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Après les municipales, la présidentielle: les remous continuent à droite et à gauche
Au lendemain de bureaux politiques agités à droite comme à gauche, les secousses post-municipales continuent: le maire de Cannes David Lisnard a claqué mercredi la porte de LR dénonçant un choix "truqué" pour la présidentielle, tandis que le patron du PS Olivier Faure refuse qu'on lui "colle sur le dos" les alliances contestées avec LFI.
Dans un an la présidentielle. Pour désigner son candidat, le bureau politique des Républicains a retenu mardi soir trois options qui seront proposées en avril aux 120.000 adhérents: le président du parti Bruno Retailleau... déjà candidat; une primaire interne réservée aux seuls adhérents ou une primaire semi-ouverte à des sympathisants LR.
"C'est un non-sens absolu (...), un vote biaisé, un vote truqué", a dénoncé mercredi, David Lisnard. Selon le président de l'Association des maires de France, cela revient en effet de facto à entériner la candidature de Bruno Retailleau et à faire croire que LR "joue encore en première division et peut imposer un candidat au second tour".
Lui-même candidat potentiel, le maire de Cannes, largement réélu et qui ne cache pas sa proximité avec son voisin niçois Eric Ciotti, défend "une grande primaire ouverte" de toute la droite, y compris extrême avec une participation d'Eric Zemmour ou de Nicolas Dupont-Aignan.
C'est aussi la position du patron des députés Laurent Wauquiez qui a qualifié "d'options de boutiquier" les choix proposés aux adhérents LR et veut une primaire de Gérald Darmanin à Sarah Knafo.
Dans les faits, un tel périmètre semble impossible car la plupart des présidentiables du centre-droit (Edouard Philippe, Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Xavier Bertrand...) ne l'accepteraient pas.
Mais cela permet à Laurent Wauquiez ou David Lisnard d'adresser un signal aux électeurs du RN et de ses alliés qui viendraient voter à une éventuelle primaire ouverte de la droite et du centre.
Ces débats agitent aussi l'extrême droite. Si Marine Le Pen s'est félicitée sur France Inter "qu'il y a dans le Sud énormément d'électeurs LR qui aujourd'hui rejoignent le Rassemblement national", elle a répété qu'elle ne croyait pas à "l'union des droites" défendue par son allié Eric Ciotti et dans une certaine mesure Jordan Bardella.
Dans l'autre place forte du RN, le bassin minier du Pas-de-Calais où son parti l'a emporté dans 14 villes contre deux en 2020, "l'électorat historiquement n'est pas de droite, c'est un électorat socialo-communiste", a-t-elle insisté.
- "Le PS, c'est tout et son contraire" -
A gauche, le premier secrétaire du PS Olivier Faure s'est retrouvé en position inconfortable mardi soir lors d'un bureau national tendu après les résultats décevants des accords conclus localement avec LFI, comme à Brest, Clermont-Ferrand, Toulouse ou Limoges.
Le chef des députés PS Boris Vallaud a tenté de faire adopter une résolution, finalement non soumise au vote, déplorant "le manque de clarté et de cohérence" de la direction qui a soutenu ces accords locaux après avoir dit qu'il n'y aurait "aucun accord national" avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
"Les Français retiennent que le Parti socialiste, c'est tout et son contraire, c'est du grand n'importe quoi", a regretté la présidente de la région Occitanie Carole Delga sur RMC.
Seulement "0,6% des candidats socialistes (avaient) noué un accord de second tour avec la France insoumise", s'est défendu sur franceinfo Olivier Faure qui cherche à faire peser les torts sur LFI, accusée d'avoir emporté ses victoires aux municipales contre le PS.
La France insoumise "ne permet pas d'être un barrage face à la droite ou face à l'extrême droite, il y a eu une surmobilisation de la droite et de l'extrême droite pour faire face à un candidat LFI", a-t-il noté.
Dans cette bataille de leadership à gauche pour 2027, la zizanie dans les rangs du PS fait le miel des Insoumis qui vantent aux électeurs de gauche leur ligne claire.
Leur coordinateur Manuel Bompard a ainsi ironisé sur RTL sur les socialistes qui, "après nous avoir agoni d'injures pendant la campagne du premier tour, être venus nous supplier au second tour de venir sauver leur maire, nous ont expliqué à 20h01 le dimanche soir que finalement c'était de notre faute".
"A certains qui peuvent voter socialiste, je leur dis franchement vous n'avez rien à tirer de ces gens là", en-a-t-il conclu.
H.Seidel--BTB