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A peine signé, l'accord américano-iranien menacé par des violences meurtrières au Liban
Une flambée de violences meurtrières au Liban fait vaciller vendredi le protocole d'accord à peine signé entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, et déjà fragilisé par le report des négociations prévues en Suisse.
Dans le sud du Liban, des frappes israéliennes ont fait 21 morts et 33 blessés selon Beyrouth, tandis que l'armée israélienne a fait état de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.
Il s'agit du bilan le plus lourd depuis l'annonce de la conclusion de l'accord lundi, qui prévoit un cessez-le-feu "sur tous les fronts, y compris au Liban" - un point sur lequel Téhéran, allié du mouvement islamiste libanais Hezbollah, avait insisté.
- "Guerre permanente" -
"Tout le Liban doit brûler", a menacé de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, qui avait exprimé ses réticences face à l'accord. En réaction à ces propos, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé Israël de vouloir "la guerre permanente".
L'armée israélienne a affirmé avoir frappé "plus de 80 cibles" et tué "des dizaines" de membres du Hezbollah.
Le groupe chiite a lui tancé "le mépris israélien pour le cessez-le-feu" et dénoncé "des massacres de civils". Ses combattants "défendront leur terre et leur peuple avec un grand courage et un esprit de sacrifice", a-t-il assuré.
Sur le terrain, de nombreux habitants ont fui le sud du pays après les raids aériens. Des centaines de voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Nous étions chez nous quand, soudain, les bombardements ont commencé. Ils n'ont épargné aucune ville, aucune maison", raconte Zeinab Nasser, 69 ans, bloquée avec son mari dans des embouteillages à Saïda. "Les avions militaires israéliens ne quittent jamais le ciel. Nous espérons que ce poison (Israël, NDLR) quittera notre pays pour que nous puissions vivre".
- Report sine die -
Parallèlement, le gouvernement suisse a annoncé le report sine die des négociations prévues vendredi dans le pays entre Téhéran et Washington, censées lancer le processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire.
"La situation reste précaire", analyse une source diplomatique émiratie, évoquant "deux facteurs susceptibles de faire capoter l'accord": Israël et certaines voix conservatrices en Iran.
La semaine avait pourtant démarré sur une note optimiste, avec l'annonce d'un accord-cadre pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.
Ce protocole a été signé électroniquement et à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi dans un message écrit l'avoir approuvé malgré des réserves.
"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné l'ayatollah, qui n'a pas été vu en public depuis qu'il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué dans les bombardements israélo-américains sur l'Iran.
- 25 navires franchissent Ormuz -
"Les opérations de déminage se poursuivent", précise-t-elle, appelant les armateurs à "faire preuve de prudence".
Le détroit avait été verrouillé depuis le début de la guerre par l'Iran, ce qui avait provoqué en représailles un blocus des ports iraniens par les Etats Unis.
L'autorité maritime iranienne responsable de sa gestion exige cependent que tous les bateaux souhaitant franchir cette voie stratégique soumettent "48 heures à l'avance" une demande de transit.
Conformément aux termes du protocole, aucun frais ne sera perçu pendant une période de 60 jours, a rappelé Téhéran.
Reflet d'un regain des craintes, la baisse des prix du pétrole a fortement ralenti vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, oscillant autour des 80 dollars.
burx-tq-apz/anb
S.Keller--BTB