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JO d'hiver 2030: Après Paris, les Alpes françaises poursuivent le rêve olympique
La candidature des Alpes françaises à l'organisation des JO d'hiver en 2030 a franchi un pas important mercredi, aux dépens de la Suisse et de la Suède, en entrant seule en "dialogue ciblé" avec le Comité international olympique qui désignera l'hôte l'an prochain, a annoncé mercredi le CIO.
Par cette décision de la commission exécutive du CIO réunie à Paris, la France passe de "partie intéressée" à "hôte pressenti" de la compétition, alors même que Paris accueillera déjà les JO d'été dans huit mois.
- Campagne express -
Le projet, qui assure se baser sur 95% de sites existants, s'étend de Nice au Grand Bornand, distants de près de 500 km, avec un pôle ski alpin sur les sites de Courchevel-Méribel et de Val d'Isère, le ski de fond à La Clusaz, et un village olympique basé à Nice, tout comme les épreuves de patinage.
Si l'exécutif du CIO juge suffisantes les garanties françaises, il recommandera sa désignation comme hôte des JO-2030 lors d'une session l'an prochain -qui devrait être celle de Paris en juillet, juste avant les JO-2024, a annoncé Karl Stoss. Cela nécessitera toutefois d'amender au préalable la Charte olympique qui ne permet pas à ce jour d'attribuer une édition des Jeux au pays hôte d'une session du CIO.
A l'inverse, si le dossier français est jugé décevant, l'instance olympique peut renvoyer la candidature en "dialogue permanent", c'est-à-dire reprendre la procédure à zéro, une hypothèse toutefois peu probable à moins de sept ans de la compétition.
Cette nouvelle procédure, qui tourne le dos aux traditionnels votes suivis dans le monde entier pour départager les candidats, n'a été utilisée qu'une fois, pour attribuer en 2021 les JO-2032 à la ville australienne de Brisbane.
La candidature française, montée en quelques mois, et qui a pris un tournant décisif cet été avec l'arrivée au comité olympique français (CNOSF) de David Lappartient, membre du CIO, a donc réussi une campagne express.
Le projet porté par les deux régions françaises Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, et adoubé par l'Elysée cet été, a passé avec succès les poins d'étapes obligatoires relatifs à l'agenda fixé par l'administration olympique. A savoir, le dossier déposé dans les temps le 7 novembre, et un grand oral de trente minutes le 21, face aux membres de la commission dédiée du CIO, avec la ministre des Sports accompagnée des deux présidents de région Renaud Muselier, Laurent Wauquiez, et du président du comité olympique français David Lappartient.
- "Affreux" -
Elle n'avait pourtant pas que des soutiens. Des fédérations écologistes EELV avaient notamment dénoncé cet été "une caution présidentielle qui viendrait à l'encontre de lois zéro artificialisation nette et qui se moquerait des pénuries d'eau, les JO entraînant une accélération phénoménale du bétonnage de nos belles montagnes".
La question de l'enneigement, qui faiblit d'année en année, tout comme celle du paradoxe d'investir massivement dans les sports d'hiver en plein réchauffement climatique, sont régulièrement soulevées par les opposants.
"On est repartis pour sept ans de combat et on ne lâchera rien", a réagi auprès de l'AFP Stéphane Passeron, membre du collectif No-JO et ancien skieur de fond de haut niveau.
"Il va y avoir des problèmes, il risque d’y avoir un soulèvement, un soulèvement mauvais. On ne peut pas en même temps être à Dubaï (COP 28, ndlr), dire que le monde s’effondre et faire ça sans aucune concertation, prendre une décision en six mois qui engage l’économie des Alpes pendant trente ans, ce n’est pas possible. C’est affreux".
dfa-ahe-dec-cf-cto/gk/bvo
O.Lorenz--BTB