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Mondial-2026: les Tops et Flops de la phase de groupes
Après quinze jours de compétition, le Mondial-2026 a livré ses premiers enseignements sur et en dehors des terrains. Voici une petite sélection des Tops et Flops de la phase de groupe.
- LES TOPS -
. Des buts et des stars
La phase de groupe a été le théâtre d’une course effrénée pour le titre de meilleur buteur du tournoi et toutes les stars attendues y ont pris part, avec entre Lionel Messi et Kylian Mbappé un enjeu plus grand encore, celui de meilleur goléador en Coupes du monde. Avec six buts qui le positionnent pour l'heure en tête de cette édition, l'astre argentin en compte 19 au total, désormais seul tout en haut de la pyramide, suivi par le Français (16) auteur lui de quatre buts. Et comme l'émulation a du bon, Ousmane Dembélé, Erling Haaland et Vinicius Jr suivent le rythme (4).
. Des gardiens anti-stars
Connaissiez-vous Vozinha, Eloy Room, Alireza Beiranvand avant ce Mondial ? Probablement pas, à moins d'être un suiveur attentif du Cap-Vert, de Curaçao et de l'Iran. Sur La plus grande scène, ces trois gardiens ont eu les gants qui ont souvent chauffé, mais se sont distingués par leur sang froid et leurs arrêts, dont 15 en un match (nouveau record) pour le Curacien Room contre l'Equateur, qui ont mis en lumière aussi des aventures humaines émouvantes. Comme celle du Capverdien Vozinha, 40 ans, à la carrière anonyme écrite en Angola, en Moldavie, à Chypre, en Slovaquie et désormais en deuxième division portugaise. Il a fondu en larmes après avoir gardé sa cage inviolée face à l'armada espagnole, en pensant à sa mère qui n'avait pas pu venir le soutenir faute "d'avoir réuni à temps l'argent suffisant" pour obtenir un visa. Finalement, celle-ci a obtenu le sésame pour suivre de près les exploits de son fils.
. Le Cap-Vert, nouvelle star
Le petit archipel volcanique de 500.000 habitants, situé au large du Sénégal, s'est embrasé quand ses Requins bleus, néophytes au Mondial, ont décroché une qualification courageuse et méritée pour les seizièmes de finale. "Pour nous, rien n'est impossible", a applaudi le sélectionneur Bubista, après avoir contrarié les champions d'Europe espagnols (0-0), tenu tête à l'Uruguay de Marcelo Bielsa (2-2) et neutralisé l'Arabie saoudite (0-0). Prochaine mission: l'Argentine championne du monde en titre de Lionel Messi, le 3 juillet à Miami. Une galaxie d'écart.
. Les fans, ces autres stars
L'élimination de l'Ecosse est un coup dur pour la Coupe du monde, qui va perdre le meilleur groupe de supporters de la phase de poules. Voilà 28 ans que la Tartan Army était privée de Mondial, et elle avait besoin de rattraper le temps perdu. Dans les bars et les rues de Boston notamment, elle aura laissé un souvenir inoubliable avec ses cornemuses, son sens de la fête et son enthousiasme contagieux. Les Norvégiens ne sont pas en reste, avec leur célébration consistant à mimer le geste des rameurs dans un drakkar, reprise aux abords des stades et jusqu'à Times Square à New York. Au Texas, la vague Oranje de supporters néerlandais a également impressionné. Loin des controverses extra-sportives, le SoFi de Los Angeles a aussi vibré des bruyants encouragements de la diaspora iranienne à chaque match que la Team Melli y a joué. Et malgré les tarifs exorbitants, les stades sont souvent pleins.
- LES FLOPS -
. La question des visas
L'incertitude planait depuis le retour au pouvoir de Donald Trump: quel serait l'impact de sa politique migratoire ? Difficile de chiffrer le nombre d'étrangers dissuadés d'aller goûter au rêve américain pendant le Mondial, ou de personnes aux Etats-Unis qui auront évité d'aller aux stades par crainte des contrôles. L'avant-tournoi a cependant été marqué par un couac retentissant, quand le Somalien Omar Artan, meilleur arbitre africain en 2025, a été refoulé à son arrivée aux Etats-Unis, alors même qu'il avait un visa. Les autorités américaines ont lié l'arbitre "à des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes". Le photographe officiel de la sélection irakienne s'est aussi vu refuser l'entrée sur le territoire. Le sujet a pris un tour diplomatique quand, en pleine guerre au Moyen-Orient, une quinzaine de membres de l'encadrement iranien n'ont pas eu leur visa, ce qui a poussé la sélection à s'installer au Mexique plutôt qu'à Tucson comme prévu initialement. Et Trump dans tout ça? Il s'est tenu à distance des stades, mais est annoncé le 19 juillet à East Rutherford pour la finale, où il remettra avec Gianni Infantino le trophée au vainqueur.
. La VAR, oui mais pour qui ?
Pour les grosses équipes seulement, se demandent les petites d'en-face ? C'est la question qui fâche, alors même que l'assistance vidéo est censée repérer ce que l'arbitre n'a pas vu, mais surtout lui souffler de prendre la décision qui s'impose. Les Algériens ont ainsi dénoncé une "injustice arbitrale" quand le Polonais Szymon Marciniak a sifflé une simple faute contre Lionel Messi, qui aurait pu prendre un rouge pour une énorme semelle sur Aïssa Mandi. Déjà buteur, l'octuple Ballon d'or allait encore marquer deux fois. Quand le gardien anglais Jordan Pickford, dans une sortie absolument pas maîtrisée, est venu percuter le ghanéen Prince Adu en dehors de sa surface, c'est l'attaquant des Black Stars qui a été sanctionné. Une action, sans danger finalement, mais qui a rappelé l'agression du gardien allemand Harald Schumacher sur le défenseur français Patrick Battiston en demi-finales du Mondial-1982. Autre décision incompréhensible, ce but de la Mannschaft contre l'Equateur validé, malgré le pied haut d'Aleksandar Pavlovic qui a touché la tête de Pedro Vite au début de l'action.
. Pauses fraîcheur ou tactiques ?
Chaque mi-temps est interrompue pendant trois minutes pour permettre aux joueurs de s'hydrater. Mais cette innovation réglementaire pour faire face aux fortes chaleurs est loin de faire l'unanimité. Aux yeux des joueurs et des entraîneurs, ce répit vient souvent casser la dynamique d'une rencontre, devenant une aubaine tactique pour l'équipe alors menée. "Jouer quatre périodes au lieu de deux altère la conception même du football, a déploré le sélectionneur de l'Uruguay Marcelo Bielsa. On n'a pas pensé aux conséquences que cela peut avoir sur le jeu, mais plutôt à un autre type de répercussions." Référence à peine voilée aux immenses bénéfices générés par les pages publicitaires à la télévision durant ces interruptions. Quant aux spectateurs, certains n'ont pas hésité à envoyer des huées lors de plusieurs matches, a fortiori quand ils se jouaient dans des stades fermés et climatisés...
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P.Anderson--BTB