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Liban: onze morts, dont des enfants, dans des frappes israéliennes
Des frappes israéliennes ont fait samedi onze morts, dont des femmes et des enfants, dans le sud du Liban, le bilan le plus meurtrier depuis des accords conclus en juin, qui avaient permis une baisse des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah.
L'armée israélienne a d'abord affirmé avoir ciblé une infrastructure du Hezbollah en réponse à une "attaque" contre ses soldats au Liban, puis indiqué avoir visé et tué un commandant du mouvement dans un "quartier général" du village d'Ansar.
Le ministère libanais de la Santé a recensé sept morts dans cette frappe, "dont trois enfants et deux femmes". L'armée israélienne a confirmé une "allégation" selon laquelle "la famille de Hassan se trouvait avec lui", précisant qu'elle "n'était pas la cible de la frappe".
Quatre personnes ont aussi été tuées et 17 blessées, "dont un enfant et 11 femmes", à Deir Zahrani, situé comme Ansar à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, a indiqué le ministère, revoyant à la hausse un précédent bilan.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé la mort d'une "famille entière", y voyant un "message clair" pour l'avenir des négociations que le Liban mène avec Israël depuis avril, et dont un huitième cycle est prévu début septembre à Rome.
Les frappes israéliennes "devraient relancer les négociations et les rendre beaucoup plus sérieuses, et non produire l'effet inverse", a commenté auprès de l'AFP le porte-parole du Premier ministre israélien, Doron Spielman.
Le Hezbollah a pour sa part menacé Israël d'une "riposte appropriée" et exhorté Beyrouth à mettre fin aux négociations "humiliantes" avec Israël.
- "Violation de l'accord" -
A Ansar, où des secouristes extrayaient des corps des décombres, un journaliste de l'AFP a vu un bâtiment détruit ainsi qu'une piscine et des voitures endommagées.
Abbas Khalil, un habitant, dit à l'AFP avoir entendu une frappe "vers 4h30 du matin". "On est en état de choc (...) rien ne justifie cela".
A Deir Zahrani, le journaliste a constaté d'importants dégâts.
Des images de l'AFP ont montré des files de voitures venues du sud, certaines chargées d'effets personnels, à Saïda, plus au nord.
L'Agence nationale d'information (Ani) a fait état d'une autre frappe près de Ansar, "la première à une telle profondeur dans le territoire" depuis deux mois.
L'agence libanaise a aussi rapporté des bombardements et des tirs d'artillerie autour de la crête d'Ali al-Taher, surplombant la région méridionale de Nabatiyé.
Elle a dénoncé "une violation dangereuse de l'accord" par le Hezbollah, qui "a attaqué nos forces à l'intérieur de la zone de sécurité convenue".
Israël désigne ainsi la bande frontalière d'une dizaine de kilomètres de profondeur qu'il occupe dans le sud du Liban.
Selon l'armée, le commandant tué, Ali Samir Al-Haj Hassan, était à la tête d'un bataillon de la Force al-Radwan, une unité d'élite du Hezbollah.
"Les sept victimes" à Ansar "ne constituent pas une +infrastructure militaire+", a fustigé le Premier ministre Nawaf Salam.
Le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah, a dénoncé des "massacres" et appelé les "parrains des négociations et des accords (...) à assumer leurs responsabilités pour mettre fin à la guerre d'extermination".
- "Intérêts électoraux" -
Le mouvement chiite a aussi mis en cause "le souhait et la volonté" du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de "servir ses intérêts électoraux et satisfaire l'extrême droite" à l'approche des législatives de fin octobre.
Le Liban a été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran.
Israël a mené en représailles de nombreux bombardements au Liban et y a déployé des troupes, faisant plus de 4.300 morts, selon Beyrouth.
Si les hostilités ont nettement diminué depuis un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran en juin, puis un accord-cadre libano-israélien, Beyrouth signale toujours des frappes et destructions israéliennes ponctuelles.
L'accord-cadre conclu en juin sous parrainage américain prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".
Plus tôt cette semaine, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait juré de maintenir des troupes dans la "zone de sécurité".
"Une présence militaire permanente dans le sud du Liban n'est pas compatible avec les engagements pris dans le cadre de l'accord", a réagi auprès de l'AFP un responsable du département d'Etat américain.
N.Fournier--BTB