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La reine enterrée, les affaires reprennent à toute vitesse pour Liz Truss
Les débuts à Downing Street n'auront pas été ceux qu'espérait Liz Truss, nommée deux jours avant le décès d'Elizabeth II. La souveraine désormais inhumée, les affaires reprennent à toute allure, entre marathon diplomatique et crise du coût de la vie.
Le 8 septembre, Liz Truss est en poste depuis 48 heures quand, juste après une intervention très attendue au Parlement sur les factures d'énergie, elle s'éclipse des bancs de Westminster. Quelques heures plus tard, elle est informée: la reine est morte.
Pendant douze jours, les commémorations et l'émotion stoppent net toute vie politique. Les grèves sont suspendues, l'opposition se met en sourdine, le gouvernement se concentre sur l'organisation gigantesque des funérailles alors que la crise économique et sociale qui secoue le pays requiert, de l'aveu même de la Première ministre, une action "immédiate".
Après ce faux départ, Liz Truss veut agir vite. Elle a réuni la semaine dernière son gouvernement pour préparer sa deuxième rentrée et, quelques heures seulement après les funérailles de la monarque, elle s'est envolée lundi pour New York et l'Assemblée générale des Nations unies.
- Biden et l'Irlande du Nord -
Pour son premier voyage à l'étranger dans ses nouvelles fonctions, la Première ministre doit notamment rencontrer mercredi le président américain Joe Biden.
Elle évoquera avec lui l'Ukraine, la crise énergétique mais aussi la situation en Irlande du Nord, en pleine impasse politique en raison des dispositions post-Brexit dans la province britannique.
Face au blocage, Liz Truss a introduit quand elle était encore cheffe de la diplomatie une loi pour modifier unilatéralement ces arrangements négociés avec l'Union européenne. Mais au risque de se mettre à dos Bruxelles, Dublin et Washington pour qui toute modification du texte fragiliserait la paix sur l'île.
Le président américain, qui a des racines irlandaises, a souvent critiqué la gestion de la question sous Boris Johnson et son administration surveille de près les premiers pas de Liz Truss, alors que la presse spécule sur une nouvelle escalade.
Outre Joe Biden, Liz Truss doit échanger avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et avec Emmanuel Macron, après avoir refusé cet été de dire si la France était un pays "ami" ou "ennemi" du Royaume-Uni.
- Impôts et bonus -
C'est surtout sur l'économie que les Britanniques attendent Liz Truss, d'autant plus après un été de quasi vacance du pouvoir lors duquel Boris Johnson, démissionnaire, a laissé à sa successeure les dossiers brûlants.
La Première ministre a déjà promis un gel des factures d'énergie pour les ménages et l'inflation est repassée sous les 10% (9,9% sur un an en août), mais le Royaume-Uni connaît toujours sa pire crise depuis des décennies.
Mercredi, le gouvernement doit annoncer un plan d'aides aux entreprises. Jeudi, un vaste programme pour le NHS, le système gratuit de santé publique au bord de la rupture. Et vendredi, une première vague des baisses d'impôts massives promises par Liz Truss pour séduire l'électorat conservateur.
Fervente libérale sur le plan économique et fière héritière de Margaret Thatcher, elle veut frapper fort en termes de dérégulation, souhaitant selon la presse abolir les limites aux bonus des banquiers ou encore assouplir les lois anti-obésité encadrant les ventes de sucreries.
Au grand dam de l'opposition, elle a exclu de prolonger un impôt exceptionnel pour les compagnies énergétiques, accusé d'entraver les investissements au détriment de la sécurité énergétique.
Un argument qui a du mal à passer chez les travaillistes -qui tiennent dès ce week-end leur congrès annuel- et parmi des Britanniques qui croulent sous les factures, deuil national ou pas.
La mort d'Elizabeth II a éclipsé des Unes des journaux tout le reste, la crise comme la mort de Chris Kaba, un homme noir tué par un policier début septembre, relançant le débat -inaudible vu le contexte- sur le racisme dans la police londonienne.
Mais la trêve est finie: les grèves qui se multiplient depuis plusieurs mois déjà devraient reprendre de plus belle.
Les conducteurs de train ont déjà confirmé qu'ils comptaient reprendre leur débrayage - suspendu après la mort d'Elizabeth II - dès octobre, tandis que d'autres mouvements sociaux sont prévus dans les transports, la santé ou encore l'éducation.
M.Furrer--BTB