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L'Iran rouvre le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur de la trêve au Liban
L'Iran a annoncé vendredi rouvrir "entièrement" le détroit d'Ormuz pendant la durée du cessez-le-feu, au moment où la trêve entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban se met en place, suscitant un prudent espoir de paix au Moyen-Orient.
L'annonce de Téhéran, saluée par Donald Tump, a été accueillie par une baisse de 10% du prix du pétrole et un rebond des Bourses européennes, après cinq semaines de guerre dévastatrices pour l'économie mondiale.
"En lien avec le cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu", a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Pour autant, les navires militaires "restent interdits", selon la télévision d'Etat.
"Merci!", a immédiatement répondu le président américain dans une série de messages sur son réseau Truth social, affirmant unilatéralement que la République islamique s'était engagée à "ne plus jamais fermer" le détroit, par lequel transite en temps normal un cinquième des hydrocarbures de la planète.
Mais il a précisé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur, en ce qui concerne l'Iran seulement" jusqu'à la fin des négociations.
- Opération pas terminée -
Les tractations se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de négociations entre Téhéran et Washington, après la première à Islamabad le week-end dernier. L'Iran exigeait une trêve au Liban comme condition à ce second cycle.
De nombreux déplacés en profitaient vendredi pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, ignorant les avertissements du gouvernement israélien.
Selon ce dernier, "l'opération" contre le Hezbollah pro-iranien n'est pas terminée et les Libanais devront à nouveau quitter ces zones "si les combats reprennent".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a par ailleurs pronostiqué que le démantèlement du Hezbollah "ne serait pas atteint demain". Jeudi, il avait averti que son armée resterait présente au Liban, pendant la trêve, dans une bande de 10 km de profondeur depuis la frontière.
- Embouteillage monstre au Liban -
La cessation des hostilités a débuté à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.
Dès jeudi, des tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'AFP. Et vendredi, l'autoroute du sud s'est remplie d'une longue file de voitures, les toits chargés de matelas et de meubles.
Un embouteillage monstre s'est formé devant le pont de Qasmiyeh qui relie la région de Tyr (sud) au reste du pays. Endommagée la veille par des frappes israéliennes, la structure a été réparée dans l'urgence par l'armée libanaise.
"Nous sommes vainqueurs malgré les bombardements", affirme Mohammad Abou Raya, 35 ans. "L'important c'est de rentrer sur notre terre", ajoute à l'AFP ce père de trois enfants.
Jusqu'aux derniers instants avant l'entrée en vigueur de la trêve, le Hezbollah a continué à revendiquer des tirs contre le nord d'Israël et contre l'armée israélienne présente sur le sol libanais.
Au moins 13 personnes ont été tuées, 35 blessées et 15 étaient portées disparues après des frappes israéliennes sur Tyr, quelques minutes avant la fin des combats, selon la municipalité.
- Nucléaire iranien: "pas d'argent échangé" -
Le Hezbollah, qui a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".
Le département d'Etat américain a de son côté fait valoir que l'armée libanaise devait "empêcher le Hezbollah et les autres groupes armés non étatiques" de frapper des cibles israéliennes, grâce à un "soutien de la communauté international" dont les contours n'ont pas été précisés.
La trêve a été arrachée par Donald Trump, qui s'efforce d'organiser la première rencontre à Washington entre le président du Liban Joseph Aoun et M. Netanyahu.
"Ça suffit!!!": le locataire de la Maison Blanche a assuré "interdit" à Israël de bombarder le Liban. Il a aussi assuré que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord, soulignant que Téhéran avait accepté de céder son uranium enrichi. Des propos depuis non confirmés par le gouvernement iranien.
Aucune somme d'argent "ne sera échangée de quelconque manière" entre les deux pays dans l'éventualité d'un accord sur le nucléaire iranien, l'un des points de blocage majeurs des pourparlers, a-t-il encore déclaré.
"L'Iran, avec l'aide des Etats-Unis, a retiré, ou est en train de retirer toutes les mines marines! Merci!", a-t-il par ailleurs ajouté. Là encore, l'Iran n'avait pas confirmé l'information dans l'immédiat.
burx-dla/anb
D.Schneider--BTB