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Trump affirme que l'accord avec l'Iran sera signé "dans quelques heures" malgré le raid israélien sur Beyrouth
Donald Trump a affirmé dimanche que l'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "dans quelques heures", après que le processus a été retardé selon lui par l'attaque d'Israël sur Beyrouth, dénoncée par Téhéran.
L'Iran n'a pas confirmé à ce stade.
Sa plus haute instance de sécurité, le Conseil suprême de sécurité nationale, a toutefois averti sur X d'une réponse "imminente" au raid israélien, malgré un appel du président américain à la cessation de toute attaque.
Le raid israélien, qui a fait trois morts dans le banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien "a tout chamboulé", a déclaré le président américain au site Axios. "Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C'est désormais prévu dans quelques heures", a-t-il assuré.
Il avait promis la veille une signature dimanche, jour de ses 80 ans. Et selon lui, dès la signature, "le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS".
Auprès d'Axios, il a affirmé avoir réprimandé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu: "j'étais furieux. Il n'a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir".
"L'attaque de ce matin (...) n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier", avait-il écrit plus tôt sur son réseau Truth Social.
"Nous sommes très proches d'un accord qui apportera la paix dans la région, y compris au Liban, et toutes les parties devraient faire preuve de retenue", sans "attaques israéliennes nulle part au Liban" ni "d'aucune autre partie" contre Israël, a-t-il ajouté. "Ne gâchons pas tout!"
Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, a lui aussi condamné les frappes israéliennes, exhortant "toutes les parties" à "un maximum de retenue en ce moment crucial".
Israël, qui redoute un compromis ne satisfaisant pas ses exigences concernant son ennemi juré iranien, a indiqué avoir riposté à des attaques de drones du Hezbollah sur son territoire.
L'Iran avait prévenu Israël que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge. Son principal négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, a reproché aux Américains de n'avoir "soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit pas la capacité de le faire".
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a toutefois assuré que le Conseil suprême soutenait la "voie du dialogue" avec les Etats-Unis.
Citant une source proche des négociateurs avant la publication d'Axios, l'agence de presse Fars, réputée proche des conservateurs, a de son côté exclu un signature "dans le délai annoncé par Trump".
- Les médiateurs qataris à Téhéran -
Le président américain a déjà annoncé de nombreuses fois un accord imminent, sans effet.
Reste que les informations divergent encore sur ce possible accord initial, qui ouvrirait la voie à des négociations sur les détails techniques très contestés.
En attendant, une délégation du Qatar, pays participant aux efforts de médiation aux côtés du Pakistan, se trouvait dimanche à Téhéran selon les médias iraniens et un diplomate.
Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire, qui a aussi ébranlé l'économie mondiale, Donald Trump sera confronté dans les jours à venir aux dirigeants des grandes puissances lors du sommet du G7 en France.
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Washington et Téhéran cherchent un accord mais les négociations ont buté sur de nombreux points: programme nucléaire iranien, contrôle du détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, levée des sanctions visant Téhéran ou encore inclusion du Liban.
Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le texte discuté prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, contrôlé par Téhéran depuis le début de la guerre.
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié vendredi un texte présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, comprenant le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger, demande clé de l'Iran asphyxié par les sanctions.
- "Récupérer la poussière nucléaire" -
Selon Donald Trump, les Iraniens - qui démentent vouloir se doter de l'arme atomique comme les en accusent les Etats-Unis et Israël - "ne veulent plus d'arme nucléaire".
Les Etats-Unis iront "quand tout sera calme (...) récupérer la poussière nucléaire" afin de la diluer et la détruire "en Iran ou aux Etats-Unis", a-t-il ajouté samedi.
Concernant le Liban, Washington a confirmé qu'il serait finalement bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.
F.Pavlenko--BTB