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Mondial-2026: à Mexico, la victoire et la fête malgré la cohue et les heurts
"Peuples du monde, bienvenue au Mexique!" Mexico a donné jeudi le coup d'envoi du Mondial-2026 dans une ambiance festive, ponctuée par une victoire de l'équipe nationale, un succès terni par des heurts entre police et manifestants et une cohue dans l'immense fan zone installée au centre de la capitale.
Le premier des 104 matches de ce Mondial hors normes a vu le Mexique triompher de l'Afrique du Sud (2-0) dans le mythique stade Azteca qui affichait complet avec 80.000 spectateurs, qui ont chanté à l'unisson la chanson traditionelle "El Rey" pour saluer la victoire de la "Tri".
"L'enthousiasme autour de la Coupe du monde est très fort. C'est un bon résultat pour tous les Mexicains, compte tenu du contexte politique dans le pays", s'est félicité à l'AFP Arturo López, 32 ans, à la sortie du stade.
Le coup d'envoi avait été précédé d'une cérémonie mêlant musique traditionnelle et moderne. Des danses en habits coutumiers et costumes indigènes ont célébré "l'unité, la diversité et la culture ancestrale" du Mexique.
Shakira a été la star de cette cérémonie. Après l'hymne du Mondial-2010 Waka Waka (This Time for Africa), la superstar Colombienne a chanté "Dai Dai", une des chansons créées pour le tournoi, avec l'étoile nigériane Burna Boy. Un titre en espagnol et anglais mêlant afrobeat et rythmes caribéens, interprété au milieu de dizaines de danseuses et danseurs.
Les festivités, conclues par des feux d'artifice au-dessus du stade, ont réuni également le groupe mexicain Maná, le chanteur pop vénézuélien Danny Ocean, le groupe Los Ángeles Azules, la star colombienne du reggaeton J Balvin ou encore l'Hispano-Mexicaine Belinda.
- "Boycott" -
Avant le début du match, les porte-drapeaux des 48 pays participants ont fait un cercle au centre du terrain avant que le ténor italien Andrea Bocelli et la star de k-pop Ejae interprètent l'hymne officiel du Mondial, intitulé DNA, un mélange d'opéra et de musique électronique produit par le DJ français David Guetta.
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a enfin présenté à la foule le trophée de la compétition.
Des milliers de supporters, vêtus du maillot de leur équipe nationale, des chapeaux de charro, des coiffes autochtones et des drapeaux, ont déferlé toute la matinée vers le stade, certains étant arrivés dès 6h30.
Aux abords du stade, un imposant dispositif de sécurité avait été déployé avec des centaines de membres de la Garde nationale, une force de police militarisée, des agents en tenue anti-émeute et des policiers à cheval.
"Nous voulons simplement nous plonger dans l'ambiance et découvrir toutes les activités, la musique et les animations, explique à l'AFP Sheree Toomes, une fan écossaise qui avoue toutefois être effrayée par la présence de nombreuses forces de l'ordre. "La police, l'armée, on ne voit pas ça au Royaume-Uni", dit-elle.
Sur la grande avenue menant au stade Azteca, une grande pancarte "Boycott de la Coupe du monde de la FIFA 2026 !" a été installée.
- Heurts devant le stade -
Ces derniers jours, des enseignants en grève ont profité du tournoi pour faire entendre leurs revendications.
Ils ont bloqué une partie de la capitale et conduit le gouvernement à bloquer avec des barrières métalliques les accès à la grande place centrale, le Zocalo, où est installée une zone pour les supporters pouvant accueillir 55.000 personnes.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a cependant affirmé que tout était "sous contrôle" et la fan zone a ouvert comme prévu jeudi matin. Mais l'impatience de milliers de supporters attendant à l'entrée du site a provoqué d'importantes bousculades, a constaté un journaliste de l'AFP.
Au début du match, des dizaines de manifestants et de policiers se sont affrontés à l'extérieur du stade. Les manifestants, qui exigent justice pour les personnes disparues, un fléau dans un pays marqué par les violences liées au trafic de drogue, ont arraché des barrières bloquant les accès au stade et échangé des coups avec les forces de l'ordre.
"Je suis venu voir la sélection mexicaine, la soutenir", dit à l'AFP Luis Enrique Huerta, un serveur de 22 ans. "Aujourd'hui il faut laisser la politique de côté pour se concentrer sur les 90 minutes de football."
M.Odermatt--BTB