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Volkswagen ID.3 Neo : 1 500 kilomètres pour mesurer ses progrès sur autoroute
Il est devenu rare qu’une voiture électrique arrive à me surprendre. 3 Neo dans sa version 58 kWh y est pourtant parvenue.
Il est devenu rare qu’une voiture électrique arrive à me surprendre. 3 Neo dans sa version 58 kWh y est pourtant parvenue. Quand mon collègue Robin a pris en main l’ID.
3 Neo lors des essais organisés en Norvège, son verdict était sans ambiguïté : Volkswagen avait enfin rectifié le tir sur les finitions et le système d’infodivertissement. Il restait néanmoins à vérifier un point crucial que les essais organisés par les constructeurs ne permettent pas toujours d’évaluer : le comportement sur de plus longues distances.
Sur le papier, un pack de 58 kWh pour enquiller près de 500 km de voies rapides a de quoi faire hésiter face à la version 79 kWh. Dans la pratique, ce retour d’expérience m’a réservé une excellente surprise. Paris > Mulhouse : un premier trajet pour s’apprivoiser
Mon trajet de test pour les plus longues distances n’est rien d’autre que celui qui me ramène chez moi. Il est question alors de relier la région parisienne à Mulhouse, soit environ 480 km.
L’itinéraire a la particularité de ne pas être qu’un ruban d’autoroute uniforme : il combine 300 km d’autoroutes vallonnées et une portion d’environ 180 km sur le réseau secondaire (nationales et départementales). À l’aller, par prudence face à l’inconnu du modèle sur ce tracé, j’ai privilégié la stratégie des « sauts de puce » en suivant les indications du planificateur intégré : deux arrêts courts sans chercher à remplir le pack à 80 %. Premier arrêt : Ionity Troyes Sud pendant 12 minutes pour faire un 30 à 68 %.
Pour l’anecdote, j’ai passé moins de temps à la borne qu’un conducteur de Xpeng G9 arrivé peu après moi – un petit pied de nez à l’un des modèles qui rechargent le plus vite. Deuxième arrêt : Superchargeur Tesla de Val-de-Meuse pendant 18 minutes, arrivée avec 27 % de batterie, puis recharge jusqu’à un peu davantage de 80 %.
La voiture m’a attendue, plus que l’inverse en réalité. Au total, 30 minutes de recharge cumulée pour ces 480 km. Le planificateur s’est montré particulièrement prudent dans ses choix, mais il ne propose pas forcément le trajet le plus rapide.
Le retour a été encore plus convaincant. Un retour avec un seul arrêt recharge (sans jouer avec le feu)
Pour le trajet retour, les conditions météo étaient optimales pour une électrique (températures oscillant entre 15 et 20 °C, sans vent pénalisant). Partie à 100 %, j’ai rallié la station Ionity de Troyes Sud d’une seule traite : 300 km parcourus avant la première et unique charge. La consommation moyenne affichée était assez bluffante : 17,0 kWh/100 km sur cette première portion mixte (180 km secondaire + 120 km d’autoroute à 130 km/h).
Même en augmentant l’allure sur la fin du parcours, où les portions rapides à 130 km/h ont fait grimper la consommation au-delà de 19 kWh/100 km, la moyenne globale à l’arrivée s’est stabilisée à 17,8 kWh/100 km pour le trajet complet. Ce chiffre met en lumière une réalité technique trop souvent occultée : sur autoroute, traîner une batterie gigantesque de 90 kWh ou plus ne compense pas une mauvaise aérodynamique.
J’ai régulièrement testé des SUV électriques à grosse batterie qui consomment davantage de 23 à 25 kWh/100 km : ils imposent des arrêts aussi fréquents, tout en coûtant plus cher à l’achat et à la recharge. Une courbe de charge sous-estimée sur la fiche technique L’autre révélation de ce galop d’essai concerne la puissance de recharge rapide en courant continu.
Sur la fiche technique, Volkswagen annonce une valeur de 105 kW (DC) pour ce pack 58 kWh, une valeur qui, de prime abord, paraît en retrait face à d’autres modèles. Dans les faits, avec un préconditionnement de batterie via la navigation intégrée (ou manuellement), l’ID.
3 Neo fait mieux que sa fiche technique : Un pic réel bien supérieur : j’ai relevé à plusieurs reprises des puissances dépassant les 120 kW, avec une pointe enregistrée à 126 kW. Une courbe en plateau remarquable : contrairement à certains modèles qui atteignent un pic éclair avant de s’effondrer dès 30 %, cette nouvelle version de l’ID.
3 maintient une puissance élevée sur un plateau stable jusqu’à près de 60 % de charge. La dégressivité s’opère ensuite en douceur, sans chute trop brutale.
Le temps passé à la borne pour passer de 10 à 60 % ou 70 % est nettement inférieur aux estimations conservatrices communiquées par le constructeur. Autre avantage de cette courbe de recharge : elle permet de se brancher à 30 % sans se contenter des miettes d’une puissance de recharge qui a déjà largement chuté après son pic. Pour moi, c’est un vrai atout dans cette catégorie de véhicule.
En montagne : un châssis rigoureux, une technologie enfin mature Mon détour dans le massif vosgien m’a permis de jauger le comportement dynamique de l’auto.
Fidèle à la tradition Volkswagen, l’amortissement reste ferme, mais le compromis est particulièrement bien calibré. L’abaissement du centre de gravité lié aux batteries et la propulsion offrent une motricité impeccable et un train avant précis en enchaînement d’épingles. La voiture tient le pavé avec assurance, sans les mouvements de caisse parasites qui affectent bon nombre de crossovers concurrents.
Il y a une nouvelle fois matière à s’amuser, sans pour autant confondre cette version avec la future déclinaison GTI, que Volkswagen France annonce à la commande pour le début de l’année 2027. Là encore, les consommations se sont montrées intéressantes.
Bien sûr, après plusieurs cols et une conduite sportive, la consommation a dépassé les 33 kWh/100 km au point le plus haut de mon périple dans les Vosges. Mais une fois garée devant mon garage, cette envolée de consommation avait disparu : la consommation moyenne était revenue à 14,8 kWh/100 km. La régénération a fait son œuvre, sans m’obliger à adopter une conduite particulièrement coulée.
Bien loin du souvenir de l’ID. À bord, le progrès de cette version Neo se voit tout de suite.
L’ergonomie logicielle, point noir historique des premières générations, n’a montré ni latence ni bug d’affichage pendant mes dix jours d’essai. Mention spéciale au Travel Assist 3.0 : sur les longs tronçons de l’A5, le maintien de voie centré et la gestion adaptative de la vitesse (avec prise en compte des courbes et de la topographie) figurent parmi les plus agréables du segment. L’assistance se fait oublier tout en réduisant considérablement la charge mentale sur de longues étapes.
3 Neo a aussi été l’un des modèles les moins enquiquinants en matière d’aides à la conduite devenues obligatoires. Peu de bips pour un oui ou pour un non, à des années-lumière des véhicules chinois testés dans les mêmes conditions.
C’est à se demander par quelle magie Volkswagen s’en sort aussi bien sans que l’on ait à désactiver les fonctionnalités. La sobriété plutôt que la surenchère Ces dix jours au volant de l’ID.
3 Neo 58 kWh bousculent les idées reçues sur la hiérarchie des batteries. 3 Neo combine une bonne gestion thermique (à confirmer éventuellement en hiver), une courbe de charge plate qui compense largement un pic théorique modeste, et un appétit d’oiseau hors des autoroutes les plus voraces.
Sur un trajet comme Paris-Mulhouse, cette compacte montre qu’une batterie de 58 kWh suffit pour voyager sereinement, sans passer par la version 79 kWh. Je n’aurais pas forcément imaginé avoir un coup de cœur au volant de ce modèle. 3 Neo rappelle qu’en électrique, la maîtrise du poids et de la consommation réelle compte souvent plus que l’empilement stérile de kilowattheures.
Elle est devenue l’une de mes références pour les trajets entre Mulhouse et Paris, et la concurrence aura du mal à faire mieux ! Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
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R.Adler--BTB