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Kiev annonce de nouvelles avancées et accuse Moscou de représailles sur le réseau électrique
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dimanche soir que son armée avait repris aux Russes la ville stratégique d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine où Kiev accuse Moscou d'avoir frappé le réseau électrique en représailles à ses revers militaires.
L'Ukraine a revendiqué tout au long du week-end de nouveaux succès militaires contre l'armée russe dans les parties orientale et méridionale de son territoire, Moscou reconnaissant avoir perdu du terrain.
Dernier succès en date, M. Zelensky a annoncé dimanche soir que l'armée ukrainienne avait "libéré" la ville stratégique d'Izioum.
Selon les experts militaires, la perte d'Izioum par Moscou risque de freiner sérieusement ses ambitions militaires dans l'Est ukrainien.
Dans la soirée, cette zone a subi de vastes coupures d'électricité, imputées aux "terroristes russes" par M. Zelensky. "Une coupure totale de courant dans les régions de Kharkiv et de Donetsk, une partielle dans les régions de Zaporijjia, de Dnipropetrovsk et de Soumy", mais "aucune installation militaire" touchée, a écrit dans un communiqué le président.
"Le but est de priver les gens de lumière et de chauffage", a-t-il ajouté.
Les autorités locales ukrainiennes ont signalé des frappes russes sur leurs infrastructures électriques. Le courant a été rapidement rétabli dans une partie des régions touchées.
Dans la région de Kharkiv, "un employé de l'entreprise a été tué" par une frappe russe sur une centrale électrique, et l'alimentation était partiellement rétablie, selon le gouverneur régional Oleg Synegoubov.
Selon le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, ces attaques sont "un acte de désespoir après les immenses pertes de la Russie et sa retraite dans l'est de l'Ukraine".
La nuit dernière, le bombardement de Pokrovsk, ville de la région de Donetsk, a provoqué la mort de six habitants et détruit ou endommagé de "multiples bâtiments", a déploré son maire Rouslan Trebouchkine.
- Zaporijjia à l'arrêt -
Parallèlement, la situation à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia (sud), où tous les réacteurs sont désormais arrêtés, demeurait préoccupante.
Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre les "conséquences catastrophiques" que pourraient avoir les "attaques régulières ukrainiennes" sur ce complexe de six réacteurs, "y compris le dépôt des déchets radioactifs", dans un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron.
Ce dernier a rétorqué que "l'occupation russe" était "la cause des risques" pesant sur la plus grande centrale nucléaire d'Europe, et lui a demandé d'en retirer toutes les armes, selon la présidence française.
L'opérateur ukrainien Energoatom a annoncé avoir arrêté avant l'aube le dernier réacteur encore en activité, qui produisait l'électricité nécessaire au refroidissement du combustible nucléaire et à la sécurité du site. Cette décision a été prise après le rétablissement, samedi soir, de l'approvisionnement électrique extérieur de la centrale.
- "Les troupes russes s'enfuient" -
Dans le Nord-Est, la contre-offensive ukrainienne en cours se traduisait, au 200e jour du conflit, par des percées significatives dans les lignes russes.
"Depuis début septembre, plus de 3.000 km2 sont revenus sous contrôle ukrainien", a proclamé Valeri Zaloujny, le commandant en chef de l'armée ukrainienne, selon qui ses troupes sont "à 50 kilomètres de la frontière" russe.
Le 2 juin, le président Zelensky avait reconnu que 20% de la superficie totale de son pays, soit quelque 125.000 km2, était aux mains des Russes, dont plus de 43.000 km2 (la Crimée et une partie du bassin du Donbass) conquis avant le déclenchement de l'invasion, le 24 février.
Au début du mois, l'armée ukrainienne a d'abord annoncé une contre-offensive dans le Sud, avant de réaliser au cours de la semaine écoulée une avancée surprise et éclair dans la région de Kharkiv.
La carte de cette zone du Nord-Est, présentée par le ministère russe de la Défense au cours de son briefing quotidien, a montré un retrait d'ampleur des soldats russes, qui n'en contrôlaient plus dimanche qu'une petite partie.
Samedi, l'armée russe avait admis avoir "retiré" ses unités présentes dans les environs de Balakliïa et d'Izioum afin de les "regrouper" près de Donetsk, l'une des capitales des séparatistes prorusses, plus au sud.
- Villes "libérées" -
"Résultat du succès de la contre-offensive de nos troupes dans la région de Kharkiv, les troupes russes abandonnent rapidement leurs positions et s'enfuient", notamment "vers la Russie", a commenté l'état-major ukrainien dans la soirée, avant l'annonce de la reprise d'Izioum par M. Zelensky.
"Une grande partie des districts de Tchougouïv, de Koupiansk et de Balakliïa a été libérée. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer qu'une quarantaine de localités ont déjà été libérées, mais il y en a bien plus (...)", a renchéri le gouverneur de Kharkiv, Oleg Sinegoubov.
La veille, Kiev avait déclaré que ses forces étaient entrées dans Koupiansk, qui se trouve sur des itinéraires d'approvisionnement des troupes russes.
Dans le Sud, dans la région de Kherson, "les occupants se sont également retirés de leurs positions dans plusieurs localités", a aussi annoncé dimanche l'armée ukrainienne.
Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé à Washington, les Ukrainiens ont repris en cinq jours "plus de territoires que les Russes n'en ont conquis dans toutes leurs opérations depuis avril".
Dans des zones reprises par les Ukrainiens, des journalistes de l'AFP ont vu samedi des camions et des blindés russes carbonisés, dont certains encore frappés de la lettre Z, le symbole de l'invasion de l'Ukraine.
Des soldats patrouillaient à Balakliïa, où flottaient les couleurs ukrainiennes. Dans le village de Grakové, tout juste retombé aux mains des Ukrainiens, les destructions - pylônes électriques abattus, câbles étalés sur le sol - témoignaient de la violence de combats.
Iryna Stepanenko, 52 ans, a profité de pouvoir sortir à bicyclette pour la première fois après s'être terrée dans sa cave pendant trois mois. "C'était terrifiant", a-t-elle raconté à propos de cette vie souterraine dans le fracas des explosions. Soulagée du retour des militaires ukrainiens, elle a néanmoins dit avoir des craintes pour l'avenir.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmitro Kouleba, a quant à lui appelé à la poursuite des livraisons d'armes, principalement occidentales.
"Seule l'Ukraine détermine l'ordre du jour des négociations" de paix", a parallèlement martelé un conseiller de la présidence ukrainienne, Mikhaïlo Podoliak : celui-ci "est connu : 1. Libération de tous les territoires 2. Paiement de réparations par les Russes 3. Punition des criminels de guerre", a-t-il expliqué, concluant qu'"il n'y a pas d'autres arrangements ou pressions".
burx-bds-mba/cls
C.Meier--BTB