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Au G20, les Occidentaux prudents sur la frappe en Pologne
Les Occidentaux se montraient prudents mercredi quant aux circonstances de la chute du missile en Pologne, intervenue en plein sommet du G20 où ils s'employaient à convaincre les pays du Sud à condamner la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Ce tir d'un projectile "de fabrication russe" selon Varsovie, renforce les craintes d'une escalade du conflit contre lesquelles n'ont cessé de mettre en garde les dirigeants des 20 grandes économies mondiales réunis --sans Vladimir Poutine-- depuis mardi à Bali.
Depuis l'île tropicale indonésienne, les responsables américains, français et britannique notamment ont dès le petit matin consulté leurs homologues polonais et ukrainien dans une série d'appels téléphoniques.
Après une réunion d'urgence de près d'une heure, les chefs d'Etat ou de gouvernement du G7 (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, Japon) et de l'Otan ont apporté leur "plein soutien" à la Pologne dans un communiqué. Sans accuser de responsables dans l'immédiat, ils ont décidé de "rester en contact étroit pour déterminer des prochaines étapes en fonction de l'enquête".
"Je vais m'assurer que nous puissions déterminer ce qu'il s'est passé exactement", a déclaré Joe Biden. "Ensuite nous déterminerons collectivement des mesures à prendre.".
Le missile est tombé sur le village de Przewodow, dans le sud-est de la Pologne, non loin de l'Ukraine qui a été visée mardi par d'intenses bombardements russes sur des infrastructures, mais aussi non loin du territoire bélarusse utilisé par l'armée russe depuis le début de l'invasion le 24 février.
- Craintes de famine -
Joe Biden a précisé qu'il avait discuté avec ses alliés des frappes russes en Ukraine de mardi, qu'il a qualifiées de "totalement inadmissibles". "Au moment où le monde se réunit au G20 pour appeler à la désescalade, la Russie continue de choisir l'escalade", a-t-il déploré.
La Russie se retrouve une fois de plus accusée d'aggraver un conflit meurtrier aux lourdes conséquences économiques, avec une flambée des prix de l'énergie et des produits alimentaires particulièrement difficiles à supporter pour les pays du Sud.
Nombre de ces derniers se refusent à condamner Moscou et préfèrent appeler les deux parties à négocier. Mais la pression s'est renforcée sur le pouvoir russe depuis le début du G20, où les Occidentaux veulent rallier les pays du Sud comme la Chine et l'Inde.
Malgré leurs divisions, les 20 membres de ce club créé à l'origine pour gérer les questions économiques s'étaient mis d'accord sur un projet de communiqué ménageant les différentes positions. Le texte consulté par l'AFP reconnait les répercussions négatives de la "guerre en Ukraine", condamnée par "la plupart" d'entre eux.
- Lavrov est parti -
Le président russe, dont l'armée accumule les défaites et recule dans le Sud de l'Ukraine, est le grand absent de la réunion. Il s'était fait représenter par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov mais ce dernier est reparti de Bali mardi soir, et n'était donc pas là pour répondre directement aux critiques mercredi.
En revanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit de nouveau s'exprimer mercredi devant le G20 après avoir déjà assuré face au "G19", excluant la Russie dans ses propos, qu'il était "temps que la guerre destructrice de la Russie s'arrête".
L'ambassadeur ukrainien en Indonésie Vassyl Garmianine a jugé "très symbolique et significatif qu'au premier jour du sommet on assiste à la pire vague de lancers de missiles (contre l'Ukraine), c'est un signal clair au G20 et à l'Indonésie de la façon dont la Russie traite les efforts de paix".
"Ensuite deux missiles sont tombés en Pologne, cela montre les intentions de la Russie", a-t-il indiqué à l'AFP.
Au centre de l'attention, le président chinois Xi Jinping, qui a toujours refusé de condamner l'invasion de l'Ukraine lancée par son allié russe, a déjà semblé lui adresser des critiques voilées lors du sommet en critiquant "instrumentalisation" de l'approvisionnement alimentaires et de l'énergie et en rejetant explicitement les menaces de recours à l'arme nucléaire.
Après avoir rencontré Joe Biden lundi puis Emmanuel Macron mardi, il devait s'entretenir mercredi avec le Premier ministre britannique Rishi Sunak, une première en près de cinq ans pour les dirigeants des deux pays aux relations très tendues.
"La Chine est un pays aux valeurs fondamentalement différentes des nôtres, avec un pouvoir autoritaire qui veut remodeler l'ordre international", a expliqué Downing Street. Mais les questions discutées au G20 "ne peuvent pas être traitées sans action coordonnée avec toutes les grandes économies mondiales et cela inclut la Chine", a ajouté la même source.
J.Bergmann--BTB