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Présidentielle en Colombie: le candidat de droite pro-Trump prend l'avantage selon des résultats préliminaires
L'avocat antisystème adepte de la manière forte, Abelardo de la Espriella, prend dimanche l'avantage face au candidat de gauche Ivan Cepeda à l'issue du second tour de la présidentielle en Colombie, selon des résultats préliminaires.
Vers 22H00 GMT, l'homme d'affaires pro-Trump recueille 50,1% des voix contre 48,3% pour son rival de gauche, allié du président sortant Gustavo Petro, selon un décompte préliminaire communiqué par l'organisme chargé d'organiser l'élection, alors que près de 90% des bureaux de vote ont transmis leurs résultats.
Quelque 41 millions d'électeurs étaient appelés à se rendre aux urnes pour ce scrutin décisif face à la résurgence de la violence des groupes armés.
Le millionnaire Abelardo de la Espriella, un novice en politique de 47 ans soutenu par le président américain Donald Trump, se présente en "outsider" et en patriote.
Celui qui se fait appeler "Le Tigre" a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas et la gauche, au pouvoir pour la première fois avec le président sortant Gustavo Petro.
Face à lui, le sénateur Ivan Cepeda, 63 ans, bénéficie de la popularité de son allié Gustavo Petro, notamment parmi les classes populaires reconnaissantes pour la réduction de la pauvreté et les salaires plus élevés dans l'un des pays les plus inégalitaires au monde.
Philosophe et défenseur des droits humains, un temps donné favori du scrutin, M. Cepeda a été devancé par son rival de droite dure lors du premier tour.
En allant voter dans une école d'un quartier populaire de Bogota, il a promis qu'il gouvernerait "pour l'ensemble du pays".
La présidentielle a lieu dans un contexte tendu. La Colombie connaît une flambée de violence inédite depuis dix ans et la signature en 2016 de l'accord de paix avec la guérilla des Farc, avec des dirigeants communautaires menacés voire tués, des attentats à la bombe contre des civils et un prétendant à la présidence assassiné.
"Quoi qu'il arrive, il y aura du mécontentement parce que le pays est polarisé, divisé", a estimé auprès de l'AFP Leonor Barreda, retraitée de 71 ans, dans un quartier populaire de Bogota.
- "Le pire des scénarios" -
Abelardo de la Espriella incarne le rejet de la figure de Gustavo Petro, que la Constitution empêche de briguer un second mandat, et une ligne dure face au crime organisé dans un pays qui est le premier producteur de cocaïne au monde.
Ivan Cepeda, fils d'un homme politique communiste assassiné par des policiers avec l'aide de paramilitaires, est de son côté un ardent défenseur des victimes du conflit armé colombien, vieux de six décennies.
Il a été l'un des artisans de la stratégie de "paix totale" du gouvernement Petro, qui a produit de maigres résultats. Dans un entretien à l'AFP, il s'est dit prêt à y apporter des changements.
Le progressiste promet également d'approfondir les réformes sociales.
Pour le sympathisant Andrés Julio Meza, ommerçant de 54 ans à Bogota, "une victoire de la droite serait le pire des scénarios".
- "Solutions choc" -
Admirateur des présidents salvadorien Nayib Bukele, argentin Javier Milei et américain Donald Trump, le candidat de la droite dure promet de faire construire des méga-prisons où les détenus seraient nourris "de pain et d'eau", de bombarder les camps de narcotrafiquants avec le soutien des Etats-Unis et d'Israël et de réduire de 40% l'appareil d'Etat.
Critiqué pour ses déclarations misogynes et homophobes et pour avoir défendu des paramilitaires et trafiquants de drogue, Abelardo de la Espriella défend également le port d'armes et l'essor de la fracturation hydraulique.
A Barranquilla, Nel Bolaño assure que son candidat est celui du "changement". "Il y a de nombreux groupes armés qui sont en train de prendre le contrôle du pays à travers l'extorsion, il n'y a pas de sécurité dans les villes", déplore cet ingénieur de 55 ans.
Les relations avec Washington, allié historique de Bogota, sont un autre marqueur de la campagne.
A l'heure où de nombreux pays latino-américains ont viré à droite, Ivan Cepeda a prévenu que son pays ne se transformerait pas en "colonie" des Etats-Unis.
F.Pavlenko--BTB