Berliner Tageblatt - Washington presse ses alliés et la Chine de rejoindre sa guerre économique contre l'Iran

Euronext
AEX 0.03% 1102.78
BEL20 -0.07% 5743.62
PX1 -0.56% 8453.09
ISEQ 0.4% 14031.78
OSEBX -0.23% 2075.92 kr
PSI20 0.48% 9282.81
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -0.05% 4833.67
N150 -0.46% 4279.87
Washington presse ses alliés et la Chine de rejoindre sa guerre économique contre l'Iran
Washington presse ses alliés et la Chine de rejoindre sa guerre économique contre l'Iran / Photo: © AFP

Washington presse ses alliés et la Chine de rejoindre sa guerre économique contre l'Iran

Les Etats-Unis ont pressé mercredi leurs alliés et la Chine de rejoindre une vaste opération de pression économique contre l'Iran, censée faire "chuter le régime" de Téhéran sans reprise des opérations militaires.

Taille du texte:

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a averti que les pays qui ne soutiendraient pas cette offensive, dont les détails doivent être révélés lundi, seraient considérés comme étant "contre nous".

Dans une interview accordée à CNBC, il a également appelé la Chine à "se mettre au diapason" si Pékin souhaite "voir le détroit (d'Ormuz) être rouvert et les prix de l'énergie redescendre".

"Cela va fonctionner en Iran et nous allons faire chuter ce régime", a-t-il aussi affirmé, en promettant "la plus grande opération coordonnée d'isolement économique du monde".

Le ministre a confirmé le changement de cap tactique des Etats-Unis.

- "Plus d'opérations militaires" -

"Si nous appliquons une pression économique maximale, cela signifie qu'il est probable qu'il n'y ait pas de reprise d'opérations militaires à grande échelle, mais je veux souligner que c'est pour le moment", a-t-il déclaré à CNBC

Confronté à des options militaires raréfiées, à une impasse diplomatique totale et à une opinion publique franchement hostile au conflit, Donald Trump avait déjà promis mardi soir une "guerre économique" inédite contre l'Iran.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a immédiatement critiqué ce projet, le qualifiant de prolongement de "politiques vouées à l'échec".

"Le soi-disant +D-Day économique+ vise à détourner l'attention de la propre crise que traversent les Etats-Unis", a-t-il affirmé sur X.

Illustrant la pression exercée par près de six mois de conflit sur les ressources de la première puissance militaire mondiale, l'armée américaine a annoncé jeudi l'arrivée d'un nouveau porte-avions au Moyen-Orient, en remplacement de l'Abraham Lincoln dont le déploiement en mer prolongé a suscité des inquiétudes sur les conditions de vie de l'équipage.

Avec le déploiement du George Washington dans la région il ne restera plus, au moins temporairement, de porte-avions américain dans le Pacifique.

Dans un long message publié sur son réseau Truth Social, le président américain avait déjà promis mardi "l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise", exigeant que cesse "contrebande de pétrole, échange de devises (et) transferts de liquidités", sans livrer aucun détail.

- Inconnue chinoise -

"J'annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d'offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l'Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques", avait-il poursuivi.

La principale inconnue, dans cette nouvelle stratégie américaine, se trouve sans doute à Pékin.

Plus d'un quart des échanges commerciaux de l'Iran en 2024 ont été réalisés avec la Chine, une avide consommatrice d'hydrocarbures iraniens.

Depuis le déclenchement de la guerre, Donald Trump a plusieurs fois sanctionné des entreprises chinoises.

La capacité de Washington à rallier ou non la Chine à sa "guerre économique" en dira long sur le rapport de force réel entre les deux superpuissances.

Donald Trump est persuadé d'avoir une relation privilégiée avec le président chinois, Xi Jinping, qu'il recevra fin septembre aux Etats-Unis.

- Economie iranienne fragilisée -

Parmi les grands partenaires commerciaux de l'Iran figurent aussi les Emirats arabes unis, qui ont annoncé mardi suspendre jusqu'à nouvel ordre "tous les échanges commerciaux et les transactions financières" avec le pays.

La Turquie ainsi que la Russie ont également des échanges économiques conséquents avec l'Iran. Dans le cas de Moscou, les transactions portent aussi sur du matériel militaire.

Reste à voir également comment se positionneront les pays alliés des Etats-Unis, restés à l'écart des opérations militaires, ce qui leur vaut une rancune tenace de la part du président américain.

L'économie de l'Iran, fragilisée par des décennies de sanctions internationales, est mise à rude épreuve par la guerre.

Mais les Etats-Unis ressentent eux aussi le contrecoup du conflit, avec une inflation tenace, des dépenses militaires qui flambent et des coûts d'emprunt qui s'envolent pour le Trésor américain.

L.Janezki--BTB