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L'Iran menace de refermer le détroit d'Ormuz si le blocus américain se poursuit
L'Iran a menacé samedi de refermer le détroit stratégique d'Ormuz si les Etats-Unis maintenaient leur blocus des ports iraniens, après avoir annoncé la veille sa réouverture complète pour les navires commerciaux.
La reprise du trafic dans le détroit a été saluée par les marchés et à Washington, le président américain Donald Trump déclarant à l'AFP qu'un accord de paix était "très proche" et affirmant que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations.
"On va aller le chercher, on va le rapporter aux Etats-Unis sous peu", a affirmé le républicain à l'occasion d'un rassemblement du mouvement conservateur Turning Point USA à Phoenix, en Arizona.
Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ses stocks d'uranium hautement enrichi, et a averti que le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, pourrait de nouveau être fermé.
"Si le blocus se poursuit, le détroit d'Ormuz ne restera pas ouvert", a affirmé le président du parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, sur X.
Il a ajouté que le franchissement du détroit par les navires devra de toutes manières s'effectuer avec "l'autorisation de l'Iran".
- Chute du pétrole -
L'annonce vendredi par l'Iran de la réouverture complète du détroit aux navires commerciaux pendant la durée du cessez-le-feu, au moment où la trêve entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban se met en place, a suscité un prudent espoir de paix au Moyen-Orient.
Elle a entraîné une chute des prix du pétrole et un rebond des Bourses européennes et américaines, après cinq semaines de guerre dévastatrices pour l'économie mondiale.
"Merci!", a immédiatement lancé Donald Trump dans une série de messages sur sa plateforme Truth Social, précisant que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations.
Celles-ci se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de pourparlers entre Téhéran et Washington, après la première à Islamabad le week-end dernier.
- "Ca suffit !!!" -
C'est la première fois depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février, que les armes se taisent sur l'ensemble des fronts de la guerre.
Au Liban, de nombreux déplacés en profitaient vendredi pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastions du mouvement pro-Iranien Hezbollah, ignorant les avertissements du gouvernement israélien.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.
Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a-t-il martelé.
L'agence de presse nationale libanaise a toutefois fait état d'un mort dans une frappe israélienne dans le sud du pays. Israël n'a pas réagi immédiatement.
- Vers "un accord permanent" -
La cessation des hostilités a débuté vendredi à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.
Vendredi, l'autoroute du sud s'est remplie d'une longue file de voitures, les toits chargés de matelas et de meubles.
Sur la route du retour, Amani Aatrash, 37 ans, exprime "un sentiment de fierté et de victoire". "Aucun soldat israélien ne doit rester sur notre terre, ils doivent se retirer et nous pourrons vivre en paix."
Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.
Jusqu'aux derniers instants avant l'entrée en vigueur de la trêve, des frappes ont eu lieu de part et d'autre.
Au moins 13 personnes ont été tuées, 35 blessées et 15 étaient portées disparues après des bombardements israéliens sur Tyr, selon la municipalité.
Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".
burx-dla-anb-es/hme/ph/roc
R.Adler--BTB