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L'Iran et les Etats-Unis s'affrontent dans le Golfe, un mort et 63 blessés au Koweït
Les Etats-Unis et l'Iran se sont attaqués mutuellement dans la nuit de mardi à mercredi, chacun accusant l'autre de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile, avec un premier mort dans le Golfe depuis la fin des hostilités.
Le trafic a été suspendu quelques heures à l'aéroport du Koweït après une "agression criminelle de l'Iran", selon l'armée du petit pays. Plusieurs attaques aux drones ont touché un terminal et tué une personne, ont indiqué les autorités, faisant aussi état de 63 blessés, avec notamment des hémorragies cérébrales et des amputations.
Le Koweït, qui abrite des bases américaines, avait été régulièrement touché par l'Iran en représailles à l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, comme la plupart de ses voisins du Golfe.
Après le cessez-le-feu du 8 avril entre les Etats-Unis et l'Iran, les affrontements ont quasiment cessé à quelques rares exceptions. Ils ont cependant repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
Cette nuit encore, l'Iran a lancé selon le commandement américain pour la région (Centcom) plusieurs missiles vers le Koweït et Bahreïn.
L'armée américaine a mené en réponse des "frappes de défense" sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, touchant une tour de communication selon Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution ont eux déclaré avoir riposté en représailles de cette attaque et de celle d'un pétrolier iranien en ciblant un navire lié à Israël et aux Etats-Unis, une base aérienne au Koweït ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn.
- "Déluge de drones" -
Quant à Bahreïn et au Koweït, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes, leur a lancé la diplomatie iranienne, les accusant d'autoriser les Etats-Unis à utiliser leur territoire "pour mener des actions agressives contre l'Iran" - la rhétorique habituelle quand le conflit battait son plein.
"A chaque tir et à chaque agression répondra un déluge de missiles et de drones", a menacé le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï.
Sur le plan diplomatique, le flou demeure: des médias iraniens assuraient lundi que Téhéran avait suspendu les pourparlers indirects avec les Etats-Unis à cause de l'offensive israélienne au Liban - Washington veut traiter les deux dossiers séparément mais Téhéran refuse.
Donald Trump a démenti, assurant que les discussions se poursuivaient "sans interruption". Il "aimerait rencontrer" le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, a-t-il dit au New York Post, le jugeant réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran même s'il n'est pas apparu en public depuis sa nomination en mars.
Un accord ne semble toutefois pas se rapprocher. Le président américain a, selon des informations de presse, durci ses demandes, insistant sur une reprise des négociations sur le nucléaire.
L'Iran veut lui traiter ce dossier plus tard. Et considère qu'un cessez-le-feu au Liban est une "condition essentielle" à tout accord. Les Gardiens iraniens ont menacé d'ouvrir "de nouveaux fronts" en représailles aux frappes de l'armée israélienne dans le pays, où elle avance comme jamais depuis près de 30 ans dans l'objectif affiché d'"éliminer" le Hezbollah soutenu par l'Iran.
- "Dès demain" -
La veille, cinq personnes ont été tuées dont un enfant, et 48 blessées dont du personnel médical, notamment après un bombardement ayant touché l'hôpital public de Tebnine.
Le maire et un officier de l'armée libanaise se sont rendus dans le quartier chrétien de la ville millénaire de Tyr, sur la côte, pour rassurer les habitants après une annonce par l'armée israélienne qu'elle pourrait y envisager des frappes car des combattants du Hezbollah s'y "cachaient".
Des frappes à proximité y ont fait au moins six morts mercredi, selon une source médicale à l'AFP.
Israël et le Liban pourraient conclure un accord de paix "dès demain" sans l'obstacle que représente le Hezbollah, opposé aux négociations, a soutenu mardi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de cette quatrième session de négociations depuis le début de la guerre le 2 mars.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, répète lui que les discussions avec Israël restent "l'option la moins coûteuse pour le Liban".
Le conflit a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.
G.Schulte--BTB