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Ormuz rouvert, Trump dit à l'AFP qu'il ne reste pas de "points de blocage" avec l'Iran
Donald Trump a assuré vendredi, peu après l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz, qu'il n'y avait pas de "points de blocage" pour conclure un accord de paix, dans des déclarations à l'AFP.
"Nous sommes très proches d'obtenir un accord", a dit le président américain, joint par téléphone. A la question de savoir s'il restait des désaccords entre les deux pays ennemis, le président américain a répondu par la négative.
L'Iran avait auparavant déclaré la réouverture complète du détroit d'Ormuz pendant la durée du cessez-le-feu, au moment où la trêve entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban se met en place, suscitant un prudent espoir de paix au Moyen-Orient.
L'annonce de Téhéran a été saluée sur les marchés, entre chute des prix du pétrole et rebond des Bourses européennes, après cinq semaines de guerre dévastatrices pour l'économie mondiale.
"En lien avec le cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu", a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Pour autant, les navires militaires "restent interdits", selon la télévision d'Etat.
"Merci!", a immédiatement répondu le président américain dans une série de messages sur son réseau Truth social, affirmant unilatéralement que la République islamique s'était engagée à "ne plus jamais fermer" le détroit, par lequel transite en temps normal un cinquième des hydrocarbures de la planète.
Il a précisé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations. Le chef de la marine iranienne, l'amiral Shahram Irani, a cependant démenti tout impact: "nous ne sommes pas bloqués", a-t-il dit dans une vidéo publiée par l'agence Fars, assurant que "tous les jours, les navires respectant les règles (...) franchissent le détroit".
Autre désaccord levé selon Donald Trump, l'uranium hautement enrichi, que l'Iran aurait accepté de céder. Des propos tenus jeudi et depuis non confirmés par le gouvernement iranien, qui a toujours démenti vouloir se doter de la bombe atomique.
- "Ca suffit!!!" -
C'est en tout cas la première fois depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février, que les armes se taisent sur l'ensemble des fronts de la guerre.
De nombreux déplacés en profitaient vendredi pour regagner leurs foyers au Liban, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, ignorant les avertissements du gouvernement israélien.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de 10 km de profondeur depuis la frontière.
Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban", a-t-il lancé. "Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit!!!"
L'agence de presse nationale libanaise a toutefois fait état d'un mort dans une frappe israélienne dans le sud du pays. Israël n'avait pas réagi dans l'immédiat.
- Vers "un accord permanent" -
La cessation des hostilités a débuté à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.
Vendredi, l'autoroute du sud s'est remplie d'une longue file de voitures, les toits chargés de matelas et de meubles.
"Notre sentiment est indescriptible, un sentiment de fierté et de victoire", lance Amani Aatrash, 37 ans, sur la route du retour. "Aucun soldat israélien ne doit rester sur notre terre, ils doivent se retirer et nous pourrons vivre en paix".
Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.
Jusqu'aux derniers instants avant l'entrée en vigueur de la trêve, des frappes ont eu lieu de part et d'autre.
Au moins 13 personnes ont été tuées, 35 blessées et 15 étaient portées disparues après des bombardements israéliens sur Tyr, quelques minutes avant la fin des combats, selon la municipalité.
Le Hezbollah, qui a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".
burx-dla-anb/hme
A.Gasser--BTB