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L'Iran ignore les menaces de Trump, Israël tue un cadre militaire
Israël a affirmé jeudi avoir "éliminé" le chef de la marine des Gardiens de la Révolution en Iran, qui continue de défier Donald Trump et revendique pouvoir choisir les termes et conditions de la fin des hostilités.
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé la mort d'Alireza Tangsiri, "directement responsable du minage et du blocage du détroit d'Ormuz", promettant aux chefs de l'armée idéologique d'Iran de "continuer à les traquer un par un".
Téhéran n'a pas immédiatement confirmé.
Depuis le début de la semaine, les initiatives diplomatiques se sont multipliées pour tenter de mettre un terme à une guerre dont les conséquences économiques planétaires sont chaque jour un peu plus lourdes.
Les cours du pétrole remontent et les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge. La conséquence de la volatilité du conflit et de l'acrimonieuse joute verbale entre Washington et Téhéran, qui a douché les premiers espoirs d'accord mercredi.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister", après avoir reçu du médiateur pakistanais le projet américain en 15 points.
L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".
Téhéran témoigne, ce faisant, de la confiance de ses dirigeants, après presque quatre semaines de conflit et la décapitation de sa hiérarchie - dont le guide suprême Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre le 28 février.
- Les "extrémistes" au pouvoir en Iran -
"En remplaçant ses pertes par un vaste vivier de dirigeants subalternes, l'Iran a non seulement été en mesure de poursuivre ses représailles face aux attaques américaines et israéliennes, mais aussi d'élargir la liste de ses cibles", note le Soufan Center, basé à New York.
"A de rares exceptions près, l'ensemble des dirigeants du régime qui ont survécu insistent pour utiliser les atouts stratégiques de l'Iran pour dissuader les Etats‑Unis de l'attaquer à l'avenir".
Donald Trump, lui, assure l'inverse: sans révéler avec quel responsable iranien il est censé discuter, il assure que l'Iran veut discuter.
"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs", a affirmé le président américain mercredi soir.
"Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale. La Maison Blanche a prévenu auparavant que le président américain était "prêt à déchaîner l'enfer" si Téhéran faisait "encore un mauvais calcul".
Mais pour le Soufan Center, "la conviction de Washington qu'il peut parvenir à un accord avec un +modéré+ iranien masque, et peut-être ignore, à quel point les extrémistes (...) monopolisent désormais l'appareil du pouvoir".
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est alarmé d'un conflit "hors de contrôle". Et aucune ouverture diplomatique claire n'apparaît, même si Pékin affirme voir "des signaux en faveur de négociations" de part et d'autre.
Le sujet sera au menu jeudi d'une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, rejoints vendredi par l'Américain Marco Rubio. "Ce qui m'inquiète le plus dans cette guerre, c'est qu'il n'y a pas eu de consultation, (...) pas de stratégie, (...) pas d'objectif clair et (...) pas de stratégie de sortie", a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius.
- "92% de la flotte iranienne" -
Sur le terrain, les attaques de missiles et de drones se poursuivent.
L'armée israélienne a fait état de "frappes à grande échelle" sur plusieurs zones d'Iran dont Ispahan, dans le centre. Selon l'agence iranienne Fars, deux zones résidentielles de la ville ont été ciblées.
Chiraz (centre), Mashhad (nord-est), Tabriz (nord-ouest) et Bandar Abbas ont aussi été touchées, selon l'agence Tasnim, qui a rapporté la mort de huit personnes dans la province de Fars (sud).
Israël a aussi indiqué répondre à des attaques iraniennes, tandis que des sirènes d'alerte étaient déclenchées dans le centre du pays, certaines zones de Jérusalem et en Cisjordanie occupée.
Les secours ont pris en charge six blessés légers dans la ville arabe israélienne de Kafr Qassem (centre).
Aux Emirats arabes unis, des débris de missile ont fait deux morts et trois blessés dans la périphérie d'Abou Dhabi. L'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont aussi dit faire face à de nouvelles attaques.
L'armée américaine a assuré avoir endommagé ou détruit "plus des deux tiers" des installations de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals iraniens, ainsi que "92%" de la flotte iranienne.
Mais la puissance de frappe de l'Iran lui permet de conserver d'importants moyens de pression.
Le quasi blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut depuis un mois.
Israël poursuit par ailleurs son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre.
Des images diffusées par l'armée israélienne montrent des gerbes de flamme s'élever au-dessus de ce qu'elle présente comme des "cibles du Hezbollah" dans le sud du pays.
M.Furrer--BTB