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Tennis: Loïs Boisson a "digéré" les mois "les plus compliqués" de sa carrière (à l'AFP)
Eloignée des courts de tennis depuis plus de six mois, la N.1 Française Loïs Boisson (46e) entrera en lice mardi au WTA 1000 de Madrid pour mettre derrière elle les mois "les plus compliqués" de sa jeune carrière.
Révélation du printemps 2025 où elle avait atteint les demi-finales de Roland-Garros, la Française de 22 ans n'a pas rejoué en compétition depuis septembre et son abandon au troisième tour du WTA 1000 de Pékin, en raison d'une série de blessures et "d'erreurs du côté médical".
Dans un entretien accordé à l'AFP, elle se dit convaincue qu'elle a les "capacités de faire de belles choses dans le tennis", à un mois de refouler les courts du Grand Chelem parisien.
Q: après plus de six mois éloignée des courts, comment vous sentez-vous ?
R: "Si je suis là, c'est que ça va mieux. Ces derniers mois ont été très compliqués, les plus compliqués depuis que je joue au tennis. Je les ai mal gérés aussi mentalement, on va dire. Mais le fait que tout se soit passé comme ça, je me dis aussi que ce n'est pas un hasard, que ça m'a appris des choses et que ça va m'aider aussi pour le futur. Je suis convaincue que j'ai des capacités pour faire de belles choses dans le tennis. Je suis contente aujourd'hui d'en ressortir plus forte et d'avoir un peu digéré tout ça."
Q: cela a été difficile à digérer cette période après les attentes suscitées par votre parcours à Roland-Garros ?
R: "Peut-être sans le savoir, oui, ça a rajouté une espèce de stress, de pression, de quelque chose que je n'avais tout simplement pas l'habitude de vivre, toute cette attention autour de moi. C'est surtout à cause des blessures, le fait de ne pas avoir pu faire ce que j'aurais pu faire grâce à Roland-Garros."
Q: comment expliquez-vous cet enchaînement de blessures (jambe puis bras) ?
R: "Les deux petites blessures que j'ai eues à la jambe n'étaient pas graves, elles arrivent à tout le monde à un certain moment. Le fait de jouer beaucoup de matches aussi, de les enchaîner, c'est compliqué physiquement. C'est surtout cette blessure au bras qui a été inattendue, honnêtement, et compliquée à gérer."
Q: vous avez retardé plusieurs fois votre retour. Pensez-vous que vous angoissiez à l'idée de revenir sur un court de tennis ?
R: "Il y a eu pas mal d'erreurs du côté médical. On m'annonçait à chaque fois des temps qui n'étaient pas réels et qui n'étaient pas les temps dont j'ai eu besoin. C'est aussi pour ça qu'il y a eu plein de faux retours (au WTA 250 de Rouen, notamment). J'étais trop +short+ (courte) dans les délais. Je n'avais pas pu reprendre certains coups du tennis juste avant la date. Donc il n'y avait aucun intérêt à aller faire un match. Je ne pouvais pas le finir."
Q: le contraste entre l'attention médiatique et du public après Roland-Garros et vos six mois d'absence a-t-il été difficile ?
R: "Oui et non, parce qu'au final, c'est juste revenu un peu comme ça l'était avant, comme je l'ai toujours vécu. La seule chose qui était dure en fait, c'était d'être en dehors du court, c'est tout."
Q: comment sont vos premières sensations à Madrid ?
R: "Vraiment une bonne énergie. Le fait de revenir sur le circuit, sur un tournoi, je sens que ça m'apporte quand même quelque chose que je n'avais pas eu depuis un moment. Ca m'aide aussi justement à continuer ce processus de guérison."
Q: vous affrontez mardi en fin de journée l'Américaine Peyton Stearns (43e). Comment abordez-vous ce match ?
R: "Je n'ai pas d'attente particulière à part celle que j'ai toujours eue. Forcément, je rentre sur le court pour gagner, je rentre sur le court pour me donner à 100%. Mais avant tout, ça me fera énormément de plaisir de rentrer sur le court pour juste jouer au tennis et de jouer sans douleur."
Q: vous collaborez désormais avec le Néerlandais Hendrick Vleeshouwers, ex-coach d'Amanda Anisimova. Que peut-il vous apporter ?
R: "Que du bien, à mon avis. C'est un coach que je connais depuis longtemps. Quand j'étais jeune, j'avais pu faire quelques semaines avec lui. On se connaissait en dehors du terrain, on va dire. Il a une très grosse expérience sur le circuit. Et on a clairement la même vision pour moi, pour mon jeu, pour mon tennis."
C.Meier--BTB