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L'OMS ouvre son Assemblée annuelle sur fond d'hantavirus et d'Ebola
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ouvre lundi son Assemblée annuelle, avec au programme un traité pandémique et les retraits américain et argentin, alors que le monde surveille des foyers d'hantavirus et d'Ebola.
Les récentes résurgences d'hantavirus et d'Ebola, absentes de l'ordre du jour, devraient s'inviter dans les discussions de cette 79e Assemblée, qui se tient jusqu'à samedi à Genève.
Il sera notamment "intéressant de voir" comment l'hantavirus "sera utilisé notamment par l'OMS pour faire pression" sur les Etats qui souhaitent quitter l'organisation, afin qu'ils restent, confiait récemment à l'AFP un diplomate, sous couvert d'anonymat.
L'Assemblée mondiale de la santé (AMS) intervient après une année difficile pour l'OMS, fragilisée par la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'organisation et par la baisse des contributions internationales qui l'a contrainte à réduire budget et effectifs.
"Nous sommes désormais stables et nous allons de l'avant", déclarait fin avril le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"La situation reste fragile, mais ils ont réussi à mobiliser la majeure partie des fonds" nécessaires pour les deux prochaines années, a souligné à l'AFP Surie Moon, codirectrice du Centre de santé mondiale de l'Institut universitaire de hautes études internationales de Genève.
Selon elle, la crise liée à l'hantavirus illustre clairement "pourquoi le monde a besoin d'une OMS efficace, digne de confiance, impartiale et dotée d'un financement sûr".
- Retraits américain et argentin -
Des fractures persistent toutefois, notamment sur des enjeux géopolitiques et sociétaux, alimentant la polarisation. Ces divergences ont bloqué début mai un volet clé du traité sur les pandémies, dont les négociations pourraient être prolongées d'un an cette semaine.
En janvier, aucune décision n'a été prise par le Conseil exécutif de l'OMS sur la demande de retrait des Etats-Unis, qui ne sont pas à jour dans le versement des contributions obligatoires à l'organisation, condition indispensable pour leur retrait.
"On peut penser que cette semaine également, il n'y aura pas de décision sur les Etats-Unis", selon une autre source diplomatique.
D'après plusieurs observateurs, attirer davantage l'attention sur ce sujet ne servirait les intérêts de personne. Aussi, aucune résolution n'est prévue pour décider du sort des Etats-Unis, qui considèrent de toute façon avoir quitté l'OMS en janvier dernier.
Les Etats devront en revanche se prononcer sur la demande de retrait argentin car ce pays, soutenu par Israël, avait déposé une résolution.
- Campagne électorale -
Cette Assemblée se tient alors que le processus d'élection du prochain chef de l'OMS, lancé en avril, est en cours. Aucun candidat ne s'est encore déclaré, mais des annonces sont possibles cette semaine avant la clôture des candidatures le 24 septembre.
Par ailleurs, plusieurs résolutions sensibles, notamment sur l'Ukraine, les territoires palestiniens et l'Iran, devraient susciter de vifs débats.
L'élection des nouveaux membres du Conseil exécutif de l'OMS pourrait de son côté donner lieu à un possible face-à-face entre le Royaume-Uni et la Russie.
La réforme de l'"architecture de la santé mondiale", un secteur très fragmenté avec une multitude d'organisations qui ne travaillent pas toujours ensemble, sera également au cœur des discussions de l'Assemblée, où les Etats membres devront se prononcer sur la mise en place d'un processus formel en ce sens.
"Parmi les questions à examiner figure la répartition des responsabilités entre les niveaux mondial, régional et national", pour éviter les "chevauchements", a expliqué à l'AFP Helen Clark, qui copréside le groupe d'experts indépendants pour la préparation et la réponse aux pandémies.
"Cette crise qu'on vit actuellement, avec le départ d'acteurs importants, permet aussi à une organisation comme l'OMS de regarder à nouveau sa stratégie avec ses membres", a estimé la ministre canadienne de la Santé Marjorie Michel, dans un entretien avec l'AFP.
"Il faut vraiment qu'on aille vers de nouvelles façons de faire, des nouvelles façons de penser, de nouvelles façons de s'organiser et de profiter de l'expertise de chacun", a-t-elle poursuivi.
Il s'agit aussi d'éviter que certains sujets jugés controversés, notamment depuis le retour de Donald Trump, soient sacrifiés dans un contexte de recul de l'aide internationale. L'objectif, dans ce contexte, est "de s'assurer d'une meilleure coordination des acteurs en santé, afin qu'il n'y ait pas d'activités ou populations laissées pour compte", relève une autre source diplomatique.
Dans le cadre de son processus de priorisation, l'OMS a ainsi déjà "réduit certaines de ses activités, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive", indique Thiru Balasubramaniam, de l'ONG américaine Knowledge Ecology International (KEI), à l'AFP.
M.Odermatt--BTB