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Keir Starmer, anatomie d'une chute en cinq dossiers clés
Bien qu'arrivé au pouvoir avec une large majorité en juillet 2024, Keir Starmer a rapidement vu sa popularité décliner et perdu des soutiens au sein du Labour.
Voici cinq dossiers clés qui ont sapé son mandat.
- Coupes sociales et hausses d'impôts
Keir Starmer, qui s'était engagé à réduire le poids budgétaire des aides sociales, a dès le départ réduit certaines subventions - à commencer par une allocation chauffage pour 10 millions de retraités.
Face au tollé qui a suivi, notamment à la gauche du Labour, il a rétabli une partie de ces aides en mai 2025 - un des nombreux revirements pour lesquels il a été raillé.
Autre mesure impopulaire: alors que le Labour avait promis de ne pas augmenter la plupart des impôts, la ministre des Finances Rachel Reeves a dès son premier budget annoncé une augmentation de certaines taxes, dont la National Insurance, forme d'impôt sur les salaires.
Dans ce contexte, les améliorations apportées au service national de santé, le NHS, éreinté par des années d'austérité, sont passées presque inaperçues.
- Affaire Mandelson
La nomination en décembre 2024 de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, puis son limogeage en septembre 2025 en raison de ses liens avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein, n'a cessé d'empoisonner le Premier ministre.
Face à ce scandale, Peter Mandelson est placé sous enquête judiciaire et le chef de cabinet de Keir Starmer démissionne en février, suivi en avril par Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.
Starmer se défend en affirmant que Mandelson avait menti sur l'étroitesse de ses liens avec Epstein. Puis en disant ne pas avoir été informé que le ministère des Affaires étrangères lui avait accordé une habilitation de sécurité malgré un avis défavorable du service concerné. Sans convaincre.
- Montée de Reform UK
Dès le printemps 2025, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, qui ne cesse de dénoncer l'incapacité du gouvernement à réduire les arrivées de migrants via la Manche, passe en tête des sondages nationaux.
Le gouvernement Starmer durcit sa politique d'asile et les conditions de résidence permanente, mais les arrivées dépassent encore les 41.000 en 2025, juste derrière le record de 45.774 enregistré en 2022, selon le ministère de l'Intérieur. La première moitié de 2026 montre cependant une baisse.
Lors des élections locales du 7 mai, Reform UK arrive en tête avec près de 1.500 sièges conquis, et presque autant de perdus pour le Labour. Les appels à la démission au sein du parti s'intensifient, le ministre de la Santé Wes Streeting démissionne pour pouvoir le concurrencer.
- "Incapable" sur la Défense
Le gouvernement Starmer n'a cessé de pointer la montée de la menace russe et de prôner une augmentation des dépenses de défense. Mais à ce jour il n'a toujours pas publié son plan d'investissement dans la défense, initialement prévu pour fin 2025.
Insatisfait des arbitrages budgétaires, le très respecté ministre de la Défense John Healey a annoncé le 11 juin sa démission, suivi par son secrétaire d'Etat aux Forces armées Al Carns.
"Vous avez été incapable, et le Trésor a refusé, de mobiliser les ressources dont la nation a besoin pour défendre le pays en cette période de menaces croissantes", a écrit M. Healey dans sa lettre de démission, qui a fragilisé plus encore M. Starmer.
- Brouille avec Trump
Au début du second mandat de Donald Trump à la Maison Blanche, Starmer avait semblé bénéficier d'une relation privilégiée avec l'imprévisible président américain, obtenant des droits de douane limités à 10%.
Mais leur relation se détériore avant de tourner au vinaigre avec le lancement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran fin février. Face aux réserves émises par le Starmer et son refus initial de laisser les forces américaines utiliser des bases militaires britanniques, Donald Trump voit rouge.
"Ce n'est pas à Winston Churchill que nous avons affaire", cingle-t-il début mars, avant d'obliger le gouvernement britannique à suspendre la validation d'un accord longuement négocié qui prévoyait le retour des îles Chagos - siège de la base américano-britannique de Diego Garcia - à l'île Maurice.
Ultime humiliation: Donald Trump a annoncé dimanche, sur son réseau TruthSocial, la démission de Keir Starmer, qui ne l'a confirmée que lundi.
C.Kovalenko--BTB