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Les Etats-Unis affirment que les négociations avec l'Iran vont se poursuivre toute la nuit
Les Etats-Unis ont affirmé que les négociations avec l'Iran allaient se poursuivre durant "toute la nuit" de dimanche à lundi en Suisse, malgré un coup de colère des délégués iraniens qui ont quitté la table des pourparlers pour protester contre un message de Donald Trump jugé "insultant".
"La délégation iranienne se trouve toujours sur le lieu des négociations et la délégation américaine prévoit de poursuivre les travaux toute la nuit", a déclaré aux premières heures de lundi un diplomate américain prenant part aux négociations à Bürgenstock, dans un hôtel de luxe des Alpes suisses.
Plus tôt, l'agence gouvernementale iranienne Irna avait annoncé que la délégation iranienne avait "quitté le bâtiment où se déroulaient les négociations", entrées "dans une phase difficile après 80 minutes de discussions et une interruption, à la suite de la publication d'un message insultant du président des Etats-Unis".
Malgré cela, les négociations, fragilisées par les hostilités au Liban, se poursuivent via les médiateurs qatari et pakistanais et les Iraniens restent "engagés" dans le processus, avait précisé un diplomate proche des négociations.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain avait enjoint Téhéran d'empêcher ses alliés au Liban, en référence au Hezbollah, de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes.
Les discussions doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Selon les termes du protocole d'accord américano-iranien signé mercredi dernier, les deux parties doivent "se garder de menacer d'avoir recours à la force l'une contre l'autre".
- "Nouvelle page" -
La délégation américaine est emmenée par le vice-président JD Vance, qui a prévenu qu'il pourrait ne rester "qu'un jour ou deux en Suisse", où se trouvent également l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
M. Vance a qualifié ces négociations "d'historiques" et espéré qu'elles permettent "de tourner une nouvelle page afin de transformer notre relation avec le peuple iranien".
Mais les différends sont nombreux, notamment sur le programme nucléaire iranien, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies.
Selon la télévision d'Etat iranienne, il n'en a pas été question pendant la première session de discussion. Cette même source a affirmé que la délégation iranienne avait refusé de poser pour une photographie avec les représentants américains.
Les discussions s'ouvrent aussi à l'ombre des affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui se sont poursuivis vendredi et samedi au Liban, en dépit d'une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et après la nouvelle fermeture, en représailles, du détroit d'Ormuz annoncée samedi par Téhéran.
Des frappes de l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, ont fait au moins 30 morts samedi.
Aucun accord avec les Etats-Unis n'est possible sans cessation des hostilités au Liban, a averti le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
- "Aussi longtemps que nécessaire" -
L'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.
Plus optimiste, M. Vance a assuré dimanche avoir constaté que "des progrès considérables" avaient été réalisés ces derniers jours "pour faire en sorte que le cessez-le-feu tienne au Liban".
Depuis samedi, "une trêve fragile est en vigueur", a relevé M. Baghaï, alors que les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.106 morts depuis début mars, selon Beyrouth, et que l'armée israélienne y a recensé 36 militaires tués.
Possible signe de détente, Israël a annoncé la levée, à partir de lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban.
burx-tq-roc/tmt
Y.Bouchard--BTB