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Présidentielle en Zambie: le bilan économique du sortant "HH" à l'épreuve des urnes
Les Zambiens ont commencé jeudi à voter pour élire leur président, un scrutin où le sortant Hakainde Hichilema, fort du redressement économique du pays, brigue un second mandat face à un opposant qui se présente en défenseur des 70% d'habitants vivant avec moins de trois euros par jour.
Cette élection, pour laquelle les bureaux ont ouvert à 06H00 locales (04H00 GMT) et pour une durée de 12 heures, s'apparente à un nouveau test pour ce pays réputé stable d'Afrique australe et deuxième producteur de cuivre du continent.
Le président, arrivé au pouvoir après une transition démocratique pacifique en 2021, y est accusé d'avoir restreint l'espace politique ces dernières années.
Homme d'affaires avisé aux origines modestes, "HH", comme le surnomme la rue zambienne, avait remporté la présidentielle haut la main à sa sixième tentative, chassant du pouvoir son rival politique Edgar Lungu (2015-2021), décédé il y a un an.
Face à lui se dressent 13 candidats. Présenté comme le rival le plus sérieux, l'ancien ministre de Lungu et avocat de 55 ans Brian Mundubile, à la tête d'une coalition de partis d'opposition, entend bousculer le scénario d'une victoire du sortant courue d'avance.
Visage carré, barré de lunettes rectangulaires, l'avocat a accusé mercredi le gouvernement d'avoir entravé sa campagne, marquée selon lui par des interférences de la police, des violences des partisans du président ou des autorisations de vols annulées, l'empêchant de tenir certains meetings en province.
"Le processus par lequel nous venons de passer ne peut déboucher que sur une, et une seule conclusion: l'élection ne sera ni libre, ni équitable", a affirmé à l'AFP le président du parti NRPUP à Lusaka, la capitale.
Entré en campagne en mai, Brian Mundubile a eu peu de temps pour convaincre les électeurs - qui élisent aussi leur Parlement - de voter pour un parti dont le nom est à peine connu.
- Des Zambiens "déçus" -
Agé de 64 ans, "HH" est crédité d'avoir sorti le pays de la crise de la dette: le pays avait fait défaut en 2020 pendant la pandémie de Covid-19.
À Kabulonga, en banlieue de Lusaka, des centaines d'électeurs ont bravé la fraîcheur matinale de l'hiver austral en arrivant bien avant l'ouverture des bureaux. Echarpe noire autour du cou, Akapelwa Akapelwa, un homme d'affaires de 62 ans, a été parmi les premiers à glisser son bulletin dans l'urne. "On vote pour l'avenir de notre pays, de nos enfants", explique-t-il."L'économie s'est stabilisée, il faut se concentrer sur les moyens d'accélérer la croissance. Les bases sont posées et solides."
Mais nombre des 22 millions d'habitants se plaignent de la hausse du coût de la vie, dans un pays où 70% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale, et dont le taux de chômage officiel avoisine les 10%.
Thermos de thé à la main dans la file d'électeurs, Mwiche Nalupumbwe, 26 ans, estime les Zambiens "déçus" et prédit une "élection très serrée": "Ces cinq dernières années n'ont pas été les plus faciles", juge cette femme travaillant dans le secteur du développement.
Les quelque 8,7 millions d'électeurs appelés à voter doivent également choisir leurs députés dans un Parlement élargi où le nombre de sièges pourvus au suffrage direct passe de 156 à 226.
Le vote en Zambie suit traditionnellement des lignes régionales, Hichilema et son Parti unifié pour le développement national (UPND) étant dominants dans le sud et l'ouest, tandis que le Nord et la province de Copperbelt demeurent des bastions du Front Patriotique de l'ex-président Lungu, base électorale de Mundubile.
Bien que le scrutin cette année soit "étonnamment compétitif", les électeurs en quête de stabilité devraient rester fidèles à Hichilema, prédit Patience Mususa, spécialiste de la Zambie à l'Institut nordique d'Afrique, basé en Suède.
"Malgré les critiques sur la lenteur de ses progrès dans la lutte contre les dysfonctionnements de l'État et la corruption, et les inquiétudes concernant sa priorité donnée aux intérêts privés, il est considéré comme un dirigeant plus prévisible", ajoute l'analyste.
La commission électorale prévoit d'annoncer les résultats de la présidentielle d'ici le 17 août. Un second tour est prévu si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés au 1er tour.
L.Janezki--BTB