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Contre-offensive ukrainienne dans le sud, une mission de l'AIEA pour Zaporijjia
Une contre-offensive a été déclenchée dans le sud de l'Ukraine par les forces de Kiev qui ont fait état de succès ponctuels, tandis que l'armée russe a affirmé les avoir repoussées et leur avoir infligé de "lourdes pertes".
Dans le même temps, une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) était attendue pour sécuriser la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée depuis début mars par les Russes et au centre de toutes les tensions.
La contre-attaque ukrainienne vise pour l'essentiel à reprendre Kherson, une ville -de 280.000 habitants avant le conflit- tombée aux mains des Russes dès le commencement de la guerre, ont annoncé des responsables locaux.
"Aujourd'hui, il y a eu de puissantes attaques d'artillerie sur les positions ennemies (...) sur l'ensemble du territoire de la région occupée de Kherson. C'est l'annonce de ce que nous attendions depuis le printemps : c'est le début de la fin de l'occupation de la région de Kherson", située aux portes de la Crimée annexée par Moscou en mars 2014, a de son côté annoncé à la télévision ukrainienne Serguiï Khlan, un député local.
Il a assuré que les militaires ukrainiens avaient "l'avantage" sur le front méridional après des frappes répétées ces dernières semaines sur des ponts et un barrage sur le Dniepr, le grand fleuve qui traverse cette partie de l'Ukraine, destinées à perturber la logistique des troupes russes.
Le groupement militaire ukrainien "Kakhovka" a quant à lui dit observer la retraite d'une unité de combattants séparatistes prorusses de ses positions dans la région.
- L'offensive a "échoué", selon Moscou -
La Russie a pour sa part proclamé avoir repoussé des "tentatives d'offensive" ukrainiennes dans les régions de Kherson et de Mykolaïv, également dans le sud de l'Ukraine.
"Pendant la journée (...), les troupes ukrainiennes ont fait une tentative d'offensive dans trois directions, dans les régions de Mykolaïv et de Kherson", a déclaré le ministère russe de la Défense, ajoutant que celle-ci "a lamentablement échoué" et que les Ukrainiens "ont subi de lourdes pertes".
La porte-parole du commandement "Sud" de l'armée ukrainienne, Natalia Goumeniouk, avait auparavant dit que les forces de Kiev attaquaient "dans de nombreuses directions" sur ce front afin de renvoyer les Russes sur la rive gauche du Dniepr.
Toutes ces informations étaient invérifiables de sources indépendantes.
Les bombardements russes n'ont par ailleurs pas cessé sur la ligne de front qui s'étend du nord au sud.
Les autorités locales ont notamment évoqué des frappes dans les régions de Kharkiv (nord-est), Dnipropetrovsk (centre), où elles ont fait un mort, et Mykolaïv, où elles ont fait deux morts et 24 blessés.
"Ca secouait et tout le monde est sorti en courant", a raconté à l’AFP Olga, une habitante de 40 ans de Mykolaïv après la chute d'un missile et d'une roquette dans son quartier.
"Ca s’est passé en une seconde et, en une seconde, c’était le noir dans la maison", a témoigné un de ses voisins, Oleksandre Tchoula, 66 ans, dont la femme venait d'être tuée.
Dans la région de Kherson, c'est un ancien député ukrainien passé du côté des forces d'occupation russes, Alexeï Kovalev, qui a été assassiné par balle chez lui, d'après les enquêteurs russes.
"Ce n'est pas une guerre du régime de (Vladimir) Poutine, c'est une guerre de la Russie contre l'Ukraine", a martelé lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du forum stratégique de Bled en Slovénie.
Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a de son côté fait savoir qu'il accueillerait une nouvelle fois, le 8 septembre en Allemagne, ses homologues des pays alliés pour organiser le soutien occidental aux capacités militaires ukrainiennes.
- Une mission de l'AIEA en Ukraine -
Le même jour, l'AIEA a annoncé envoyer une mission, conduite par son directeur général Rafael Grossi, à la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine.
Attendue dès lundi à Kiev par les autorités ukrainiennes, elle doit visiter "plus tard cette semaine" ces installations.
M. Grossi réclamait depuis plusieurs mois de pouvoir aller sur place, avertissant du "risque réel de catastrophe nucléaire" après une série de bombardements dont les deux belligérants s'imputent mutuellement la responsabilité.
Dans une déclaration lundi, les pays du G7, "profondément préoccupés" par les risques d'accident nucléaire à Zaporijjia, ont demandé qu'une totale liberté de mouvement soit accordée aux experts internationaux.
"La Russie doit assurer un accès sûr et sans entrave" à l'équipe de l'AIEA, a peu après réclamé un responsable américain, pour qui l'option "la plus sûre" serait une extinction "contrôlée" des réacteurs.
Notamment accusée par Kiev d'avoir positionné des pièces d'artillerie sur le site de la centrale pour pilonner les positions de son armée, la Russie a le même jour jugé "nécessaire" cette inspection, par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
L'opérateur ukrainien Energoatom a néanmoins affirmé que les soldats russes "mettaient la pression sur le personnel de la centrale pour l'empêcher de révéler des preuves des crimes de l'occupant".
"La souveraineté ukrainienne sur cette centrale ne doit pas être contestée", a quant à lui souligné le président français Emmanuel Macron.
La mairie de Zaporijjia a dit distribuer depuis le 23 août des comprimés d'iode à la population dans un rayon de 50 km autour de la centrale, à prendre en cas d'alerte aux radiations.
Lundi, les habitants de la ville se préparaient au pire.
"Vous savez, on a connu l'accident de Tchernobyl, la menace était déjà très grande, mais on a survécu, Dieu merci. Aujourd'hui, la menace est totale, à 100%", commentait Kateryna, une retraitée.
E.Schubert--BTB