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Le monde salue feu le sénateur Lindsey Graham, l'Iran le vilipende
Loué par Donald Trump et Benjamin Netanyahu, salué en Europe pour son soutien à l'Ukraine, l'influent sénateur américain Lindsey Graham, décédé soudainement à l'âge de 71 ans, a suscité lundi une réaction opposée de Téhéran.
Figure centrale du camp interventionniste à Washington, le sénateur de Caroline du Sud avait défendu la guerre en Irak, exhorté ces dernières années les administrations Biden puis Trump à soutenir le combat de Kiev face à l'invasion russe, et prôné de longue date une campagne militaire contre Téhéran.
L'actuel président américain a salué en Lindsey Graham "l'une des personnes et des sénateurs les plus grands" qu'il ait connus et a ordonné de mettre les drapeaux américains en berne à travers le pays jusqu'à samedi prochain.
L'Iran a lui qualifié Lindsey Graham de personne "malfaisante". Sa "philosophie de vie était l'agression et l'intimidation", a déclaré le porte-parole de la diplomatie Esmaïl Baghaï, tandis que plusieurs présentateurs de la télévision d'Etat se sont réjouis à l'antenne de ce décès.
Le bureau du sénateur avait annoncé dimanche, à 02H00 heure de Washington, son décès tard samedi soir "des suites d'une maladie brève et soudaine", évoquant ensuite une dissection aortique consécutive à une pathologie cardiaque comme cause.
Lindsey Graham avait tenté sans succès de briguer la présidence en 2016 et avait alors qualifié Donald Trump, victorieux cette année-là, d'individu "xénophobe, sectaire sur le plan religieux et attisant les tensions raciales". Il avait encore été critique du milliardaire républicain après l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021.
Mais le sénateur s'était depuis rallié à lui jusqu'à devenir un fidèle soutien, à l'image d'un Parti républicain à présent contrôlé étroitement par Donald Trump.
Le président a raconté dimanche matin l'avoir eu au téléphone la veille au soir, alors que le sénateur revenait d'un déplacement en Ukraine. "Il avait l'air un peu fatigué", a-t-il dit à NBC, mais "on pensait peut-être se rencontrer aujourd'hui."
"C'était peut-être son dernier coup de fil", a ajouté Donald Trump.
- Colonel -
Son décès affaiblit au moins temporairement la faible majorité républicaine au Sénat, déjà mise à mal par des inquiétudes autour de l'hospitalisation d'un autre sénateur influent, Mitch McConnell.
Les républicains détiennent une courte majorité de 53 sièges contre 47 et disposent d'une marge de manoeuvre réduite en cas d'absences ou de défections.
C'est au gouverneur de Caroline du Sud, un républicain, de nommer un remplaçant pour quelques mois. Lindsey Graham se représentait en novembre, et le parti doit maintenant désigner un nouveau candidat.
Elu pour la première fois à la Chambre des représentants des États-Unis en 1994, cet avocat militaire devenu colonel était entré au Sénat en 2002 et continuellement réélu depuis. Opposé à l'avortement, il a occupé à la chambre haute des postes très influents, comme président de la commission du budget.
Sa mémoire a été saluée par les anciens présidents Joe Biden, qui s'est dit "choqué", et George W. Bush, reconnaissant en lui un homme "qui comprenait (...) que l'engagement américain à l'étranger consiste à résister à la tyrannie."
- Un "très cher ami" -
Critique inlassable de la politique étrangère de Barack Obama, il l'avait qualifié de "faible adversaire du mal" en 2015 en raison de sa négociation d'un accord nucléaire avec l'Iran.
Avocat de longue date d'une intervention militaire contre la république islamique, grand défenseur d'un fort soutien américain à Israël, Lindsey Graham avait vu comme une grande victoire l'offensive des deux pays contre l'Iran fin février.
Benjamin Netanyahu a fait dimanche la tournée des télévisions américaines pour lui rendre hommage.
"Israël a perdu l'un des grands champions de l'alliance avec les Etats-Unis, et, franchement, j'ai perdu un très cher ami," a déclaré sur NBC le Premier ministre israélien, lui qui le connaissait depuis longtemps.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a elle salué le soutien "jusqu'au bout" du sénateur américain à l'Ukraine face à la Russie, estimant qu'il laisserait un "grand vide".
Il était ces derniers jours en Ukraine, sa 10e visite depuis le début de l'invasion russe, selon Volodymyr Zelensky, qu'il a rencontré vendredi. "Il était aux côtés de notre peuple lorsque c'était le plus nécessaire," a réagi le président ukrainien sur Facebook dimanche.
bur-ane-ial-ube/cha/tmt/roc/seb/ybl
J.Fankhauser--BTB