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L'Iran va inhumer l'ayatollah Khamenei, épilogue de six jours de cérémonies
L'Iran va inhumer jeudi l'ayatollah Ali Khamenei, à l'issue de six jours qui auront vu la dépouille du guide suprême traverser de hauts lieux du chiisme dans le pays et l'Irak voisin, des cérémonies dont son fils et successeur a jusqu'ici été absent.
Tué le 28 février à l'âge de 86 ans dans une frappe aérienne au premier jour de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël, celui qui a dirigé la République islamique pendant près de 37 ans va être enterré à Machhad (nord-est), sa ville natale.
Selon l'agence officielle Irna, il sera inhumé en soirée au sein du mausolée de Reza, le plus important lieu de culte d'Iran. L'imam Reza est le seul des douze imams du chiisme à être enterré dans le pays.
De nombreuses personnalités ont été mises en terre au cours des siècles dans ce mausolée, parmi lesquelles plusieurs anciens rois iraniens mais aussi le président Ebrahim Raïssi, mort en 2024 dans un accident d'hélicoptère.
Le chef du bureau d'Ali Khamenei, Mohammad Mohammadi Golpayegani, avait déclaré à la télévision d'Etat que feu l'ayatollah avait lui-même souhaité être enterré à Machhad.
- Des millions de personnes attendues -
Cité par la télévision, le gouverneur de Machhad, Hassan Hosseini, a affirmé "s'attendre à ce que 15 millions de personnes", soit cinq fois la population de la ville, assistent aux funérailles. Le début de la cérémonie est prévu à 06h00 (02h30 GMT), selon un responsable local, cité par l'agence Fars.
Mercredi soir, à sept heures du début prévu des obsèques, des milliers de personnes étaient déjà réunies dans les rues de Machhad, brandissant des drapeaux iraniens et scandant pour certains "mort à l'Amérique", un cri de ralliement de longue date de la Révolution islamique.
En Irak, le cortège transportant le cercueil du dirigeant, enveloppé dans un drapeau iranien sur lequel son emblématique turban noir était posé, avait été accompagné d'immenses foules à Najaf et Kerbala, qui abritent les sanctuaires les plus sacrés de l'islam chiite.
L'étape irakienne a ponctué un hommage de plusieurs jours qui a rassemblé des millions de personnes et a été conçu comme une démonstration de force et d'unité de la part du pouvoir iranien, en plein regain de tensions avec les Etats-Unis.
Les hostilités ont repris dans la nuit de mardi et mercredi: le président américain Donald Trump a estimé que le cessez-le-feu conclu le 17 juin était "terminé".
Il a menacé de frapper "fort" le pays, après des échanges de frappes dans la foulée de tirs imputés à l'Iran contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. Huit militaires iraniens ont été tués dans le sud du pays, selon l'armée.
Les dépouilles des proches de l'ayatollah Khamenei, tués avec lui à Téhéran (une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois d'après les autorités), ont fait le voyage en Irak sans prendre part aux processions.
- Mojtaba Khamenei jusqu'ici absent -
Le président iranien Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi ont participé à l'hommage en Irak, comme le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.
Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père à la fonction de guide suprême, n'a en revanche pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars. Aucune déclaration en son nom n'a non plus été diffusée depuis que les obsèques ont commencé.
Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant de 56 ans ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués.
Les funérailles d'Ali Khamenei, élevé en martyr, sont comparables à celles de son prédécesseur en 1989, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, et ont vu des millions d'Iraniens envahir lundi les rues de la capitale puis mardi de la ville sainte de Qom.
Les obsèques, initialement prévues en mars, avaient été reportées en raison de la guerre. Le cercueil du défunt avait été exposé pendant deux jours samedi et dimanche à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale iranienne où Iraniens en deuil et dignitaires de la République islamique se sont succédé.
L.Janezki--BTB