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MotoGP: "Pecco" Bagnaia, la revanche du nouveau roi italien de la moto
Dans les pas d'"El Doctor": premier champion italien depuis la légende Valentino Rossi en 2009, Francesco Bagnaia, titré pour la première fois de sa carrière en MotoGP, signe le retour de l'Italie aux avant-postes après avoir échoué à la 2e place l'an passé.
Pilote réservé, un brin têtu selon son entourage, Bagnaia est en tout cas obstiné quand il est en piste. Après avoir perdu face au Français Fabio Quartararo en 2021, "Pecco" a pris sa revanche, pour réaliser enfin son rêve d'être champion du monde.
Le titre, le transalpin l'a acquis au prix d'une remontée spectaculaire au championnat: au bord du gouffre en milieu de saison, le pilote Ducati, alors distancé de 91 points par Quartararo en tête du championnat, a entamé un retour qui le conduira vers la plus grande remontée en catégorie reine depuis l'introduction du système de points actuel en 1993.
L'an dernier aussi, il avait réalisé une saison crescendo, avec ses quatre victoires en fin de saison. Mais cette année, il n'a pas tremblé au moment décisif pour prendre le titre de maestro. Au passage, il est devenu dimanche, sur le circuit Ricardo Tormo de Valence (Espagne), le premier pilote Ducati titré depuis l'Australien Casey Stoner en 2007.
"Pecco" marche désormais sur les traces de Rossi, son "mentor" auprès de qui il a fait ses classes: il est un élève de la VR46 Academy, un groupe de pilotes créé par "El Doctor".
Mais pour lui, pas question de se comparer au septuple champion de MotoGP: "l'héritier de Valentino Rossi n'existe pas !", avait-il balayé dans une interview à l'AFP en septembre. "Il faut que chacun crée sa propre histoire".
- "Il croit en lui" -
Né à Turin le 14 janvier 1997, Pecco -- qui doit son surnom à sa soeur Carola qui, plus jeune, n'arrivait pas à prononcer le prénom de son frère -- a baigné très jeune dans l'univers de la moto, porté par son père, Pietro, amateur de deux roues.
"Quand j'étais petit, j'allais aux GP avec mon père et mon oncle et cela m'a conduit à essayer une course de Minicross quand j'avais six ans", expliquait-il en 2017, au site spécialisé crash.net.
Comme plusieurs pilotes de sa génération, l'Italien est passé par le championnat espagnol CEV, après avoir décroché un premier titre en MiniGP en 2009.
Il a ensuite gravi les échelons Moto3 (2013-2016) et Moto2 (2017-2018), catégorie où il sera sacré pour la première fois champion du monde en 2018.
"Pecco croit beaucoup en lui (...) et quand on a cet état d'esprit, il est difficile de l'arrêter", explique à l'AFP Pablo Nieto, manager de l'équipe avec qui Bagnaia avait remporté ce titre.
L'Espagnol a directement vu en son pilote -- "beaucoup plus calme aujourd'hui" -- le potentiel pour atteindre les sommets: "en Moto3, il n'avait pas la meilleure et pourtant il a fait quelques podiums (...). Pour sa première saison en Moto2, il est le meilleur débutant de la saison avant de devenir champion l'année suivante", se souvient-il.
- Supporter de la Juve -
Fort de son titre, le Turinois débarque en 2019 en catégorie reine dans l'équipe satellite Ducati-Pramac avant d'être promu dans l'écurie officielle de la marque italienne en 2021.
Hors des circuits, le champion du monde, amateur de cuisine à ses heures perdues, s'affiche volontiers sur les réseaux sociaux entouré de sa famille - notamment sa compagne Domizia.
Supporter du club de foot de la Juventus, quand il délaissait plus jeune le guidon, c'était pour les terrains de foot, de basket ou encore les pistes de ski.
"J'ai tenté plusieurs sports avec de bons résultats, sauf le football, ça a été un désastre", confessait Bagnaia en septembre au journal italien Il Corriere della Sera.
"Les motos en revanche n'ont cessé de me passionner. Il n'y a eu qu'un moment critique, pendant l'adolescence; je commençais à sortir avec des amis, avec des filles, je m'amusais (...). Mon père l'a remarqué, il a su m'expliquer combien il est important de respecter son propre travail", se souvient le pilote.
"À l'époque, cela semblait encore être un jeu, mais j'ai compris qu'un choix réclame un dévouement total". Un dévouement qui l'a conduit jusqu'au sommet.
E.Schubert--BTB