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Les Bulgares votent pour la huitième fois en cinq ans, l’ex-président Radev favori
Pour la huitième fois en cinq ans, les Bulgares votent dimanche afin d'élire leurs députés, partagés entre lassitude et l'espoir de voir l'ex‑président Roumen Radev, devenu favori, former le prochain gouvernement pour s'attaquer, comme il le promet, à la corruption.
Le pays balkanique, le plus pauvre de l'Union européenne (UE), traverse une crise politique depuis 2021, de vastes manifestations anticorruption ayant provoqué la chute du conservateur Boïko Borissov, au pouvoir pendant près de 10 ans.
Depuis, de fragiles coalitions se sont succédé et M. Radev, 62 ans, a promis de démanteler "le modèle oligarchique de gouvernance", soutenant ouvertement les manifestants fin 2025.
A la tête de l'Etat entre 2017 et 2026, cet homme à l'allure austère a démissionné en janvier pour se présenter aux législatives.
Il est favorable à la réouverture du dialogue avec la Russie, suscitant des accusations d'accointance avec Vladimir Poutine.
Critique de la politique énergétique de l'UE, cet ancien général de l'armée de l'air a dit partager, sur l'envoi d'armes à l'Ukraine, les positions de la Hongrie et la Slovaquie, estimant "ne pas voir l'intérêt pour son pays, pauvre, de payer ".
Mais sans "imposer de veto" à Bruxelles, a-t-il tenu à préciser vendredi sur la chaîne bTV, conscient des avantages retirés par l'appartenance de son pays de 6,5 millions d'habitants au bloc depuis 2007.
Dans ce nouveau scrutin, "Bulgarie progressiste", sa formation de centre-gauche, est créditée d'environ 35% des intentions de vote, loin devant le GERB de Boïko Borissov (20%), tandis que les libéraux proeuropéens de PP-DB s'arrogent la troisième place.
Boryana Dimitrova, de l'institut de sondage Alpha Research, constate que l'écart s'est creusé à mesure que les élections approchent et dit s'attendre "à une participation plus élevée qu'en 2024", en raison de l'espoir de changement apporté par M. Radev.
- "Alternative" -
Jeudi soir, lors d'un meeting devant plus de 10.000 personnes à Sofia, Roumen Radev a appelé à "resserrer les rangs" et présenté sa formation comme "une alternative à ce cartel pervers des vieux partis".
Il a affirmé qu'il ne formerait pas de majorité avec le parti représentant les minorités turque et rom de l'influent Delyan Peevski, sanctionné par les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour corruption, disant viser la majorité absolue au parlement de 240 sièges.
Il ne veut pas gouverner non plus avec le GERB, "parce qu'il est en désaccord sur la corruption".
Il ne ferme pas totalement la porte au PP-DB, mais ne partage pas sa vision "des enjeux géopolitiques", souligne Mme Dimitrova.
Tout dépendra donc du nombre de partis qui franchiront la barre des 4% pour rentrer au parlement.
"Radev veut que la Bulgarie ait un avenir", explique à l'AFP Lazar Lazarov, 28 ans, venu l'écouter avec des amis.
"Il a fait ses preuves comme président. C'est celui qui est le plus acceptable pour l'UE, les Etats-Unis, la Russie et même pour la Chine", ajoute ce professeur de philosophie.
Boïko Borissov, 65 ans, dénie à son adversaire le statut d'"homme nouveau" et dit refuser de se voir accoler l'étiquette du "statu quo", lors d'un meeting mercredi soir.
"Le GERB a réalisé les rêves des années 1990": rejoindre "la zone euro et Schengen", a vanté l'ex-pompier et garde du corps, devenu maire de Sofia en 2005.
Le manque de confiance dans le processus électoral pourrait peser sur la participation — tombée à 39% lors du scrutin d'octobre 2024.
Au cours des dernières semaines, la police a intensifié ses opérations et saisi plus d'un million d'euros, selon les autorités, destinés à inciter des électeurs à voter pour tel ou tel parti.
Des centaines de personnes ont été interpellées, dont des conseillers municipaux et des maires.
Les différentes formations ont appelé les Bulgares à se rendre massivement aux urnes pour limiter le poids de ces votes achetés.
Les bureaux de vote ouvrent à 7h00 heure locale (04H00 GMT), et ferment à 20h00. Les premières estimations sorties des urnes sont attendues immédiatement après.
Y.Bouchard--BTB