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Dans l'Allier, Macron expose "la méthode Notre-Dame" pour accélérer "150 cathédrales industrielles"
En mode "Notre-Dame" pour rehausser la cadence: Emmanuel Macron a exposé mercredi la méthode de l'Etat pour accélérer l'aboutissement de "150 cathédrales industrielles", des projets jugés stratégiques, à l'occasion d'un déplacement dans l'Allier.
Au milieu d'une actualité internationale chargée, le chef de l'Etat a présidé le traditionnel Conseil des ministres depuis Montluçon.
"Il faut que j'aille à la mine!", a-t-il ensuite lancé après un bain de foule.
Il s'est en effet rendu dans la foulée à Échassières pour inaugurer la mine de lithium de l'entreprise Imerys. Un vaste projet assis sur un des principaux gisements mondiaux de minerai de lithium qui devrait permettre, à partir de 2030, de produire 34.000 tonnes par an d'hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700.000 voitures électriques.
"C'est exactement le sens de l'histoire industrielle que nous devons faire", a affirmé Emmanuel Macron au milieu de la carrière, défendant longuement la "cohérence de cette décennie", qu'il aura passé à l'Elysée en termes politique en faveur de la "souveraineté" et d'une réduction des dépendances stratégiques européennes.
Ce projet baptisé "Emili" figure parmi les 150 "grands projets stratégiques" (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l'Etat et des collectivités territoriales, initiative annoncée en novembre par le président lors du premier sommet "Choose France Edition France" et formellement lancée en janvier.
- "Décret contentieux" -
Portés pour moitié par des PME et des ETI, ces 150 projets sont répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d'euros d'investissement cumulé, et couvrent "l'ensemble du spectre industriel stratégique", selon l'Elysée: agroalimentaire, centre de données, biocarburants, batteries, santé, aéronautique, défense...
Pour les accélérer, "c'est la méthode Notre-Dame de Paris", a plaidé Emmanuel Macron: "un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte et des délais record qu'on doit tenir".
La reconstruction de la vénérable cathédrale de Paris tient lieu d'exemple à suivre en matière de simplification et d'accélération des procédures, tout comme les Jeux olympiques de 2024 qui avaient été précédés de loi de simplification.
"Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame" et qui "parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou à faire un poulailler", à part "une forme d'à-quoi-bonisme", s'est exclamé le président comme il l'avait fait en recevant des maires le 16 avril à l'Elysée.
Il s'agira donc à ses yeux de "150 cathédrales industrielles", et d'un "combat jumeau" en faveur de projets agricoles.
Concrètement, le gouvernement compte avancer tambour battant grâce à la loi de "simplification" adoptée la semaine dernière au Parlement, mais aussi grâce à un "décret contentieux" pour les "projets stratégiques" pris ce mercredi, a détaillé le chef de l'Etat.
Pour échapper à des recours qui "freinent" les chantiers, les contentieux seront "unifiés" au niveau de la Cour administrative d'appel", ce qui est censé faire gagner "un an" sur les délais, a-t-il expliqué.
Deuxième point, la mise au point de "dispositifs clés-en-main" pour identifier et fournir du "foncier économique" prêt à l'emploi aux PME et aux entreprises de taille intermédiaires qui veulent s'installer ou s'étendre.
Enfin, Emmanuel Macron, dont le bilan écologique est souvent jugé en demi-teinte, a aussi dit vouloir "simplifier les évaluations environnementales", en remettant "du bon sens" pour "réduire massivement les délais". "Non pas pour réduire l'exigence environnementale, mais simplement pour acter le fait qu'on a beaucoup de procédures", a-t-il assuré, confiant une mission en ce sens au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
"Dans un souci de sobriété", a fait valoir la présidence, seuls les ministres concernés par la séquence ont accompagné le chef de l'Etat et Sébastien Lecornu, à savoir Laurent Nuñez (Intérieur), Roland Lescure (Economie), Annie Genevard (Agriculture), Françoise Gatel (Aménagement du territoire), Sébastien Martin (Industrie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique). Le reste du gouvernement a participé au conseil en visioconférence depuis l'Elysée.
E.Schubert--BTB