialistes, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a, lui, compté les points, constatant avec piquant que "la guerre des roses fanées est commencée".
far-lum-jmt-caz/leo/dch
F.Müller--BTB